Cazeneuve, Le Drian et Royal soupçonnés d'irrégularités budgétaires

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Jean-Yves le Drian et Bernard Cazeneuve sur la base militaire de N'Djamena (Tchad) en décembre 2016.
Jean-Yves le Drian et Bernard Cazeneuve sur la base militaire de N'Djamena (Tchad) en décembre 2016. (Crédits : Reuters)
La Cour des comptes enquête sur une "gestion de fait", qui ne remettrait pas en question "l'intégrité des personnes concernées".

La Cour des comptes tiendra une audience publique le 20 février après avoir été saisie à propos d'"irrégularités" concernant environ 300 millions d'euros de crédits budgétaires de la part des ministres Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian et Ségolène Royal, selon le Canard enchaîné qui paraît ce mercredi.

Dans un communiqué, la Cour des comptes a "déploré" la publication de cet article "contenant des inexactitudes". Elle affirme avoir été saisie par le Procureur général près la Cour des comptes "au terme d'une enquête menée sur certaines pratiques budgétaires en 2014 et 2015", pour des faits constitutifs d'une "gestion de fait", soit "le maniement des deniers publics par une personne qui n'est pas un comptable public", a-t-elle expliqué.

Deux affaires distinctes

Les faits remontent à l'époque où Bernard Cazeneuve, aujourd'hui Premier ministre, était secrétaire d'Etat au Budget, Jean-Yves le Drian était à la Défense et Ségolène Royal à l'Environnement. Il s'agit de deux affaires différentes: "l'une porte sur des financements relatifs à l'enveloppe spéciale transition énergétique confiée à la Caisse des dépôts et consignations, l'autre concerne une enveloppe confiée au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir (PIA)", a expliqué la Cour des comptes.

Selon elle, "cette saisine ne met pas en cause l'intégrité personnelle des personnes concernées". Elle tiendra une audience publique le 20 février prochain pour statuer sur les suites à donner "à ces réquisitoires", a-t-elle précisé.

"Bonneteau budgétaire"

Le Canard enchaîné a écrit que la Cour des comptes devrait décider lors de son audience si les ministres doivent être renvoyés devant la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), une juridiction administrative qui lui est associée, pour y être jugés. Cependant, la Cour des comptes a démenti cette affirmation, précisant dans son communiqué que la CDBF est une "juridiction financière devant laquelle les ministres ne peuvent pas être déférés".

Les trois ministres sont soupçonnés d'avoir "utilisé des fonds publics hors du contrôle d'un comptable public, seul habilité à manier l'argent de l'Etat", selon le journal. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian "aurait puisé dans le programme d'investissements d'avenir (...) pour boucler son budget 2013", a indiqué le journal.

Il aurait demandé à l'administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), dans une instruction datée du 9 janvier 2014 aussi signée par Bernard Cazeneuve, "de se livrer à un petit bonneteau budgétaire", écrit-il.

Les ministres auraient attribué au CEA 1,3 milliard d'euros provenant du PIA, et le CEA aurait ensuite remboursé 212 millions d'euros au ministère de la Défense qui ont été affectés "à la force de dissuasion nucléaire".

Ségolène Royal et la transition énergétique

De son côté, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal "est accusée d'avoir pris, en 2014, quelques libertés dans la gestion d'une enveloppe de 1,5 milliard allouée au financement de mesures de transition énergétiques". Le litige porte sur 80 millions d'euros.

Mme Royal "n'est accusée d'aucune malhonnêteté, mais d'irrégularités dans l'usage des fonds", précise le journal.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 25/01/2017 à 16:28 :
apres le depute de haute corse condamne a3 ansde prson ferme a qui le tour?
il y a en cemoment bcp bcp de detournements rt bcp 'd'irregalites 'dans de grosses enveloppes d'argent
n'ya t il pas vraiment de contoles sur ces sujets ?l faut interdire que des proces soient das qoi disant assistants des deputes.
a écrit le 25/01/2017 à 13:05 :
Notre oligarchie joue avec les budgets annexes et les recettes affectées. Où est donc passé le principe républicain d'unicité du budget de l'Etat? Vivement le prochain coup de balai sur les parlementaires et petits arrangements entre amis!
a écrit le 25/01/2017 à 12:53 :
La baffe de Valls est une bien maigre consolation.Il est grand temps de prendre tous ces mafieux de tous ces partis politique et les mettre devant un mur.
a écrit le 25/01/2017 à 12:43 :
Comme nous sommes en France et que les copains et les copines ne font rien. Il y aura aucunes suites judiciaires, pénales ou financières. Encore moins une interdiction à vie d'exercer une activité de ministre ou d'élu. Bref dans la France de l'égalité et de la fraternité les sanctions ne sont que pour le peuple. A l’exception de quelques cas, les élus décident de jamais se sanctionner. Vous avez dit justice sociale. Et dire qu'ils sont surpris que les français et les françaises ne votent plus.
a écrit le 25/01/2017 à 11:09 :
Alors que les politiciens pourraient bénéficier de généreux budgets s'ils s'opposaient aux riches du pays ils préfèrent leur obéir tout en usant des pires mesquineries comptables.

L'empire des faibles.

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