Label local, aide au foncier et soutien aux filières… comment la Région Sud répond à la colère paysanne
Laurence Bottero
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... s au foncier.
La colère exprimée durant plusieurs jours sur les routes et autoroutes de France et surtout de province, a sans doute créé un avant/après. Aux yeux de l'opinion publique, les contraintes imposées par les normes, les conditions de travail et de rémunération ainsi clairement exposées ont probablement contribué à une prise de conscience globale. Du côté des acteurs économiques, tout au moins de ceux qui côtoient les agriculteurs au quotidien, dans leurs villes et villages, on n'a, bien sûr, pas été surpris, tant on sait les difficultés. Parce que l'agriculture fait partie, pour une part de l'aménagement du territoire et pour une autre part, de la vitalité économique locale.
Une colère qui a remis en cause le Mercosur, qui a posé aussi sur la table la question de l'import/export de produits français et de produits d'ailleurs. Une colère semble-t-il entendue par le gouvernement et les acteurs publics.
Dans le Sud, là où on revendique la première place pour la production de fruits et de légumes frais, de plantes à parfums, d'olive, là où on fait « du lait, de l'élevage, de la lavande, du miel, de la viticulture... » comme l'égrène Bénédicte Martin, la vice-présidente du conseil régional en charge de l'agriculture, on estime que l'absence significative de ces produits du cru dans les rayons des grandes surfaces peut se contrecarrer. C'est ainsi qu'est née le label « 100% Valeurs du Sud », destiné à distinguer la production locale, celle qui garantit une digne rémunération aux agriculteurs. Et l'idée, n'est pas juste d'estampiller les produits régionaux. « Il faut impliquer le transformateur », pointe Bénédicte Martin, expliquant que le cercle doit être vertueux, depuis le producteur jusqu'au consommateur, ce qui inclut la juste rémunération du premier et la facilité d'accès du second. « Il n'y a qu'une agriculture puissante qui peut produire et être accessible ». Ce qui signifie également peser sur la grande distribution, l'inciter à préférer le local plutôt qu'une filière exogène. « Si le supermarché rémunère correctement le producteur, il peut être labellisé », indique Bénédicte Martin. Une sorte de carotte de bon aloi, qui doit profiter du momentum post-manifestation, pour prendre toute sa dimension.
Laurence Bottero