L'hybridation, ce "mariage" improbable selon la philosophe Gabrielle Halpern (qui fonctionne très bien à Marseille )
Maëva Gardet-Pizzo
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Gabrielle_Halpern
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Transition écologique. Fractures sociales. Tensions géopolitiques. Mise à mal des démocraties... Les défis du XXIème siècle sont immenses. Pourtant, les réponses qu'on y apporte ont trop souvent tendance à se contredire. Préserver la nature et le foncier agricole, bien sûr. Mais comment loger une population toujours plus nombreuse ? Comment porter les grands projets d'infrastructures qui nous permettront de développer de nouvelles énergies, des solutions de traitement des déchets, ou encore les médicaments de demain ?
Pour que la planète reste vivable, il faudra évidemment réduire nos émissions de gaz à effet de serre. On s'apprête donc à bannir les voitures thermiques qui en sont grandement responsables. Mais quelles autres solutions pour les populations vivant dans des territoires enclavés et pour qui la voiture électrique est hors de portée ? Et quid de la production d'énergie que cela va nécessiter ? Des batteries dont on ne sait quoi faire en fin de vie ?
Pour dépasser ces contradictions, il faudrait apprendre à raisonner non plus en silo, chacun dans son coin, avec ses enjeux propres - qui iront forcément en contradiction d'autre intérêts et généreront des crispations. Mais plutôt en systèmes complexes dans lesquels tout est interconnecté, où chacun a une expertise à apporter, et où l'on peut débattre pour construire un avenir autour de valeurs communes. « Pour faire face à l'hypercomplexité du monde, il nous faut des écosystèmes ouverts », résume ainsi Carmen Santana, architecte, fondatrice du cabinet d'architecture international Archikubik et lauréate du prix de l'urbanisme Espagne en 2021, présente lors du forum qui s'est tenu ce jeudi 24 novembre à Marseille.
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Des écosystèmes capables de fédérer des acteurs qui n'ont a priori rien à voir. Ce que la philosophe Gabrielle Halpern, autrice de « Tous centaures ! Éloge de l'hybridation » qualifie d'hybridation. « Il s'agit de mariages improbables entre des personnes, des matériaux, des secteurs, des activités, des générations qui n'ont a priori pas grand-chose de commun, voire qui sont contradictoires », définit-elle. Des mariages censés donner naissance à des réponses innovantes, au plus proche des besoins de tous. Nouvelles filières, nouveaux services ou encore nouveaux lieux, à l'image des tiers-lieux qui sont de plus en plus nombreux à occuper nos villes.
Maëva Gardet-Pizzo