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ÉconomieFrance

Ces restes à charge qui pèsent sur les malades du cancer

Photo de Jean-Yves Paillé

Jean-Yves Paillé

Publié le 25 octobre 2016 à 15:40 - Mis à jour le 25 octobre 2016 à 15:54

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Dans une étude, le Collectif interassociatif sur la santé détaille les dépenses non prises en charge par la sécurité sociale pour les affections de longue durée, et donc lourdes pour le portefeuille des patients. Avec 871 euros par an, le cancer du sein fait partie des pathologies chroniques qui coûtent le plus cher.

L'idée que les coûts afférents aux maladies chroniques sont pris en charge à 100% en France est une image d'Epinal. Celle-ci est battue en brèche par une étude menée par le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), 60 millions de consommateurs et le cabinet Cemka Eval, publiée mardi 25 octobre. Dans un rapport, ces derniers ont calculé que le reste à charge (hors prise en charge par la sécurité sociale et les mutuelles) des personnes atteintes d'un diabète, d'un cancer, du VIH, ou encore d'une insuffisance rénale chronique, atteignait en moyenne 752 euros par an. En somme, les dépenses totales de santé des Français touchés par une Affection de longue durée (ALD) sont prises en charge à 88%. Et 10% d'entre eux paient de leur poche 1.700 euros par an en moyenne. Pour une minorité, cela peut même atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros dans les cas les plus extrêmes.

Car si le dispositif de prise en charge à 100 % de la sécurité sociale est une réalité pour les traitements contre les maladies, des frais substantiels existent. "Le reste à charge dépend des profils de prise en charge des maladies, le traitement ambulatoire par exemple suppose des installations à domicile souvent pas prises en charge", explique à La Tribune Christian Saout, secrétaire général délégué du Ciss.

Des montants de reste à charge élevés pour les cancers

L'étude détaille le cas de personnes diabétiques, ayant contracté le VIH, ou celles touchées par un cancer du sein. Cette maladie qui touche plus de 50.000 nouvelles personnes chaque année (dont 1% d'hommes), implique souvent des restes à charge particulièrement élevés, déplore Christian Saout.

Ainsi, pour les personnes touchées par un cancer du sein, le reste à charge moyen atteint les 16,3%, soit 871 euros sur 5.335 euros de dépenses totales annuelles (montant moyen calculé pour 3.397 femmes touchées par la pathologie en 2013), selon l'étude.

"Des journées d'hospitalisation ne sont pas prises en charge, des forfaits ne sont pas remboursés. En outre, il faut compter les effets secondaires, et les traitements ad hoc qui ne sont pas remboursés à 100% eux non plus", souligne Christian Saout.

Et plus la maladie dure, plus ces restes à charge sont importants, en raison "de la multiplication des événements", rappelle ce dernier.

Dépassements d'honoraires, protection solaire après chimiothérapie...

Dans le rapport est évoqué en détail le cas d'une patiente lambda touchée par le cancer. Cette dernière peut faire face à un reste à charge dû aux dépassements d'honoraires des professionnels de santé au cours des examens ou lors des consultations. Des dépassements d'honoraires auxquels elle peut à nouveau faire face lors de son séjour hospitalier et suite aux opérations chirurgicales.

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Et si elle a subi une ablation du sein, la patiente doit investir dans manchon pour éviter un  lymphœdème du bras suite à curage auxiliaire pour un coût annuel de 50 euros par manchon. La patiente peut également recourir à une prothèse mammaire pour laquelle, selon une étude de la Ligue contre le cancer en 2014, il faut compter 1.391 euros de reste à charge. Néanmoins, suite à un arrêté publié en mai 2016, sous la pression des associations, on s'oriente vers une prise en charge quasi-totale de celle-ci Il faut également compter 50 euros de reste à charge à l'unité par soutien-gorge adapté à ce type de prothèse.

Par ailleurs, il faut également compter potentiellement des frais de protection solaire pour une peau fragilisée après la chimiothérapie (100 euros), ou  encore l'achat d'une brosse à dent chirurgicale (40 euros) , ou de vêtements de cotons pour passer des radiothérapies (100 euros). Christian Saout évoque également d'autres "éléments utiles et nécessaires comme les perruques ou postiches souvent mal remboursés par les complémentaires".

Que se passe-t-il lorsque ces restes à charge ne peuvent être payés ?

Que se passe-t-il si ces restes à charge ne peuvent être payé par le patient ? "Les Caisses d'assurance maladie peuvent le prendre au titre de l'action sociale. Mais c'est faire de la charité, on n'est plus dans le système de solidarité. Par ailleurs, ces crédits ont été fortement mobilisés pour favoriser l'accès aux complémentaires.. Ainsi, des familles s'endettent."

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Dans ce cas, reste la solidarité des proches. A ce sujet, la Ligue contre le cancer évoquait en juin les dépenses non couvertes des aidants suivant des proches atteints de la maladie: 56% des personnes sondées évoquaient des dépenses supplémentaires, 10% y consacraient plus de 200 euros par mois.

Jean-Yves Paillé

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