La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) engage des discussions avec les assureurs pour établir une cartographie de leur présence dans les zones à risque, notamment pour les inondations ou la sécheresse qui finissent par lézarder les maisons. Un premier rapport annuel est attendu au printemps prochain.C'est devenu le quotidien des Français. L'Ardèche, la Lozère et les Alpes-Maritimes ont été frappées par des pluies exceptionnelles, des inondations et des crues. Il y a peu encore, c'étaient des villes inondées en Seine-et-Marne et en Eure-Loir dans le sillage de la dépression Kirk. Si plus aucune région de France ne semble désormais épargnée par les sinistres climatiques, certaines régions sont plus touchées que d'autres. C'est pourquoi la « mission Langreney », mandatée par deux ministres du gouvernement précédent, Bruno Le Maire et Christophe Béchu, a rendu au printemps dernier ses recommandations pour préserver « l'assurabilité » de tous dans tous les territoires. En clair, pour éviter que les assureurs ne désertent les zones les plus à risque.
« Nous commençons à voir des signes de sélection (de la part des assureurs, NDLR) dans des zones tendues, plutôt sur les inondations », reconnaît Edouard Vieillefond, directeur général de CCR, le réassureur public du régime de couverture « cat nat » (catastrophes naturelles), en marge du lancement des négociations avec les assureurs pour la mise en œuvre d'une double cartographie des risques et des couvertures de ces risques.
La création de cet observatoire de l'assurabilité est la deuxième traduction concrète du rapport Langreney, après la décision prise par le gouvernement, par anticipation, l'hiver dernier d'augmenter la surprime « cat nat » de 12% à 20% sur les contrats d'assurance multirisque habitation (MRH) à partir du 1er janvier 2025. Les autres recommandations sont pour l'instant gelées depuis la dissolution et la nomination d'un nouveau gouvernement.
Deux cartographies
Cet observatoire, qui se veut consensuel au sein de la profession, a la vocation de publier deux cartographies. La première, assez classique mais très détaillée, localise les risques (inondations, sécheresse, cyclones et tempêtes...), à la fois statique et dynamique, en croisant toutes les données disponibles. Il s'agit clairement d'identifier les zones de tension, qui doit être cohérente avec les cartographies que l'Etat sera amené à faire dans les prochaines années.