Cyclone à Mayotte : un bilan final sera « très difficile » à établir
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Avec des rafales observées à plus de 220 km/h, le cyclone Chido est le plus intense à frapper Mayotte depuis plus de 90 ans, selon Météo France.
Reuters
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Avec des rafales observées à plus de 220 km/h, le cyclone Chido est le plus intense à frapper Mayotte depuis plus de 90 ans, selon Météo France.
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[Article publié le dimanche 15 décembre 2024 à 10h35 et mis à jour le lundi 16 décembre à 09h27] Réveil toujours aussi difficile à Mayotte ce lundi. Le 101 département français recensait les victimes et les terribles dégâts semés la veille par le cyclone Chido. Dans ce contexte, Emmanuel Macron présidera une réunion à Mayotte au centre interministériel de crise du ministère de l'Intérieur lundi à 18 heures, a indiqué l'Elysée. Les ministres démissionnaires de l'Intérieur et des Outre-mer, Bruno Retailleau et François-Noël Buffet, sont attendus lundi en fin de matinée dans le département le plus pauvre de France, où les autorités redoutent « plusieurs centaines » de morts. Mais un bilan final sera « très difficile » à établir car la tradition musulmane, vivace à Mayotte, veut que les défunts soient enterrés « dans les 24 heures », a expliqué dimanche le préfet François-Xavier Bieuville.
En outre, la population clandestine du territoire dépasse les 100.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur - sur quelque 320.000 habitants officiellement dénombrés -, rendant improbable un décompte des morts exhaustif.
Avec des rafales observées à plus de 220 km/h, Chido est le plus intense cyclone à frapper Mayotte depuis plus de 90 ans, selon Météo France. Des vents d'une extrême violence ont ravagé l'archipel avec des poteaux électriques à terre, des arbres déracinés et des toits ou cloisons en tôle envolés dans un territoire où l'habitat précaire concerne au moins un tiers de la population.
Un pont aérien et maritime a été organisé depuis l'île de La Réunion, territoire français distant de 1.400 km à vol d'oiseau, pour envoyer du matériel et des personnels médicaux et de secours. Un total de 800 personnels de la sécurité civile sont envoyés en renfort, avec un hôpital de campagne et du matériel de transmission par satellite.
Mais la situation du système de soins à Mayotte ce lundi est « très dégradée avec un hôpital très endommagé et des centres médicaux également qui sont inopérants », a déclaré lundi la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq.
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La contribution à l'effort ministériel des Armées est extrêmement significative, a assuré Jean Marc Giraud, commandant général des forces armées dans la zone sud-ouest Océan Indien. « Nous pouvons acheminer les besoins essentiels (...) mais également participer à la remise en service des fonctions de l'Etat » via le point d'appui stratégique de la Réunion, a-t-il précisé.
Les secouristes s'attendent à trouver de nombreuses victimes dans les décombres des bidonvilles très peuplés, notamment dans les hauteurs de Mamoudzou, a dit le maire de la ville Ambdilwahedou Soumaila. Des équipes « ont commencé à oeuvrer pour libérer les accès dans les zones reculées », où « nous espérons encore trouver des survivants », a ajouté l'édile, après avoir reçu « beaucoup d'appels au secours ».
De nombreux sinistrés ont rejoint dimanche les centres d'hébergement, a rapporté Salama Ramia, sénatrice de Mayotte.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que l'UE était prête à aider la France « dans les jours à venir ».
La situation laisse présager de sévères difficultés d'approvisionnement en eau dans un archipel déjà soumis à des coupures. À Kawéni, un quartier situé sur la commune de la « capitale » mahoraise Mamoudzou, « tout a été emporté, tout a été rasé », s'est désolée samedi auprès de l'AFP Mounira, une habitante du plus grand bidonville français, dont la maison a été détruite.
Plus de 15.000 foyers ont été privés d'électricité, d'après la ministre de la Transition écologique démissionnaire Agnès Pannier-Runacher. Les appels téléphoniques, y compris d'urgence, ont été drastiquement limités. Fermé jusqu'à nouvel ordre aux vols commerciaux, l'aéroport, où des rafales ont atteint 226 km/h selon Météo-France, a subi de gros dégâts, notamment dans sa tour de contrôle.
Selon les explications à l'AFP de François Gourand, prévisionniste à Météo-France, le cyclone Chido est « exceptionnel », car il a directement frappé l'archipel, tandis que sa puissance a été dopée par des eaux particulièrement chaudes dans l'océan Indien liées au changement climatique.
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Le niveau d'alerte a été abaissé de violet à rouge dans la journée de samedi pour laisser sortir les secours, mais le préfet a appelé les quelque 320.000 habitants de Mayotte à rester « confinés » et « solidaires » dans « cette épreuve ».
(Avec AFP)
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