Alain Juppé : "La tomate de Marmande passe par Rungis avant d’arriver à Bordeaux !"
Patrick Cappelli
Patrick Cappelli
« En 2007, j'ai été le moins durable des ministres du développement durable (il est resté en poste un mois) » rappelle Alain Juppé, maire de Bordeaux. Cette brève expérience ne l'a pas empêché de recevoir le Prix Énergie pour Bordeaux Métropole lors du Forum Smart City La Tribune. Le président de la métropole bordelaise a lancé un plan d'action pour un territoire durable à haute qualité de vie pour la période 2017-2022 et un cadre programmatique pour la période 2017-2050.
Un : la transition énergétique, avec un objectif de 32 % d'énergies renouvelables d'ici 2030 et de devenir la première métropole à énergie positive à l'horizon 2050. Deux : protéger et mieux valoriser les 50 % d'espaces naturels et agricoles du territoire de la métropole. Trois : conjuguer solidarités territoriales et bien-être. La rénovation de l'habitat est une des principales missions de ce plan. Les nouveaux bâtiments seront tous à énergie positive, mais le plus dur est de rénover l'habitat ancien.
Une cartographie thermique des toits (verts pour les moins énergivores, rouge pour les autres) va aider à repérer les bâtiments qui nécessitent une rénovation. La mobilité est le deuxième grand chantier du maire de Bordeaux, qui se félicite que sa ville ait été élue sixième ville cyclable mondiale dans le classement danois Copenhagenize Design Co. Le président de Bordeaux Métropole a réservé le pont principal de la cité girondine aux tramways, bus vélos et piétons. Un choix qui n'a pas fait que des heureux, surtout chez les commerçants.
Mais cette grogne n'a pas fait reculer Alain Juppé :
Le maire croit à la démocratie participative. Il a engagé une co-construction de l'aménagement de la place Gambetta avec les collectifs de riverains et les commerçants, qui ont choisi eux-mêmes l'architecte. Mais une question se pose : comment transporter ce type de mécanisme local à un niveau national ?
Pour lui, le choix de simplification voulu par le président Hollande n'a pas eu lieu, et dans une société qui continue à se complexifier, le mot à la mode, c'est la colère.
Une nécessité, quand on sait que la tomate de Marmande, à 50 km de Bordeaux, passe par Rungis près de Paris avant de revenir sur les bords de la Garonne.
Patrick Cappelli
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