Zéro chômeurs de longue durée : un nouveau territoire se prépare en région Sud (1/2)
Maëva Gardet-Pizzo
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L'emploi comme un droit plutôt que comme une injonction. La volonté de lever les barrières qui empêchent les personnes d'y accéder, plutôt que la sanction et la stigmatisation. L'intime conviction que contre le chômage de longue durée, tout n'a pas été fait. Que personne n'est inemployable. Que le travail ne manque pas, pas plus que l'argent ; la privation d'emploi coûtant plus cher que la production de nouveaux emplois.
Voilà ce qui sous-tend le projet « Territoires zéro chômeur de longue durée », initié par ATD Quart Monde, en partenariat avec le Secours catholique, Emmaüs France, le Pacte civique ainsi que la Fédération des acteurs de la solidarité. Puis la création d'une association dédiée en 2016.
Concrètement, l'ambition est de démontrer qu'il est possible de résorber le chômage de longue durée -c'est-à-dire de plus d'un an- en proposant un emploi en CDI à temps choisi à toutes les personnes qui en sont durablement privées. Et ce, en agissant de manière très locale, en développant des activités utiles pour le territoire.
Le dispositif promet en outre de ne pas générer de surcoût excessif pour la collectivité : ce sont en fait les allocations chômage qui sont transformées en Smic. Sans parler des coûts sociaux évités sur le long terme.
Un dispositif qui se concrétise à l'occasion d'une première loi d'expérimentation de février 2016. Dès lors, dix territoires s'engagent alors à faire valoir le droit à l'emploi. En Région Sud, une seule commune est alors labellisée : Jouques, dans les Bouches-du-Rhône.
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Puis en juillet 2022, l'expérimentation est élargie. Vingt-cinq nouveaux territoires sont labellisés dont un second en Région, cette fois dans le Vaucluse : un territoire comprenant Apt et deux communes voisines : Gargas et Saint-Saturnin-lès-Apt.
« A Apt, le taux de chômage est de 32 % », expose Laurent Garcia qui pilote le projet. « Il était de 23 % avant le Covid-19. On est passé de 1100 à 1800 chômeurs de longue durée. Sur une commune de 10 000 habitants, c'est beaucoup ». En cause : les confinements qui ont mis en péril des entreprises locales, parmi lesquelles le tourisme et l'hôtellerie restauration sont très représentés.
Maëva Gardet-Pizzo