Dans le Sud, la finance en circuit court comble les besoins des entreprises
Gaëlle Cloarec
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Le Fonds Boost 06 pourrait dupliquer son modèle dans d'autres territoires.
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Le Fonds Boost 06 pourrait dupliquer son modèle dans d'autres territoires.
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Si les fonds régionaux ne sont pas nouveaux, ces véhicules réunissant souscripteurs privés et publics pour investir dans le capital de PME et ETI locales non-cotées prennent une dimension toute particulière en période de repli économique. Surtout lorsqu'ils cherchent à combler les trous dans la raquette. C'est tout l'objet du Fonds Boost 06, qui vient de rempiler pour une deuxième saison. Initié par l'UPE06 (qui regroupe le Medef et la Cpme), piloté par la société de gestion marseillaise Connect Pro, il vise à financer les projets de croissance externe des petites entreprises, peu adressées par les fonds traditionnels, qui n'ont souvent d'autres solutions que de piocher dans leur trésorerie ou faire appel à un prêt bancaire. Or, sur un territoire où 90% des entreprises ont moins de 10 salariés, cela fait beaucoup de laissés pour compte. D'autant plus lorsqu'un tiers d'entre elles sera concernée par une problématique de transmission dans les 5 à 10 ans qui viennent.
« Il s'agit de s'emparer de ces deux problématiques, le financement de la croissance et la transmission, et de les solutionner par le levier de la croissance externe », explique Thomas Collet, directeur d'investissement chez Connect Pro et pilote de Boost 06. Doté de 10 millions d'euros récoltés auprès d'institutionnels et d'une dizaine de chefs d'entreprises locaux, le véhicule se destine aux entreprises de la Côte d'Azur, tout secteur confondu, dont le chiffre d'affaires oscille entre 1 et 10 millions, auxquelles il propose des tickets de 300.000 euros à 1 million d'euros en fonction des projets d'acquisition. Il vient par ailleurs compléter un programme d'accompagnement de 6 mois qui forme et acculture le dirigeant au process de croissance externe. La première promotion, lancée en mai 2024, a ainsi accompagné 10 chefs d'entreprises réalisant entre 1,5 et 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires. A son issue, 2 ont jeté l'éponge, conscients de manquer de préparation pour faire le grand saut, 5 sont en recherche de cibles, 3 ont identifié la leur et sont entrés en phase de négociation. Un premier bilan jugé satisfaisant par la société de gestion qui envisage de dupliquer ce mécanisme de finance circulaire territoriale pour les TPE dans d'autres territoires. « On retrouve cet écosystème composé principalement de petites entreprises ailleurs en France, avec les mêmes problématiques de transmission liées au baby-boom », estime Thomas Collet. En attendant, une deuxième promotion d'entreprises vient d'être sélectionnée et commencera prochainement son cursus.
Gaëlle Cloarec