A Rungis, le patron du Medef réconforte les grossistes avant les fêtes
César Armand
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Corentin, 34 ans, a rejoint le marché de Rungis il y a quatre mois. Il coupe les bêtes avant de les accrocher à des crocs de boucher. « Ça me plait » assure-t-il.
C.A.
REPORTAGE. A la veille des fêtes de fin d'année, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, s'est rendu au marché de Rungis pour rencontrer les vendeurs de produits alimentaires. Ces derniers pâtissent de la fermeture des bars et des restaurants.
C'est le lieu de tous les superlatifs. Premier marché mondial, plus de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, 3 millions de tonnes de produits frais par an, 1.200 TPE-PME, 12.000 salariés répartis sur 234 hectares... Bienvenue au marché international de Rungis où se trouve « tout ce qui se mange, y compris les fleurs ».
Il est 4h30 ce vendredi 18 décembre et le président du Medef vient visiter les grossistes pénalisés par l'actuelle fermeture des bars et des restaurants. Comme tous ses accompagnateurs, Geoffroy Roux de Bézieux troque son manteau contre une grosse doudoune blanche aux couleurs du lleu.
« Témoigner du soutien à la filière agroalimentaire »
Un quart d'heure s'est déjà écoulé et le patron des patrons est en pleine discussion avec Véronique Gillardeau, de la société Blanc, président du syndicat Agromer. Entre deux verres de blanc sec et deux huitres qui transportent aussitôt au bord de l'océan Atlantique, cette dernière se refuse à faire un bilan de l'année 2020. « Il est trop tôt pour le dire. Des commandes s'ajoutent, d'autres s'annulent, mais ça marche plutôt bien », déclare-t-elle.
Il est 5 heures, pendant que le Grand Paris s'éveille, Rungis est déjà bien réveillé. Dans le car qui mène au pavillon des produits carnés, le porte-parole du Medef explique que Geoffroy Roux de Bézieux vient « témoigner de son soutien à la filière agroalimentaire et à cette profession actuellement entravée ». « Elle est extrêmement importante car elle a un impact sur tous les territoires », insiste Fabrice Le Saché.
Ce n'est pas Gino, autoproclamé « le roi de la volaille », qui dira le contraire. Tous les ans, il achète et livre 35.000 tonnes de marchandises avec son équipe de 130 personnes pour un chiffre d'affaires annuel de 106 millions d'euros. Pour 2020, « il va me manquer 10% », témoigne-t-il. « C'est compliqué, mais la fin de l'année permet de sourire un peu », dit-il à Geoffroy Roux de Bézieux, en lui faisant sentir une truffe de 208 grammes estimée à 3.500 euros. Et ce avant de lui tendre une belle dinde morte mais bien dodue et toujours plumée.
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