Que révèlent les données des parcs offshore européens déjà opérationnels ? Comment mieux protéger la biodiversité ? La « Conference on Wind Energy and Wildlife impacts », qui s’est tenue à Montpellier, a livré ses enseignements.L'éolien terrestre dont le déploiement a commencé il y a trente à quarante ans a produit beaucoup de données, de retours d'expérience et donc de connaissances, notamment sur l'impact de ces vastes projets sur la biodiversité. Ce n'est pas le cas de l'éolien en mer, et encore moins de l'éolien en mer flottant, encore à ses débuts en Méditerranée : la France ne dispose pas de diagnostic qui pourrait lui servir de base pour développer ses projets éoliens offshore de manière vertueuse.
Or l'impact des éoliennes terrestres, notamment sur les oiseaux crée de fortes tensions, jusqu'à atterrir parfois en justice, avec menace de démontage d'éoliennes à la clé.
Pendant ce temps, à l'étranger et notamment en mer du Nord, les parcs éoliens en mer sont de plus en plus nombreux, et certains sont en fonctionnement depuis plusieurs années. Les connaissances sur l'impact sur la biodiversité de ces parcs peuvent s'avérer précieuses pour les développeurs français. C'était l'ambition du projet RETEX, lancé par l'Observatoire national de l'éolien en mer : étudier les méthodologies de suivi, observer leurs impacts et recenser les mesures mises en place pour éviter, réduire ou compenser ces impacts, sur ces parcs offshore depuis une quinzaine d'années, notamment en mer du Nord ou au large de l'Écosse.
Oiseaux, marsouins, phoques
Ces résultats étaient présentés lors de la Conférence on Wind Energy and Wildlife impacts (CWW), grande conférence scientifique internationale (800 participants, 50 pays), dont la 8e édition s'est tenue du 8 au 12 septembre à Montpellier. Cette édition, qui a lieu tous les deux ans dans un pays différent, était co-organisée par l'entreprise héraultaise Biotope, spécialisée depuis trente ans en ingénierie environnementale, en association avec France Renouvelables et avec l'appui de France Énergies Marines.
« L'éolien n'a pas d'autre choix que d'être exemplaire,estime Frédéric Melki, le président fondateur de Biotope.Même si les impacts des énergies renouvelables existent, aujourd'hui, on peut éviter beaucoup de choses par la science et la technologie. La prise de conscience a été lente mais elle s'est fortement accélérée. »