De Trace à Trace Academia : « L’éducation est un produit culturel » dit Olivier Laouchez
Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Jimmy Marone
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... nouveaux métiers et du regard désormais davantage bienveillant envers les soft skills.
Comment est né l'idée de Trace Academia ?
On ne se réveille pas le matin avec un éclair de génie. Trace Academia est née d'une maturation, de plusieurs années d'analyses, d'échanges, de compréhension... d'une réalité, notamment sur le continent africain. Il faut savoir que sur ce continent, 80% des jeunes ne vont pas faire d'études supérieures. Et dans certains pays, c'est même 10%. Beaucoup de ces jeunes vont aller travailler dans des jobs informels et vont se former sur le tas. Très peu d'entre eux vont aller travailler dans des entreprises, la plupart deviennent quasiment des auto-entrepreneurs. Avec nos médias de divertissement, nos médias musicaux, nous avons un engagement de proximité très fort avec cette jeunesse africaine. Nous avons créé, il y a une dizaine d'années, la Fondation Trace pour la réussite des jeunes, en disant qu'on allait développer des solutions. Puis nous avons été submergés de demandes - d'argent, de jobs, de promo... Nous avons alors réfléchi à ce que nous pouvions créer comme mécanique pour répondre à toutes ces sollicitations. Nous avons d'abord réfléchi à montrer des écoles. Mais cela prend du temps, il faut recruter des profs... c'est limité en termes de taille et puis certains font déjà ça très bien. A un moment donné nous avons interrogé 1.200 personnes à Soweto, en entretien face-à-face, pour être certains de ne pas nous tromper de route. Nous voulions être certains d'être légitimes pour aller sur ce territoire éducatif. N'était-ce pas un stretching de marque trop large ? Et puis, les résultats de toutes ces études nous a conduit à la création d'une plateforme digitale et un écosystème qui soient des briques qui permettent aux jeunes de se connaître, connaître des métiers, se former, avoir suffisamment d'acquis pour pouvoir prétendre à aller travailler dans des entreprises.
Vous apportez votre connaissance de l'univers des médias, de la jeunesse. Mais c'est un métier nouveau...
Laurence Bottero