Castex installe une commission pour préparer la fin du "quoi qu'il en coûte"

 |  | 947 mots
Lecture 5 min.
Jean Castex, Premier ministre
Jean Castex, Premier ministre (Crédits : POOL)
Le Premier ministre installe ce vendredi la commission sur l'avenir des finances publiques, chargée notamment de faire des propositions au gouvernement sur le remboursement de la dette issue de la crise du Covid-19, avec comme contrainte de ne pas augmenter les impôts, a assuré jeudi Matignon.

Le gouvernement prépare la sortie de crise. Le Premier ministre Jean Castex accompagné du ministre de l'Economie Bruno Le Maire et celui des Comptes publics Olivier Dussopt doit annoncer une commission spécialisée chargé de faire des propositions au cours du premier trimestre 2021 avec la remise d'un rapport au mois de mars. "Au sortir de la crise historique, l'impact sur les finances publiques et les comptes de la nation seront lourds et durables. Cela va nécessiter un pilotage adapté. L'idée est de prendre le soin de réfléchir pour nous faire des propositions" assure l'entourage du chef du gouvernement. La pandémie a obligé le gouvernement à mettre rapidement en oeuvre des mesures d'urgence économiques et sociales pour éviter un effondrement trop brutal de l'économie et tenter de préserver le tissu productif. Résultat, les compteurs des dépenses s'affolent depuis le printemps. Dans le PLF2021, l'exécutif anticipe une dette supérieure à 116% du produit intérieur brut et un déficit à 6,7%. A cela s'ajoutent, la mise en place du plan de relance qui est retardée par la seconde vague et l'instauration des nouvelles mesures de restriction à l'automne.

Une commission de 10 personnes présidée par Jean Arthuis

L'organisation qui "sera à pied d'oeuvre rapidement" est présidée par l'ancien ministre de l'Economie et ex-député européen Jean Arthuis. Cet ancien élu local implanté en Mayenne à Château Gontier a rejoint la République en marche pour soutenir Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017. Il a été président de la Commission des budgets du Parlement européen de 2014 à 2019. Cet homme issu des rangs de la droite française sera accompagnée d'un panel de dirigeants. L'ancienne présidente du MEDEF, Laurence Parisot doit prendre part à cette commission ainsi que Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP depuis 2012.

Plusieurs économistes et universitaires doivent également participer aux travaux de ce nouvel organisme. Hélène Rey, qui est professeure de la London School of Economics et membre du cercle des économistes est une spécialiste en macroéconomie internationale. Elle sera accompagnée de Natacha Valla, doyenne de l'École du management et de l'innovation de Sciences Po Paris depuis septembre 2020. Cette ancienne économiste de la Banque centrale européenne (BCE) est passée par la banque américaine Goldman Sachs au moment de la crise des subprimes en 2008 et le groupe LVMH. Cette spécialiste des questions monétaires a occupé le poste de directrice générale adjointe pour la politique monétaire de la BCE jusqu'en janvier 2020.

Le gouvernement a également fait appel à des regards étrangers. Beatrice Weder di Mauro est professeure à l'Université de Mainz et à l'Insead. C'est une économiste Italo suisse qui a travaillé sur les crises financières et la réglementation de la finance internationale et les dettes souveraines. Elle a notamment conseillé Gerhard Schröeder  et Angela Merkel. De son côté, Thomas Wieser, qui est un économiste autrichien, ancien directeur général des politiques économiques et des marchés financiers au ministère des finances autrichien est un habitué des cénacles européens. Ce chercheur a eu des responsabilités à l'échelle européenne en présidant, "au sein de l'Eurogroupe, deux organes de conseil : le Comité économique et financier (EFC) et le groupe de travail Eurogroupe (EWG)" précise Bercy. Enfin, deux hauts fonctionnaires seront également consultés dans le cadre de cette commission. Il s'agit du directeur de l'Insee Jean Luc Tavernier et Raoul Briet, président de la première chambre de la cour des comptes de 2012 à 2019. Puis, l'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine sera également aux côtés de ce groupe de travail.

La fin du "quoi qu'il en coûte et "la sortie des déséquilibres"

Au printemps, le président de la République Emmanuel Macron avait assuré qu'il fallait sortir de cette crise "quoi qu'il en coûte". Ce discours sur un ton martial avait marqué l'opinion publique habituée à la réduction nécessaire de la dépense publique et des déficits. En Europe, la crise a suspendu les principes de l'orthodoxie budgétaire attachés au respect des 3% de déficit et des 60% de dette. Dans sa lettre de mission, le Premier ministre a dessiné les principaux objectifs et le mandat adressés à cette nouvelle commission. Il s'agit selon l'entourage du chef du gouvernement de "réfléchir à la manière dont on peut en sortir de crise et reconstruire notre trajectoire de finances publiques. Ils vont également travailler sur des règles de gestion. La Cour des comptes a produit un rapport récemment sur les enjeux de gouvernance des finances publiques. Comment donner plus de places aux managers et représentants de l'Etat dans les territoires ? Enfin, leur réflexion portera sur la gestion ordonnée et stratégique de notre dette. Le niveau de dette publique est durablement accru. Il s'agit d'avoir le temps de regarder une meilleure gestion de la dette publique."

Par ailleurs, la présidence de la Commission et la plupart de ses membres devraient prendre position pour un retour à l'équilibre budgétaire. "Il faut sortir progressivement des déséquilibres" explique Matignon. Si les proches de Jean Castex assurent que "c'est une commission équilibrée qui vise à rassembler des visions pluralistes. C'est une commission de personnes indépendantes qui ne représentent aucune école, ni vision de chapelle", la plupart des profils de la commission défendent des principes économiques attachés à l'orthodoxie budgétaire. "Ce sont des personnalités constructives. C'est une composition qui recueille l'assentiment des parties prenantes" complètent les services du Premier ministre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/02/2021 à 16:31 :
Ils les aiment les commissions ! Combien de personnes sont dans celle ci ? À quel salaire pour pondre un rapport qu'un stagiaire de hec saurait faire seul(e) en 2 heures ? Ces commissions pour recaser les potes vous pouvez en faire pour nous les gens d'en bas ?
a écrit le 06/12/2020 à 14:24 :
la reine d'angleterre vas se faire vacciner et nos poltrons de ministres
on la trouille avec ceux d'entre eux en premiere ligne pour confiné
mais après ils se dégonfle comme toujours le cas en france de nos elite
moralisé le peuple la ils sont en premiere ligne et apres ils se sauve
a écrit le 06/12/2020 à 13:57 :
L'état le plus bureaucrate et donc dépensier au monde, ne veut pas réduire ses couts
superposés les uns sur les autres en interne.
La dette est alarmante : le peuple paiera c'est évident ( affirmer le contraire c'est mentir )
Meme en période de croissance, la FR est le seul pays à ne pas vouloir réduire sa Dette, mais à dilapider.

En sécu toutes branches confondues, catastrophe également.
a écrit le 05/12/2020 à 9:50 :
Ils cherchent encore à se couvrir, ils ne font que cela...
a écrit le 04/12/2020 à 21:05 :
Quoi qu'il en coûte c'est nous qui allons le payer et cela va être très cher et très long .
Le déclin est consommé , la France déclassée . Il est urgent de démettre Macron qui n'à jamais connu la vraie vie ,.
a écrit le 04/12/2020 à 17:15 :
ENCORE UNE ? QUAND nos godillots du parlement vont ils imposer un retour a la democratie
a écrit le 04/12/2020 à 15:57 :
En attendant, toute commission nous coûte et ne nous rapporte rien!
a écrit le 04/12/2020 à 13:36 :
Nom d'une pipe ! C'est quoi, encore, cette manie de se réfugier, en tant qu'autorité responsable des affaires de l'Etat, derrière des "commissions" désincarnées ? Le ministre de l'économie et des finances, la ribambelle de hauts fonctionnaires qui ronronnent dans les ministères, tous ces députés et sénateurs qui forment justement des "commissions" incarnés, ne seraient-ils pas assez compétents pour se pencher sur la question, mutualiser leurs savoirs en la matière et dégager des solutions qui engagent l’État et la responsabilité de ceux qui décident en son nom ?
a écrit le 04/12/2020 à 11:55 :
Si on veut enterrer un dossier, on forme une "commission". Une manière aussi de se dédouaner.
Tous les intervenants dans les prises de décision concernant la crise Covid devraient normalement répondre de leurs actes devant la justice. "Responsables, c'est l'évidence et ( peut être) coupables". En filigrane, c'est le procès du fonctionnement de l'État sous la Vème République qui devrait être instruit.
Réponse de le 04/12/2020 à 12:20 :
Votre commentaire n apporte rien .... on ne voit pas en suoi ce gouvernement est responsable du covid qui vient de chine....laquelle a sciemment caché et minimise les effets d et l’entêtes.
On ne peut laisse efgondrer l économie car derrière c est aussi la vie des gens dont vous faites partie.... à travers le monde des populations ont Ou bénéficier du soutien financier et social comme en France .... do regarder un peu dehors et le monde et un peu moins votre nombril de brexitet qui ne représente que désintérêts eco anti démocratique....
Réponse de le 04/12/2020 à 12:23 :
Votre commentaire n apporte rien .... on ne voit pas en quoi ce gouvernement est responsable du covid qui vient de chine....laquelle a sciemment caché et minimise les chiffres et les effets .... d autres gouvernements droite et gauche précédents ce dont casses les dents sur d autres sujets.... plus légers !
On ne peut laisse s effondrer l économie car derrière c est aussi la vie des gens dont vous faites partie.... à travers le monde des populations n ont pu bénéficier du soutien financier et social comme en France .... regardez un peu dehors et le monde et un peu moins votre nombril de frexiter et consorts qui ne représente que des intérêts eco anti démocratique....et contre l unité nationale
Réponse de le 04/12/2020 à 17:24 :
@ brehat Ne mettez pas tout sur le dos du covid ex ; le gouvernement pléthorique avec plein de nouveaux collaborateurs dans les ministeres Les dorures de l'Elysee quand on déclare ne plus pouvoir entretenir les nationales!!:
toutes ces commissions bidons antidémocratiques pour cacher les erreurs
etc
Réponse de le 04/12/2020 à 17:35 :
Réponse à Brehat : donc, vous faites partie de ces personnes qui sont encore et toujours persuadées que Macron et sa clique de séides veulent votre bonheur et celui des français et défendent la démocratie ? La chute va être rude pour vous.
Réponse de le 04/12/2020 à 19:12 :
@Reponse de Bréhat
Ce gouvernement prends beaucoup de liberté en jouant avec celle des citoyens Français. Depuis le début de la crise, je n'ai pas vu l'ombre d'une décision démocratique. Tout est asséné d'en Haut, de manière autocratique sans contrôle parlementaire.
Même pour une période difficile, je ne conçois pas une gouvernance autant anti démocratique.
Sur le fond, cela remet en cause le fonctionnement des institutions, donc la V ème République. Ce problème n'est d'ailleurs pas nouveau. C'est la continuité du "coup d'État permanent".
a écrit le 04/12/2020 à 11:51 :
Attention, attention, les vieux de la veille sont de retour.
La clique des abonnés aux jetons de présence et aux pantouflages divers sont convoqués pour nous faire une politique de projeeeeeet soit : privatisation de tout ce qui est possible et paiement par les plus pauvres de la dette, baisse des droits sociaux, chômage, retraite, sécurité sociale etc.....
Et, enfin, pour couronner le tout, aide aux entreprises notamment celle sur le web puisqu'elles ne paient qu'un impôt de misère, ce qui fait qu'elles sont rentables, elles.
Réponse de le 04/12/2020 à 16:13 :
Tout à fait d'accord camarade! On sait déjà ce qui va sortir de cette énième commission Théodule composée de vieux chevaux de retour de la droite, de grands patrons et d'"experts" soi-disant neutres, sans oublier l'ex-ministre soi-disant de gauche pour faire croire à l'équilibre de ce funeste aréopage...
D'autant que le tabou de l'impôt leur est déjà opposé, des fois qu'un bolchevique se soit glissé par inadvertance parmi eux...
a écrit le 04/12/2020 à 11:50 :
Oui il etait temps, les couacs il en coute

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :