La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, est venue à Perpignan le 19 avril pour une réunion de travail sur l’eau. L’occasion de remettre sur la table le projet d’adduction de l’eau du Rhône, une extension du programme Aqua Domitia. Détails.Amener l'eau du Rhône dans les Pyrénées-Orientales. Il y a longtemps que ce dossier agite le département. Par deux fois déjà, il a été repoussé ces dernières décennies. En particulier par le monde agricole qui redoutait que l'eau aille alimenter les champs en Catalogne, donc la concurrence espagnole, puisque le programme Aqua Domitia (extension du grand réseau hydraulique régional pour accompagner l'agriculture et le développement urbain et touristique du Gard, de l'Hérault et de l'Aude en mobilisant des ressources en eau issues du Rhône) devait, à l'origine, poursuivre sa route jusqu'à Barcelone.
À l'issue d'une réunion de travail tenue à Perpignan le 19 avril avec les acteurs locaux du dossier - élus et chambre d'agriculture -, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a donné quelques précisions sur cette éventualité désormais réclamée quasi unanimement par le territoire.
Un éventail de solutions
«Une étude va être réalisée, sous la conduite de BRL et financée par la Région et pour près de 50% par l'État, pour vérifier la faisabilité et les conditions d'un prolongement de l'adduction d'eau jusqu'aux Pyrénées-Orientales, confirme-t-elle.Mais ce n'est surtout pas une solution miracle ! »
Le bureau d'études devrait être désigné dans les semaines qui viennent et l'étude prendre deux ans. L'élue régionale ajoutant que « de toute façon, c'est le projet d'une décennie ». Quoi qu'il en soit, ce projet ne pourrait résoudre à lui seul la situation de pénurie d'eau que subit le département catalan depuis deux ans.
«Pour changer la donne, il faut mettre en œuvre un éventail de solutions, martèle Carole Delga.Cela commence par nous, citoyens, par la réduction de nos consommations d'eau, par des solutions naturelles, la restauration des zones humides, le maillage des réseaux, la création de petites retenues collinaires, la réutilisation des eaux de station...»
Si elle ne confirme ni n'infirme le montant de 500 millions d'euros que pourrait coûter ce tuyau additionnel, l'élue rappelle que c'est un projet qui dépasse largement le cadre de la région et relève de l'intérêt national.