Cancer : comment réduire les inégalités dans les régions ?

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Le cancer tue 150.000 personnes par an en France.
Le cancer tue 150.000 personnes par an en France. (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
Mise en place d'équipes mobiles spécialisées dans l'oncologie, amélioration de l'accès à l’information sur le cancer... Au terme de plusieurs mois de débats menés dans huit régions entre professionnels de santé, patients et élus, plusieurs propositions ont été formulées pour améliorer la prise en charge de la maladie et réduire les inégalités.

Pendant plusieurs mois, une série de débats et de consultations sur la prise en charge du cancer ont été lancées dans huit régions par le laboratoire pharmaceutique Bristol-Myers Squibb et plusieurs associations de santé notamment (le Collectif interassociatif sur la santé, la Ligue contre le cancer...). A l'issue de ces débats entre patients, professionnels de santé et élus, notamment, pour améliorer la prise en charge du cancer en France, une trentaine de propositions ont été publiées dans un livre blanc. Elles portent sur le financement des innovations thérapeutiques, la coordination des soins des malades entre l'hôpital et la ville. Mais également sur une question moins médiatisée: les inégalités territoriales, souvent liées aux inégalités sociales.

Dans ce livre blanc dévoilé mardi 27 septembre, les contributeurs proposent notamment de "favoriser l'égalité d'accès des soins grâce à la mise en place d'équipes mobiles spécialisées en cancérologie". Ainsi, cela permettrait "d'apporter un soin qualitatif à des patients n'étant pas suivis dans le service d'oncologie d'un grand hôpital régional".

Avant l'arrivée de la nouvelle carte des régions, toutes les régions n'avaient pas leur propre centre de lutte contre le cancer (il en existe une vingtaine). La région Centre en était privée, ou encore le Limousin.

Craintes concernant l'accès aux nouveaux médicaments

La question de l'accès aux soins innovants (immunothérapie, médecine personnalisée...) est également posée dans le livre blanc. Le groupe de travail propose "la mise en place d'un observatoire permettant l'identification d'éventuels problèmes d'accès et de leurs causes" dans les différentes régions.

Des raisons "multidimensionnelles" ou qui peuvent être liées au mode de financement, précise le livre blanc. Il faut rappeler que certaines molécules anticancéreuses, n'étant plus remboursées par l'Assurance maladie, l'accès peut être garanti dans certains hôpitaux quand d'autres peuvent faire l'impasse..

Développer les espaces de rencontre et d'information sur le cancer

Autre source d'inégalités: l'accès à l'information.

"Si l'on veut que le patient soit acteur de sa santé, il faut que l'information donnée à ce dernier le soit dans de bonnes conditions et en transparence. Si ce n'est pas le cas, il s'oriente sur des réseaux, des sites, avec une information qui n'est pas vérifiée", explique Danièle Desclerc-Dulmac, présidente du Collectif interassociatif sur la santé pour le Centre-Val de Loire.

Ainsi, le livre blanc préconise de  développer les espaces de rencontre et d'information (ERI). Ces lieux permettent aux patients d'avoir des accès à l'information sur le cancer, un accompagnement et une écoute. Or, la Ligue contre le cancer en recense une trentaine. Ce qui signifie que de nombreux départements en sont privés, notamment dans la région Nord-Pas-De-Calais Picardie.

En outre, selon Danièle Desclerc-Dulmac, l'annonce d'un diagnostic par un médecin n'est pas suffisant pour comprendre la maladie et mieux l'affronter:

"On est en sidération, pas en capacité d'entendre l'ensemble des informations à retenir sur la pathologie, sur les aidants et les dispositions qui doivent être prises."

Plan cancer : 1,5 milliard d'euros pour réduire les inégalités

Les propositions de ce livre blanc ont vocation à compléter celles portées par le troisième plan contre le cancer (2014-2019), présenté il y a deux ans, explique Daniel Rougé, ancien doyen de la faculté de médecine de Toulouse. Ce plan jouit d'un investissement de 1,5 milliard d'euros pour tenir ses objectif en vue d'une réduction des inégalités sociales et territoriales dans la lutte contre le cancer, une maladie qui coûte 17 milliards d'euros par an à la France, selon la revue The Lancet, et qui y tue autour de 150.000 personnes par an.

Pour réduire les inégalités territoriales, le plan cancer promet d'étendre le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus à travers tout le territoire. Il espère également améliorer la couverture territoriale pour que les plus jeunes et les personnes âgées bénéficient d'un meilleur traitement personnalisé.

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Commentaires
a écrit le 30/09/2016 à 8:38 :
Je connais une femme de 44 ans, mère de 6 enfants, qui est atteinte d'un cancer bien avancé, après de nombreuses recherches il se trouve qu'il y a dans une ville du sud du pays, à 500 kms, une autre forme de traitement contre le cancer en phase de recherches mais qui donne de très bons résultats bien entendu non pris en charge par la sécu, le prix: 1000 euros par séance. Plus les frais de déplacements il lui est impossible financièrement d'assumer.

S'ils veulent résoudre ce cruel problème d'inégalités c'est pas avec deux trois mesurettes qu'ils vont y parvenir, c'est en bousculant les inégalités sociales flagrantes qui frappent notre système politique et économique.

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