MONTPELLIÉRAINS D'AILLEURS - Sur la Costa del Sol, la sixième ville d’Espagne veut faire de la tech son ADN. De la startup à la multinationale, son parc technologique accueille aujourd’hui un millier d’entreprises, comme en témoigne ce Montpelliérain, manager pour une grande société du secteur.Après l'allemand Siemens, le japonais TDK, l'anglais Vodafone ou encore IBM et Accenture, c'est un autre géant américain, Google, qui a choisi Málaga pour installer son centre européen de cybersécurité. 200 ingénieurs devraient à terme y être embauchés.
Après avoir grandi à Montpellier, où il a travaillé une quinzaine d'années avant de rejoindre l'Espagne en 2011, Jean-Charles Provincio a vu arriver dans cette sixième ville du pays, les unes après les autres, toutes ces entreprises internationales, au point de créer un véritable écosystème autour des technologies de l'information. Le seul parc technologique de Málaga contribue à près de 20% du PIB et du nombre d'emplois de la ville.
Diplômé d'un MBA en marketing en Écosse et aujourd'hui directeur commercial pour une importante compagnie informatique américaine qui a, elle aussi, installé à Málaga sa tête de pont pour tout le sud de l'Europe, le Montpelliérain d'origine décrit « une sorte de jeu entre Barcelone et Málaga, à la ville qui va attirer le plus de sociétés importantes dans le bassin ».
Les tarifs de l'immobilier explosent
Revers de la médaille, cette affluence de travailleurs débarquant du monde entier a fait exploser les prix de l'immobilier dans toute la région.
« Ça a amené un niveau de vie plus élevé,observe le Français, aujourd'hui âgé de 50 ans, marié et père de deux enfants.Sachant que le salaire mensuel moyen ici est de 900 ou 1.000 euros, vous trouvez aujourd'hui des appartements avec trois ou quatre chambres à 700.000 euros alors que c'était le prix d'une maison il y a encore quinze ans... Pour les jeunes qui veulent rester à Málaga après leurs études, c'est très compliqué. Ils doivent souvent aller habiter dans des villages excentrés. »
En bord de mer, des gratte-ciel de luxe sont en construction avec des appartements annoncés à plus de 3 millions d'euros. De grandes écoles françaises, comme l'ESSCA, ont également désormais une antenne à Málaga.
Nomades numériques et sur-tourisme
Depuis le Covid-19, la région attire aussi les nomades numériques, en particulier d'Europe du Nord, séduits par un cadre de vie agréable et des liaisons internet à haut débit.
« Le siège de leur société est à Londres, Dublin ou Amsterdam, et ils sont venus travailler à distance dans le sud, pour bénéficier d'une meilleure qualité de vie », témoigne Jean-Charles Provincio.