LA TRIBUNE - Quelle est la réalité des relations économiques entre le Maroc et la région Occitanie, qui comprend notamment le littoral ouest-méditerranéen français ?
Jalil BENABDILLAH - Entre l'Occitanie et le Maroc, c'est une histoire ancienne, notamment parce que la région, historiquement, accueille une importante communauté marocaine. Sur le plan économique, la concrétisation de ce partenariat s'est matérialisée, en 2012, avec la création d'une Maison de la Région à Casablanca, de même que nous disposons de structures similaires à New York, Shanghai, Bruxelles et Tokyo. L'objectif était double : que le Maroc soit une destination d'affaires et de partenariats, de coopération commerciale, culturelle et sociale, mais aussi un hub, notamment vers l'Afrique subsaharienne. Et cela fonctionne ! Cette année, nous avons favorisé l'émergence d'un club Occitanie-Maroc, qui fonctionne dans les deux sens. Il compte 135 membres déjà actifs ou en quête d'opportunités. La Région et l'agence de développement économique Ad'Occ organisent également des missions de terrain destinées à dynamiser les échanges. En avril, la présidente de la Région Carole Delga a signé une lettre d'intention pour le renforcement des liens interrégionaux avec la région d'Oued Ed-Dahab (au sud-ouest du Maroc, NDLR). Il faut à présent que nous renforcions les coopérations universitaires. Par ailleurs, les échéances à venir telles que l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations qui se déroulera à partir de décembre, ou la co-organisation de la Coupe du Monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal, vont générer des opportunités pour nos entreprises régionales. Les chantiers à venir, qu'ils soient physiques, industriels ou numériques, sont pharaoniques.