BTP : comment les PME affrontent la crise
Gaëlle Cloarec et Colombe Laferté
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Le BTP a-t-il touché le fond ? En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les indicateurs poursuivent leur chute, emportés par une construction résidentielle dont la glissade n'en finit plus. En 2024, les mises en chantier ont reculé de 22,6%, les autorisations de 10,8%, représentant quelque 43.700 logements en moins, demain, sur le marché de l'habitat. Un marché où les mises en vente ont elles aussi dégringolé de 50,4%, les réservations de 27,1%. Quant à l'activité des travaux publics, si elle demeure globalement favorable en 2024, elle montre des signes de repli, tant en nombre d'appels d'offres publiés (-2,7%) que concernant leur montant (-3,1%). Bref, le climat reste morose et si la hausse des taux et les récentes annonces gouvernementales laissent entrevoir une légère éclaircie, l'année électorale et son inertie inhérente arrivent en embuscade.
« Les temps sont à l'inquiétude », confirme Florent Noiray, directeur général de Spada Construction (15 millions d'euros de chiffre d'affaires pour une cinquantaine de salariés), spécialiste du gros œuvre. D'autant que « ces dernières années, les changements ont été si nombreux que le système semble grippé, il n'a pas encore trouvé son équilibre. » Pointée du doigt, la myriade d'appels d'offres déclarés infructueux qui traduisent la difficulté des uns à démarrer leur projet, faute de budget adéquat, et la charge de la réponse des autres qui s'alourdit. Lesquels deviennent de ce fait plus sélectifs. « Nous sommes dans cette situation paradoxale qui fait qu'un secteur en recherche d'activité n'arrive pas à répondre à toutes les sollicitations ».
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Dans ce contexte, comment faire face ? Chez Spada Construction, on est conscient d'être à contre-courant. Après deux années difficiles marquées par l'inflation des coûts des matériaux, l'entreprise familiale basée à Nice a renoué avec la croissance en 2024 et affiche « une bonne visibilité pour 2025 ». Le fruit d'une diversification amorcée dès 2019 vers des segments de niche, le luxe et la réhabilitation, pour chercher des relais de croissance et de rentabilité et ainsi compenser un éventuel retournement de marché. L'intuition était bonne. Il s'agit désormais de creuser ce sillon. « Nous réfléchissons à intégrer d'autres corps d'état afin d'adresser de façon plus globale ces segments de marché ».
Gaëlle Cloarec et Colombe Laferté