C’est un traumatisme durable qui affecte habitants, professionnels du vin et du tourisme : les incendies qui ont écorché l’Aude posent notamment la question de la résilience économique. Ce jeudi, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, était à nouveau sur place pour discuter avec les forces économiques du département des priorités du moment, mais aussi des solutions durables à déployer.Mise à jour, le 21 août à 18h30 : réaction de Denis Carretier.
L'incendie qui a éclaté le 5 août dernier dans les Corbières, en plein cœur de l'Aude, laissera une cicatrice indélébile dans la mémoire des Audois, et va durablement marquer le paysage, mais aussi l'activité économique du département, notamment la viticulture. Le feu, qui a mobilisé plus de 2 000 pompiers, aura finalement ravagé près de 17 000 hectares sur quinze communes, et une personne est morte dans l'incendie de sa maison.
D'une ampleur exceptionnelle, il pourrait bien être « le plus grand feu enregistré en France depuis cinquante ans ». En comptabilisant les autres feux de l'été 2025, l'Aude décroche le triste record du département ayant enregistré le plus de surfaces brûlées en France.
« Ce département, avec celui des Pyrénées-Orientales, est l'un des moins arrosés de France. Il connaît un déficit de précipitations chronique depuis quatre ans, et les conditions climatiques de tout l'arc méditerranéen - chaleur, sécheresse, vent - aggravent considérablement le risque d'incendie », soulignait Christophe Chantepy, expert national en défense des forêts contre les incendies à l'Office national des forêts (ONF), dans un article du journal Le Monde, le 6 août dernier.
2 500 hectares de vignes perdus
Dans les Corbières, à seulement quelques semaines des vendanges, plusieurs vignerons ont tout perdu. Les premières estimations évoquent environ 2 500 hectares de parcelles de vignes perdues dans l'incendie. Et les viticulteurs sont inquiets car si les vignes détruites sont pour la plupart assurées, les pertes liées à une non-conformité des vins à cause de la fumée ou du retardant ne sont a priori pas indemnisés par les assurances. Des récoltes réduites qui risquent de mettre à terre quelques-uns des 1 050 vignerons de l'AOC Corbières, déjà en souffrance du fait de productions affectées plusieurs années de suite par le gel, la sécheresse, la canicule ou la grêle.