40% des financements de Bpifrance Bretagne vont aux secteurs d’avenir

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Bpifrance Bretagne a soutenu plus de 3.000 entreprises régionales en 2020
Bpifrance Bretagne a soutenu plus de 3.000 entreprises régionales en 2020 (Crédits : Bpifrance Bretagne)
Dans un contexte de crise et de mobilisation exceptionnelle, Bpifrance Bretagne dresse un bilan 2020 peu alarmiste. Près de 25.000 entreprises ont été soutenues par le PGE à hauteur de 4,3 milliards d’euros. L’an passé, la banque d’investissement a accompagné 3.098 TPE, PME et ETI. Elle invite les chefs d’entreprises bretons à anticiper leurs investissements et leur transition en 2021 et à se saisir du Plan climat.

« On ne sent pas aujourd'hui ni sur 2021 de grande vague de défaillances d'entreprises même dans les secteurs qui souffrent beaucoup comme l'évènementiel et le tourisme. Mais cette période laissera des traces. On a remplacé le chiffre d'affaires par de l'emprunt, ce n'est pas bon à terme. Si les entreprises peuvent rembourser leur PGE, qu'elles le fassent. Si elles doivent ouvrir leur capital c'est maintenant. Il faut surtout qu'elles continuent à investir dans leur outil de production afin d'éviter qu'il vieillisse. 2021 doit être l'année du haut de bilan ».

C'est sur ces conseils et cette analyse, moins pessimiste que prévu mais prudente, qu'Hervé Lelarge, son directeur régional, a conclu sa présentation du bilan d'activité 2020 de Bpifrance Bretagne.

Dans un contexte bousculé par la crise sanitaire, l'antenne régionale de la Banque publique d'investissement, filiale de la Caisse des dépôts et de l'État, retient d'abord la « mobilisation exceptionnelle » mise en place en soutien aux entreprises.

24.609 entreprises, dont 95% de TPE, ont bénéficié des Prêts garantis par l'État (PGE) à hauteur de 4,3 milliards d'euros. La Bretagne a aussi été la première région en France à mettre en place, via le partenariat avec le Conseil régional, un Prêt Rebond (taux 0 sur sept ans) de 17 millions d'euros qui a bénéficié à 238 TPE et PME. Dans le cadre du Plan de relance, 21 entreprises ont été aidées à hauteur de 15 millions d'euros. S'agissant de la contribution aux plans sectoriels, Bpifrance Bretagne a apporté 840 millions d'euros de financement dans 3.300 entreprises du tourisme dont 10 millions de Prêts Tourisme à 39 entreprises.

« De mars à mai 2020, il a fallu injecter du cash dans les entreprises pour éviter une vague de dépôts de bilan dans les TPE, les PME et les ETI bretonnes. Bpifrance Bretagne a joué un rôle de psycho-banque et rappelé 5.000 entreprises dont les dirigeants se sentaient complètement désemparés », se souvient Hervé Lelarge.

40 % des financements vers les secteurs d'avenir

L'activité globale sur 2020 montre que Bpifrance Bretagne a soutenu 3.098 entreprises à hauteur de 914 millions d'euros, permettant de mobiliser près de 2,3 milliards d'euros de financements publics et privés. 1.134 entreprises ont été aidées en Ille-et-Vilaine, 761 en Finistère, 703 en Morbihan et 505 en Côtes d'Armor, dont 22% dans le commerce, 15% dans l'hébergement, 14 % dans la construction. Les secteurs d'avenir ont mobilisé près de 40% des financements, avec un fort soutien aux secteurs NTIC, aux éco-industries et à la santé.

L'activité en financement a augmenté de 46% par rapport à 2019 avec 495 millions d'euros injectés. Dès le mois de mars, la banque a accordé en urgence 182 millions d'euros de prêts de soutien à la trésorerie à 455 entreprises (Prêt Atout, PGE, Prêt Rebond).

Avec 80 millions d'euros, le financement de l'innovation (French Tech et filières industrielles du Plan de relance) affiche une croissance de 125%, géographiquement porté par une sur-représentation de l'Ille-et-Vilaine et de la métropole rennaise.

L'activité de fonds propres a mobilisé 48 millions d'euros d'interventions directes au capital des entreprises et indirectes au service de l'écosystème breton des fonds d'investissement. En 2020, Bpifrance a investi ou réinvesti en direct dans treize entreprises régionales et est intervenue en fonds propres dans 32 entreprises pour un montant de 309 millions d'euros.

Elle a aussi accompagné 4.230 créateurs d'entreprises via quinze structures d'accompagnement financées.

« Le partenariat avec la région Bretagne s'est aussi renforcé et a permis à 411 entreprises de mobiliser 47 millions d'euros, notamment via le Prêt Rebond », insiste Hervé Lelarge. « L'accélérateur Booster Bretagne accompagne 17 entreprises comme NG Biotech (tests Covid-19), Hoppen (santé), Ijinus (télégestion), Abyss Ingredients (ingrédients naturels et marins). Les perspectives de collaboration avec la région s'annoncent dynamiques », se réjouit-il.

Les deux partenaires ont déployé l'accélérateur PME Booster Agro en février dernier. Sa première promotion compte 15 PME agroalimentaires à fort potentiel de croissance telles que les marques Atelier de l'Argoat, Maison Joyeux, Groix Nature ou Brasserie de Bretagne. « Les attentes des consommateurs changent, les entreprises peuvent basculer dans le bien-manger et la sécurité alimentaire et doivent se moderniser pour recruter. Ce secteur représente 68.000 emplois. Il y a un point de fragilité pour certaines d'entre elles, notamment en Centre Bretagne » reconnaît le directeur régional.

Plan climat à 40 milliards d'euros sur 2020-2024

Organisée pour devenir « la Fintech au service des TPE et des créateurs d'entreprise », Bpifrance Bretagne s'est fixé comme perspectives pour 2021 de déployer le Plan de relance dans tous les secteurs ainsi que le Plan climat.

Annoncé en septembre, ce plan vise à aider les entreprises à amorcer ou accélérer leur transition par du financement (1,7 milliard d'euros), par du soutien à l'émergence et à la croissance des Greentech et par le financement et l'investissement dans la filière ENR (2,5 milliards d'euros). La Communauté des éclaireurs du Coq Vert, dont fait déjà partie le Groupe Noblet (engins de chantiers) en Bretagne, devrait mettre en lumière une cinquantaine d'entreprises à terme.

Le renforcement des prêts d'honneur pour consolider les entreprises récentes est aussi à l'ordre du jour de même que le soutien à l'industrie.

Le directeur régional de Bpifrance souhaite inciter les entreprises, qui « globalement s'en sortent bien », à ne pas attendre un fort redémarrage à l'été pour formuler des demandes en fonds de roulement.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2021 à 8:33 :
Tout dépend de ce que l'on appelle secteur d'avenir, si les fintech sont des secteurs d'avenir permettez moi une fois de plus de rigoler.

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