Coronavirus : confinement jour 3, et déjà des premiers abus d'employeurs signalés
Bertille Ossey-Woisard, AFP

Plusieurs salariés d'Amazon France ont fait valoir leur droit de retrait.
Reuters
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Plusieurs salariés d'Amazon France ont fait valoir leur droit de retrait.
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Refuser le télétravail aux salariés, les forcer à aller sur leur poste de travail, imposer la prise de congés payés, ne pas fournir de protection... Les syndicats alertent de premiers abus de la part d'entreprises, au troisième du jour du confinement.
Il donne l'exemple d'une fonderie qui impose à ses 200 salariés de venir sur leur lieu de travail car "il n'y a pas de virus avéré". Ou de cette entreprise de recyclage dans la même région, qui demande à ses 260 salariés "de poursuivre leur activité dans des espaces confinés et sans masque, comme si de rien n'était".
Dernier exemple: cet employeur dans la métallurgie "qui ne met pas en place de mesure sanitaire en expliquant aux salariés 'qu'aucun employé n'a été infecté par le virus'".
Pour guider les salariés, les syndicats ont mis en place des lignes d'appel; des mémentos et/ou des foires aux questions sur leurs sites internet, faisant le point sur la garde d'enfant, le télétravail, le droit de retrait ou le chômage partiel.
Pour l'heure, deux situations distinctes remontent de la part des salariés, selon les syndicats.
D'une part, dans les secteurs jugés essentiels et où le télétravail est impossible, il y a "des problèmes d'approvisionnement des équipements de sécurité, les gels, les masques, etc.", selon Mme Léon.
D'autre part, quand l'activité est jugée non essentielle, les "salariés ont peur d'aller travailler et ne comprennent pas pourquoi ils doivent le faire", ajoute-t-elle, citant le commerce non alimentaire, la logistique ou le site de vente en ligne Amazon, où là aussi les équipements ne sont pas au rendez-vous.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pascal, conducteur d'autocars "non désinfectés" en région grenobloise, en fait partie:
Sans enfants, il est "obligé" de travailler pour assurer un service minimum alors que des collègues avec enfants ont pu activer le dispositif garde d'enfant. "Il y a ceux qui vont au casse-pipe comme nous et ceux qui ont le droit d'être confinés", dit-il, amer.
Au-delà de la sécurité sur les lieux de travail, des pressions sont exercées pour contraindre les salariés à aller travailler. "Des employeurs forcent les salariés, faisant planer le licenciement", assure Michel Beaugas, de Force ouvrière. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a directement accusé "certains magasins Leclerc, qui mettent la pression sur les salariés pour qu'ils ne se mettent pas en arrêt pour s'occuper de leurs enfants".
Face à ces lacunes, certains exercent leur droit de retrait, comme à La Poste ou chez Amazon, un dispositif utilisé quand la situation de travail "présente un danger grave et imminent" pour la vie ou la santé du salarié.
Mais pour Michel Beaugas, ce doit être "un dernier recours. On est prudent, car c'est au juge de décider". En attendant, quand des salariés l'exercent, des entreprises "mettent la pression, menacent de prélever sur les salaires", ce qui est illégal, ajoute Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.
Autre cas d'abus: "beaucoup de pression d'employeurs qui demandent de poser des congés alors que ce n'est pas légal d'imposer la prise et définir les dates. Ce qui est légal, c'est décaler des dates, or ce n'est pas le cas", dit Mme Léon.
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Et enfin des employeurs demandent à leurs salariés en chômage partiel ou en garde d'enfant de continuer de travailler: "C'est totalement illégal et ça va être lourdement sanctionné [...]. Le salarié a le droit de dire non et il a la loi avec lui", a prévenu la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, jeudi sur LCI.
Bertille Ossey-Woisard, AFP
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