Cafés, restaurants, mobilité... : l'économie française se prépare à redémarrer

 |   |  1025  mots
(Crédits : ERIC GAILLARD)
Après pratiquement trois mois d'inactivité, les cafés et les restaurants s'apprêtent à accueillir à nouveau des clients mardi 2 juin. Du côté des trains, la SNCF commercialisera "100% de son offre" à partir de "la mi-juin". En Ile-de-France, l'attestation pour prendre les transports en commun aux heures de pointe sera obligatoire "au moins jusqu'au 22 juin".

A deux jours du sésame tant attendu, cafés et restaurants se préparaient dimanche pour accueillir leurs premiers clients depuis plus de deux mois, un symbole d'une économie brutalement touchée mais qui "redémarre".

Après des semaines de fermeture forcée pour cause de coronavirus, bars, cafés et restaurants des zones vertes sont autorisés à rouvrir leurs portes le 2 juin, avec des règles sanitaires strictes: dix personnes maximum par table, un mètre au moins entre chaque groupe, consommation debout interdite dans les bars.

En Ile-de-France, Mayotte et Guyane, toujours en vigilance orange, seules les terrasses pourront rouvrir.

Lire aussi : Cafés, bars, restaurants...: ce qu'il va se passer à partir du 2 juin pour la 2e phase du déconfinement

 Anne Hidalgo appelle à des comportements "adultes"

A Paris, la mairie a annoncé que bars, cafés et restaurants pourraient s'étendre gratuitement sur une partie de l'espace public, trottoirs, places de stationnement voire quelques rues fermées à la circulation.

En respectant toutefois les règles de bon voisinage: "pas de bruit, pas de musique, fermeture à 22h".

"Le peu de tables qu'on aura en terrasse, on sera toujours plein, donc ce sera déjà un bon début", a commenté Arnaud Bazire, patron du bar-restaurant Le Comité dans le 19e arrondissement.

Ce week-end, dix établissements à Paris ont été verbalisés par la police pour terrasses ouvertes par anticipation.

Inspirés par une météo estivale, les Parisiens ont aussi pris d'assaut les berges de la Seine, du canal Saint-Martin ou encore les pelouses des parcs rouverts depuis samedi, portant ou non le masque, seulement "recommandé".

La maire de Paris Anne Hidalgo a appelé à "un sursaut de civisme", tout en appelant à parler aux citoyens "comme à des adultes, pas (comme) à des enfants".

Elle s'exprimait lors d'un déplacement sur le parvis de Notre-Dame de Paris qui a rouvert dimanche, sans lien avec le déconfinement, après avoir été fermé au public depuis l'incendie de la cathédrale il y a plus d'un an.

- "Se battre" -"Je rêvais de pouvoir marcher dans le jardin des Tuileries, c'était mon envie de grossesse, et enfin je peux le faire, je suis aux anges", explique Adriana, 35 ans, qui s'est joint aux dizaines de joggeurs, marcheurs et photographes amateurs ayant investi ce lieu emblématique du coeur de la capitale.

A Strasbourg, au parc de l'Orangerie, principal espace vert de la métropole alsacienne, c'est aussi le retour des joggeurs et flâneurs et même des cours de zumba. "Mon salon, il commençait à me saouler quand même!", s'exclame la coach Safia Afif.

La réouverture de toutes les plages et du patrimoine

La réouverture de l'ensemble des plages mardi est également attendue avec impatience, de la Manche à la Méditerranée.

A Calais, la plage principale a retrouvé ce week-end sa physionomie estivale, avec le retour des transats, parasols, voiliers et bateaux de plaisance.

"On est très contents car on n'est pas les uns sur les autres", se félicite Yves, 45 ans, venu en camping-car avec sa femme et son fils de 8 ans.

"D'habitude, on commence à travailler en mars, ça fait quand même un sacré manque à gagner!", commente un employé d'Opéra Plage, établissement plus que centenaire de la Baie des Anges à Nice.

Côté patrimoine, les visiteurs étaient de nouveau au rendez-vous au château de Chenonceau, l'un des monuments les plus visités du Val de Loire. L'autre star de la région, le château de Chambord, ne rouvre pas avant vendredi.

Dans les paroisses, les cérémonies religieuses reprennent progressivement depuis une semaine.

A Manzat (Puy-de-Dôme), 90 fidèles ont assisté en ce dimanche de la Pentecôte à leur première messe post-confinement, avec distanciation et masques. Durant l'office, le traditionnel "geste de la paix" qui consiste à serrer la main de son voisin, a été remplacé par un geste de la tête, mains jointes.

A Chartes, ils étaient un peu plus nombreux, 275, à participer à la messe de Pentecôte dans la célèbre cathédrale de la ville. "Si cette Pentecôte peut être l'occasion de dire à tous ses proches qu'on les aime, ça sera déjà le monde d'après qui commence", a affirmé Mgr Philippe Christory, évêque de Chartres.

Au total, le Covid-19 a tué 28.802 personnes en France (+31), selon le dernier bilan publié dimanche, qui n'a pas actualisé les chiffres en Ehpad.

Le nombre de patients en réanimation continue lui à diminuer (1.319). Ce ralentissement de l'épidémie a permis au gouvernement de donner jeudi son feu vert à la levée de nouvelles restrictions.

Lire aussi : Trois leçons à tirer de la crise des EHPAD face au COVID-19

Dans l'Ile-de-France, la Guyane et Mayotte, seules régions qui ne soient pas passées en zone verte, le déconfinement y sera un peu plus prudent.

La limite de déplacements à plus de 100 km du domicile va également être levée.

L'attestation dans les transports en commun encore obligatoire

Pour permettre ces déplacements, le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé dimanche que "100% de l'offre" de la SNCF serait commercialisée à partir de la "mi-juin", avec la levée de la restriction d'un siège sur deux occupé.

En revanche, l'attestation pour prendre les transports en commun aux heures de pointe en Ile-de-France sera obligatoire "au moins jusqu'au 22 juin".

La levée d'un grand nombre de restrictions ne signifie pas pour autant un retour à la normale. L'application de traçage StopCovid, destinée à repérer la propagation du coronavirus, devrait être disponible à partir du mardi 2 juin.

Lire aussi : StopCovid : quatre questions pour tout comprendre

L'économie a repris un peu son souffle avec le début du déconfinement le 11 mai, mais elle ne retrouvera pas avant longtemps son niveau d'avant-crise.

L'objectif est désormais pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire "que le plus grand nombre de Français qui vont être confrontés au chômage de masse puissent le plus rapidement possible retrouver un emploi".

Lire aussi : Covid-19 : les déclarations d'embauche en chute libre, le spectre du chômage s'accentue

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/06/2020 à 19:38 :
"l'économie française se prépare à redémarrer"

Presque :


Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a estimé lundi qu'"il y a tout lieu de craindre" des baisses des salaires dans les entreprises avec la crise sanitaire, qui risque de servir de "prétexte" à des employeurs.

"Il y a tout lieu de craindre" des baisses des salaires ou du nombre de jours de RTT, la suppression du 13e mois ou des indemnités de transports, a déclaré Yves Veyrier sur RTL. Yves Veyrier a déploré "des exemples passés, où on a contraint les salariés par le biais d'une forme de chantage à l'emploi à accepter des baisses de salaires, d'augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire, pour au final que des emplois soient malgré tout supprimés".
Et "au final", ces postes ont été supprimés "dans des conditions plus favorables pour l'entreprise" que pour les salariés "puisque, dans ces cas-là, les plans sociaux sont évalués sur les salaires qui ont été baissés depuis plusieurs mois ou plusieurs années", a-t-il regretté.Consommez, travaillez, appauvrissez-vous, c’est en quelque sorte le triple message proposé par la ministre du Travail . On peut aussi négocier des accords de performance collective » a proposé Muriel Pénicaud.De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un dispositif très favorable aux employeurs créé par les ordonnances réformant le Code du travail, promulguées solennellement par Emmanuel Macron au début de son mandat, le 22 septembre 2017.
Réponse de le 02/06/2020 à 14:15 :
Jusqu'à preuve du contraire les employés payé au smic sont la principale source de redémarrage... Qu’attendent ils pour se mettre massivement en grève et demander l'augmentation qu'ils méritent depuis des décennies? Si les citoyens se mettent pas en grève aujourd'hui qu'on a besoin de eux pour relancer, ils le feront jamais, donc désolé mais si les employés si fichent de leur sort, les patrons ont bien raisons d'en profiter et de baisser leur salaires !!! Et comme ça les patrons pourront continuer de s'augmenter comme avant !
Réponse de le 02/06/2020 à 16:31 :
@ multipseudos: "Qu’attendent ils pour se mettre massivement en grève et demander l'augmentation qu'ils méritent depuis des décennies?"

"La notion de libre arbitre a été inventée par la classe dirigeante" Nietzsche

Veux tu que je t'explique enfin ou bien plus sûrement préfères tu parler pour rien ?
a écrit le 01/06/2020 à 16:52 :
Faites rentrer vos clients dans votre établissement. Montrez-leur que vous prenez soin d'eux en l'affichant sur votre devanture. COsafe, le label certifiant que votre établissement est sous contrôle ! Rendez-vous sur www.cosafe.store pour obtenir votre sticker. #cosafestore #prenezsoindevous
a écrit le 01/06/2020 à 16:03 :
Pouvoir aller au café, au restaurant, et sur les plages, voilà donc l'"économie" à la française.. cela fait peur!
Réponse de le 01/06/2020 à 17:03 :
Oui, c'est à peu près tout ce qui nous reste.
Réponse de le 02/06/2020 à 14:17 :
Mettez vous au travail et vous saurez pourquoi on est content que les restaurants ré-ouvrent... Manger des sandwich tout les jours et froid continuellement aide pas a relancer l'économie. Quand on travail on a droit a un vrai repas aussi...
a écrit le 01/06/2020 à 14:49 :
"L'économie française se prépare à redémarrer", quelle économie, celle du tourisme, des bars et des hôtels, celle du tourisme ? Une économie de pays sous développée, pendant que nos industries sont délocalisées, soi-disant en raison des coûts trop élevés en France (comment fait Toyota ?), non pour augmenter les marges.
a écrit le 01/06/2020 à 10:32 :
Se redressant de 31,5 en avril à 40,6, l’Indice des Acheteurs™ PMI®
IHS Markit – un indice composite établi sur la base de cinq indices
individuels (nouvelles commandes, production, emploi, délais
de livraison des fournisseurs et stocks des achats) et conçu pour
mesurer la performance globale de l’industrie manufacturière
– signale une forte détérioration de la conjoncture dans le
secteur manufacturier français, le taux de contraction se repliant
toutefois par rapport au sommet historique d’avril.
Ce même indice, qui a été publié aujourd'hui, est pour l'Italie à 45,4 bien plus élevé qu'en France (40,6)!
Mais selon les répartitions prévues du fond de relance européen la France
pourrait se permettre de financer à ses dépenses les investissement de ses voisins dont l'Italie. On ne comprend pas grand chose dans la logique économique de redistribution ce plan, qui semble plus politique que autre.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :