Le gouvernement a demandé à une quinzaine de branches professionnelles comme l'hôtellerie-restauration, la sécurité, la propreté... d'ouvrir des négociations sur les salaires. Ce qui n'est pas sans causer des frictions. La question est devenue un enjeu électoral.Thierry Grégoire, adhérent de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), ne décolère pas. Ce patron toulousain du groupe NT Hôtel Gallery, de 5 hôtels et de 2 restaurants, n'apprécie guère ce qu'il appelle « un diktat gouvernemental ». Mardi, sa fédération professionnelle est attendue chez Elisabeth Borne, la ministre du Travail, pour évoquer les salaires : « Le gouvernement n'a pas à nous imposer l'obligation d'ouvrir une négociation sur ce sujet. Encore moins le calendrier. Surtout qu'il ne le fait que parce que le processus électoral est enclenché. Ce mélange des genres est insupportable », s'insurge-t-il.
Pour le gouvernement, les entreprises doivent faire des efforts. Avec le "quoi qu'il en coûte", et les nombreuses aides versées, elles ont - globalement- pu maintenir leurs marges. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, le répète d'ailleurs à loisir en cette rentrée : « La bonne croissance - plus de 6% - doit profiter à tout le monde. Il faut une meilleure rémunération pour ceux qui ont les revenus les plus faibles ». Et de cibler ces salariés de la deuxième ligne, qui ont fait fonctionner le pays pendant les confinements. « Il faut savoir les remercier », assure le locataire de Bercy.
Ils réclament leur part du gâteau
Les premiers concernés ne disent pas autre chose. Ils réclament leur part du gâteau. Ainsi, les employés de la filière HCR - hôtellerie, commerce, restauration- ont demandé au ministère du Travail, via leurs secrétaires fédéraux de la CGT et FO, syndicats majoritaires de la filière, la tenue d'une commission paritaire permanente de négociation. Avec au menu des revendications : l'instauration d'un treizième mois, d'une prime de coupure, pour compenser le temps perdu entre les services...
D'autres secteurs pointés du doigt par l'exécutif n'ont pas attendu. Dans la sécurité, un chantier de revalorisation des rémunérations, comprenant une refonte de la grille salariale a été lancé.