Face à la récession, relancer vite... mais pas quoi qu'il en coûte

 |   |  2643  mots
(Crédits : POOL)
Pour la première fois, Emmanuel Macron s'exprimera devant les Français un 14 juillet, jour de la fête nationale. Il avait pourtant décidé d'abandonner l'exercice en arrivant à l'Élysée, mais le coronavirus et le scrutin des municipales ont accentué la défiance envers l'exécutif. Dès la rentrée, après avoir opté pour un soutien massif aux entreprises et aux ménages, le chef de l'État devra présenter en septembre une stratégie ambitieuse pour empêcher l'économie de sombrer dans une spirale récessive.

Quelle stratégie de relance adopter alors que l'économie est exsangue ? Quelle politique économique impulser alors que des secteurs entiers traversent une grave tempête ?

« Notre première priorité est d'abord de reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire. »

Après plus de deux mois de confinement, le président de la République Emmanuel Macron a esquissé ses ambitions pour la dernière partie du quinquennat lors d'une adresse aux Français le 14 juin dernier alors que le pays s'enfonce dans la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

L'onde de choc du coronavirus a plongé l'économie française dans une torpeur soudaine. En seulement quelques jours, des milliers d'entreprises ont dû stopper leur activité et des millions de salariés ont basculé dans le chômage partiel. Rapidement, le chef de l'État a sonné la mobilisation.

« "Quoiqu'il en coûte" » : tel était l'engagement que j'avais pris devant vous dès le mois de mars. Chômage partiel, prêts aux entreprises, accompagnement des commerçants, des indépendants, soutien des plus précaires [...] Au total, nous avons mobilisé près de 500 milliards d'euros pour notre économie, pour les travailleurs, pour les entrepreneurs, mais aussi pour les plus précaires. »

Après avoir défendu un programme d'économies et de réduction des dépenses, Emmanuel Macron ne compte plus les milliards pour éteindre l'incendie. Cette doctrine du « quoi qu'il en coûte » a rapidement réveillé les souvenirs d'une relance de type keynésienne avec un endettement faramineux de l'État pour faire repartir les moteurs de l'économie. Ce retour en force de la puissance publique pourrait rapidement laisser place à une autre stratégie.

« Ces dépenses se justifiaient et se justifient en raison des circonstances exceptionnelles. Mais elles viennent s'ajouter à notre dette déjà existante », a d'ailleurs rappelé Emmanuel Macron.

Travailler et produire davantage

Les premières orientations dessinées par le chef de l'État sont en réalité loin d'annoncer un tournant.

« La seule réponse est de bâtir un modèle économique durable, plus fort, de travailler et de produire davantage pour ne pas dépendre des autres. Et cela, nous devons le faire, alors même que notre pays va connaître des faillites et des plans sociaux multiples en raison de l'arrêt de l'économie mondiale », a expliqué le président.

Certains observateurs n'ont pas manqué de rappeler le mantra politique de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus ».

Les premières mesures de soutien pour préserver la demande devraient laisser la place à une politique de l'offre assez classique. Emmanuel Macron a d'ailleurs relancé l'idée du « pacte productif », mis sur pause au printemps. Ce programme largement défendu par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, comportait un volet sur la baisse de la fiscalité de la production réclamé par certains milieux patronaux.

Avant tout, répondre à l'urgence

Lors d'une audition au Sénat au mois de juin, le ministre de l'Économie a détaillé la stratégie de l'exécutif en trois temps, avec les premières mesures d'urgence, le plan...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/07/2020 à 11:46 :
En période de crise, relancer l'économie en favorisant l'embauche de jeunes inexpérimentés est d'une absurdité totale : Devant être encadrés et formés, ils font perdre beaucoup de temps à leurs collègues. Ils font aussi perdent beaucoup de temps et d'argent à l'entreprise quand ils font des erreurs. Les erreurs qu'ils commettent peuvent faire perdre des clients et des parts de marché. Pour relancer la machine, il faut du personnel qui sait comment elle marche et comment l'améliorer. Ces dernières décennies, on a préféré baisser les salaires au lieu d'augmenter la productivité par l'investissement. Le résultat est une carence en compétences pour s'adapter au monde de demain, sans parler de la perte de l'image Haut-de-gamme de notre main d'oeuvre.
a écrit le 15/07/2020 à 7:15 :
un peu de courage pour rétablir l'industrie en France
c'est simple il suffit d' aligner les charges salariales sur la moyenne de l'Europe
et de réduire le nombre de fonctionnaire.
mais la comme se sont eux qui dirige le pays
et qu'il ont tout parasité
avec l'aide des pastèque ( écolos)
a écrit le 14/07/2020 à 14:35 :
Je déteste la France !
A cause de vous avec votre RGPD d'énarques je dois cliquer sur tous les sites pour accepter les cookies et comme je les efface pour pas être reniflé comme font les chiens dans la rue entre eux (c'est pas bien didier de renifler le cull des gens) je dois recommencer à chaque fois !
Ca sert à rien en plus car techniquement vous les européens etes completement largués et ça n'empeche personne de collecter nos données sans notre consentement !

Resultat c'est juste "annoying" for us users !!
Réponse de le 15/07/2020 à 10:26 :
La Rgpd est une décision européenne et non d un pays ... Les européens sont libres de s organiser comme ils le veulent... ils aurait du mettre les serveurs chez eux au lieu de dépendre des usa et chinois ....si ça vous plait pas go home!
a écrit le 14/07/2020 à 12:28 :
Moi j'ai mon bak, le Bakounine !

L'énarchie dans la colle...
a écrit le 14/07/2020 à 12:03 :
Rendre obligatoire le masque dans les lieux clos , c'est très certainement condamner des secteurs de notre économie qui résistent encore. Restaurants , boites de nuit , piscines
théâtres etc....Faut-il prendre ce risque ?
a écrit le 14/07/2020 à 11:22 :
On se demande ce qu'il aurait fait "de bien", s'il n'y avait eu le "covid" pour lui faire gagner du temps dans son poste!
a écrit le 14/07/2020 à 11:06 :
Micron c'est big brother. Reagissez tant qu'il est temps.
a écrit le 14/07/2020 à 9:38 :
"Il avait pourtant décidé d'abandonner l'exercice en arrivant à l'Élysée"

Oui mais on est habitué, il y a tellement de truc qu'il a dit qu'il ferait ou pas faisant rien ou l'inverse à la place qu'il peut bien raconter ce qu'il veut maintenant, nous le voyons parfaitement et il va du coup rester encore deux ans sous nos yeux alors que nous comprenons parfaitement ses agissements.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :