Cancers avérés : les cabines de bronzage incriminées par l'Agence de sécurité sanitaire
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Dans un précédent avis en 2014, l'Anses recommandait "la cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels" et jugeait que la dernière réglementation en date (2013) "constituait une réponse partielle et insuffisante au regard du risque avéré de cancers cutanés pour les utilisateurs".
L'interdiction des cabines de bronzage est demandée depuis 2015 par les dermatologues, l'Académie de médecine et même les sénateurs, mais sans être suivie à ce jour par le gouvernement, qui s'est contenté de durcir leur réglementation.
Le Centre international de recherche sur le cancer a déclaré "cancérogènes certains" les rayonnements artificiels depuis 2009.
Olivier Merckel a rappelé que la réglementation interdisait la pratique du bronzage en cabines aux mineurs, "or les contrôles montrent qu'il y a encore une fraction non négligeable des moins de 18 ans qui le pratiquent".
Selon un calcul récent publié par l'Agence, en France en 2015, chez les adultes de plus de 30 ans, 10.340 cas de mélanomes pouvaient être attribués à l'exposition solaire et 382 cas de mélanomes à l'exposition aux appareils de bronzage (1,5% des cas de mélanomes chez les hommes et 4,6% chez les femmes).
Outre le risque de cancer, les rayonnements artificiels non seulement "ne préparent pas la peau" au bronzage, "ne protègent pas des coups de soleil", "ne permettent pas un apport significatif de vitamine D", mais provoquent un vieillissement de la peau "quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu'avec le soleil".
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Selon le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine, "l'activité a été divisée par deux depuis 2009 et la polémique sur les risques des UV". On compterait aujourd'hui 4.500 établissements en France, dont 300 centres de bronzage spécialisés, les autres le proposant en activité secondaires.
63% des 982 cabines contrôlées en 2016 par la DGCCRF se sont révélées non conformes en raison de manquements à la sécurité ou de non-respect de la réglementation, qui interdit la publicité et les promotions.
Certains appareils n'avaient fait l'objet d'aucun contrôle technique depuis 7 ans, ou étaient opérés par des personnels sans aucune formation ni aucun diplôme d'esthétique.
Le Brésil et l'Australie ont interdit les cabines de bronzage. "Faut-il les supprimer? Les reconvertir? Ce n'est pas à nous de décider, mais aux pouvoirs publics", selon le chef de l'unité d'évaluation des risques.
En 2010, les experts en cancérologie de l'Organisation mondiale de la santé ont décidé de classer les cabines de bronzage et l'exposition aux rayons ultraviolets dans la catégorie des cancérogènes les plus dangereux.
Jusqu'à présent, ce type de "bronzage artificiel" était considéré par les scientifiques comme des "cancérogènes probables".
L'analyse, qui avait compilé une vingtaine d'études, avait conclut que le risque de mélanome, la forme la plus agressive du cancer de la peau, cancer considéré comme foudroyant, grimpe de 75% chez les personnes ayant recours aux cabines de bronzage avant l'âge de 30 ans. Les chercheurs mettaient en avant une association entre le bronzage artificiel et le mélanome oculaire.
Les experts de l'Agence internationale de recherche sur le cancer, la branche de l'OMS spécialisée dans le cancer basée à Lyon, soulignaient que, lors des tests, tous les types d'UV ont provoqué des mutations inquiétantes chez la souris, preuve que ces rayons sont cancérogènes.
L'abus de séances UV est particulièrement dangereux. Les médecins situent à environ dix le maximum pour une année. Un deuxième risque moins tangible est la mauvaise surveillance des installations : lorsque les tubes qui produisent les UV vieillissent, ils peuvent émettre une lumière plus dangereuse.
Il faut aussi faire particulièrement attention aux enfants et veiller à ce qu'ils n'utilisent pas ces appareils dangereux pour la peau. Les médecins suggèrent, pour avoir bonne mine, d'avoir plutôt recours aux produits autobronzants.
(avec agences)
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