Réchauffement climatique : ce que préconisent les scientifiques de la Méditerranée
Laurence Bottero
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Le réchauffement climatique et les solutions pour lutter contre son accélération sont actuellement le cœur des échanges qui se déroulent à Dubaï, hôte émirati de la COP28. Un rendez-vous très attendu parce que se tenant dix ans après la première COP et parce que beaucoup, surtout, est espéré des décisions et accords qui pourront en découler.
Si le GIEC est souvent la référence en matière scientifique, le MedEC, acronyme pour Mediterranean Experts on Climate and environnemental Change, fait lui aussi autorité sur le sujet. Un MedEC qui s'est créé en 2015, précisément pour porter un focus sur la Méditerranée, le GIEC n'ayant pas une approche spécifique sur le bassin, puisque son prisme privilégie les continents.
La Méditerranée est évidemment un centre névralgique pour les pays qui y sont rattachés. La vision et la réflexion communes sont nécessaires pour tenter d'harmoniser les décisions et orientations prises, ainsi que l'explique Joël Guiot, directeur de Recherche au Centre européen de recherches et d'enseignement en géosciences de l'environnement (CEREGE) au sein d'Aix-Marseille Université. Sur l'acceptabilité d'une transition climatique, « que ce soit en Méditerranée ou ailleurs, on ne prend pas suffisamment de décisions fortes », prioritairement, dit-il car un changement significatif entraînerait un changement des modèles économiques. « On essaie de proposer des solutions qui sauvent l'économie en espérant qu'elles sauvent aussi le climat ».
Joël Guiot de revenir sur ce 1,5° à ne pas dépasser et à ce 2° dont on s'approche, pourtant, inexorablement. « Les conséquences sont extrêmement différentes selon que les températures augmentent de 1,5° ou 2°. Notamment, on note la disparition de deux fois plus d'espèces. Et cela vaut également pour les glaciers ». Le scénario de températures augmentant de 2° pour ensuite redescendre à 1,5° d'augmentation ne change rien car ce qui aura disparu ne reviendra pas. « Le glacier antarctique ne reviendra pas, par exemple ».
Laurence Bottero