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ÉconomieFrance

Macron épingle Hollande qui n'a "fait les choses qu'à moitié"

Photo de Philippe Mabille

latribune.fr

Publié le 04 septembre 2016 à 09:06 - Mis à jour le 04 septembre 2016 à 14:07

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Dans un entretien au JDD, l’ancien ministre de l’Economie estime que Nicolas Sarkozy propose un « rabougrissement » de la France par son positionnement identitaire. Au président de la République, François Hollande, il reproche de n’avoir « fait les choses qu’à moitié ».

Emmanuel Macron n'a pas attendu longtemps pour éprouver les délices de la liberté de parole. A tous ceux qui ont encore des doutes sur sa volonté de se présenter en 2017, Emmanuel Macron a répondu ce dimanche en attaquant frontalement dans le JDD Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Selon lui, le leader des Républicains représente l'un des « héraults du conservatisme » en France. « Sa vision de l'identité est une forme de rabougrissement de la France », accuse-t-il. « Il exprime la brutalité sociale, le cynisme, le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne ».  Enfin, pour finir de rhabiller Sarkozy pour l'hiver, Macron dénonce son « incohérence » : « il dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays mais ce qu'il propose fracture au contraire le pays et nourrit les communautarismes ».

Un coup contre la droite, mais aussi un coup contre l'actuel président de la République, à qui il a présenté sa démission mardi dernier pour « obéir à un devoir de cohérence ». « Je n'ai pas arrêté de proposer, de pousser. Je ne construis pas ma démarche dans le rejet de ces années pendant lesquelles j'ai conseillé et exécuté des réformes  (...) Mais si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié et malheureusement, on a fait beaucoup de choses à moitié ». Sur sa relation avec François Hollande, Emmanuel Macron affiche son émancipation : « j'ai exprimé des désaccords de manière apaisée dès le début. J'ai été appelé au gouvernement par un président qui connaissait mes convictions et je ne les ai jamais dissimulés ». Il attaque aussi la posture de François Hollande et sa célèbre phrase « ça va mieux » : je n'ai jamais considéré que la politique consistait à se ranger derrière un slogan. Retrouver collectivement le goût de l'avenir, ce n'est pas dire aux Français qu'ils ont une perception fausse de leur présent ». En clair, pour Macron, la France ne va pas « mieux ».

L'ancien ministre de l'économie n'en dit dans le JDD pas beaucoup plus ni sur ses intentions, ni sur son calendrier. Dans un sondage Odoxa publié dans le Parisien Dimanche, 45% des Français verraient en lui "un bon président" de la République.Sa démission est en tout bien comprise par les Français et son mouvement politique, En marche!, apparaît "dynamique" aux yeux de 73% des personnes interrogées. L'ancien ministre est jugé "courageux" (62%), compétent" (59%), et est perçu comme "incarnant le renouveau" pour 58% et "sachant où il va" pour 58%. Sa démission lui a même rapporté 4 points de popularité par rapport au mois de juillet et sa cote de popularité s'élève dorénavant à 58%.

Emmanuel Macron affirme dans le JDD que son « objectif est que les idées progressistes soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et gagnent pour pouvoir transformer notre pays ». Répondant à la main tendue par Jean-Christophe Lagarde le président de l'UDI, sur une possible convergence avec le centre, Emmanuel Macron se dit favorable à travailler avec tous les progressistes, y compris les centristes ». « Je souhaite un large rassemblement autour des idées du progrès. C'est cette réconciliation qui est la condition du succès ». Il y a encore du travail puisque le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, s'est désolidarisé du leader de l'UDI. Ce à quoi Emmanuel Macron répond : « quand on ne veut pas discuter avec quelqu'un, c'est qu'on en a peur. Ils ont raison d'avoir peur car ils parlent au nom des appareils qui préfèrent leur survie à l'intérêt général ».

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Au cours de la nouvelle émission Question Politique France Info TV, France Inter, Le Monde, Emmanuel Macron s'est expliqué sur son positionnement. "Je suis de la gauche du réel, dans la filiation de Pierre Mendes-France et de Michel Rocard". Il a refusé de dire s'il serait candidat à ce stade, renvoyant à sa démarche et au diagnostic qu'il veut partager avec les Français à partir d'octobre. Il a précisé ses idées sur les 35 heures et l'ISF, qu'il veut réformer, et plaidé pour une transformation en profondeur du pays. Se reconnaissant libéral, il a estimé qu'il fallait mener le débat sur la dépénalisation du cannabis.

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