Bruno Le Maire : « si on n'y prend pas garde, la transition écologique peut être le vecteur d'une révolution sociale et politique »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
... ansformations économiques que va engendrer la lutte pour le climat dans la décennie à venir. Energies nucléaire et renouvelables, Europe des batteries, hydrogène, Bruno Le Maire plaide pour une accélération des investissements verts quitte à sortir pour cela des règles du pacte de stabilité budgétaire européen.
VIDEO : La transition écologique, révolution industrielle du 21ème siècle.
Conversation avec Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des finances et de la relance
Propos recueillis par Philippe Mabille, directeur de la rédaction de la Tribune, au Transition Forum de Nice.
ENTRETIEN.
Vous aviez dit vouloir mettre le quinquennat d'Emmanuel Macron au service de la transformation économique. Sommes-nous prêts pour une décennie de transformation écologique ?
Cela fait presque 5 ans que je suis ministre de l'Economie et des Finances, ce qui donne un peu de recul et permet de mesurer ce qui reste à faire. Nous avons deux défis devant nous. Ces défis nous engagent pour le siècle à venir et vont définir la place que la France occupera sur la scène internationale ainsi que notre capacité à faire face au changement climatique.
Le premier défi est technologique. Nous sommes confrontés à des révolutions technologiques qui vont redéfinir l'ordre des puissances au 21ème siècle. A quoi cela sert d'être souverain politiquement si pour guider nos voitures, la 5G est américaine et les batteries chinoises, si l'énergie consommée dépend du gaz russe et si les satellites sont lancés par des lanceurs russes, chinois ou américains ? Au final, vous dépendez des autres grandes nations. Le premier défi pour la France et l'Europe, c'est donc de maîtriser les nouvelles technologies, qui sont partie-prenantes de notre vie quotidienne et qui détermineront les nations indépendantes et les nations dépendantes. Je souhaite que la France reste une nation indépendante et souveraine : c'est pour cela que nous investissons massivement dans l'intelligence artificielle, le calcul quantique, le spatial, le nucléaire, l'hydrogène, les batteries électriques et les semi-conducteurs.
Le deuxième défi, c'est l'accélération du changement climatique. Nous avons fait beaucoup mais nous devons faire plus, que ce soit en France ou en Europe. C'est une course de vitesse dans laquelle nous sommes engagés. Nous sommes poussés par des générations qui nous disent : ouvrez les yeux, prenez conscience des conséquences dramatiques, allez plus vite. Réduire de 55% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990 est un défi qui va impliquer de changer nos modes de vie. Nous allons devoir être beaucoup plus attentifs dans notre consommation et notre vie quotidienne. Par exemple, changer nos modes de transport : la voiture thermique, c'est fini dans un peu plus de 13 ans. Pour faire Paris-Bordeaux, il était assez courant de prendre l'avion. Désormais, c'est fini. On ne remettra pas une navette aérienne, car il y a une alternative en train qui met moins de 2h30.
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France