« Ces Jeux feront du bien à l'économie » (Bernard Lapasset, Paris 2024)

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Bernard Lapasset, coprésident du comité de candidature de Paris 2024.
Bernard Lapasset, coprésident du comité de candidature de Paris 2024. (Crédits : Philippe Millereau KMSP)
Quelques jours après la victoire de la Ville Lumière, Bernard Lapasset, coprésident du comité de candidature de Paris revient dans un entretien accordé à "La Tribune" sur les trois années écoulées. Il explique les raisons du succès de la candidature parisienne et détaille les enjeux à venir avant l'arrivée de la flamme dans la capitale française.

LA TRIBUNE - Quel est votre sentiment, trois ans après le début de cette bataille ?

BERNARD LAPASSET - Une immense satisfaction et une grande fierté. C'est l'aboutissement d'une aventure de presque quatre ans. Depuis les premiers pas du Comité français du sport international (CFSI) avec Denis Masseglia jusqu'à ce dernier discours [à Lima, Ndlr] je mesure le chemin parcouru. Cette aventure aura été riche en émotions du début à la fin. Beaucoup de souvenirs me reviennent, mais finalement ce qui me rend le plus fier, c'est d'avoir pu travailler avec tous les acteurs, d'avoir su convaincre et associer des élus, des chefs d'entreprise, des étudiants, des syndicats, des ONG et la jeunesse.

Quand est-ce que vous avez eu le sentiment que la victoire était en vue ?

Jusqu'au bout, on est resté focalisé sur le 13 septembre, parce qu'on ne voulait vraiment pas dévier de la trajectoire et revivre le traumatisme de 2005. Dans les faits, on a senti que, dès le printemps, les choses ont changé avec l'idée de la double attribution proposée par le Comité international olympique (CIO). En mai, lors de la visite de la commission d'évaluation puis lors des Journées olympiques, nous avons marqué les esprits et, au fond, je pense que l'on a fait une partie de la différence à ce moment-là. Puis, évidemment, Lausanne [en juillet] a été un moment décisif. C'est avec tous les membres fondateurs et Emmanuel Macron, le président de la République, que notre message s'est imposé comme le plus fort pour 2024.

Comment Paris a fait la différence face à Los Angeles ?

Il faudrait demander aux membres du CIO pour en avoir le cœur net. Quand on fera le bilan, on pourra se dire que l'équipe aura été irréprochable, que le projet était spectaculaire et que la vision que l'on a projetée a trouvé un écho favorable dans la famille olympique. Mais j'ai tendance à penser que c'est l'engagement que l'on a démontré qui aura été décisif. Dans quelques années, j'aimerais qu'on se souvienne de cette campagne comme d'un moment fondateur où tout ce que la France a de meilleur a pu travailler ensemble pour faire gagner le pays. C'était passionnant de l'envisager et de le réussir ainsi.

Le soutien politique, de François Hollande à Emmanuel Macron, a-t-il été déterminant ?

Si l'on a souvent dit que le mouvement sportif portait la candidature et que c'est bien lui qui définissait ce que nous étions, il serait faux de ne pas reconnaître l'impact du soutien politique. À travers celui des présidents François Hollande et Emmanuel Macron, c'est le soutien de toute la France que nous avons enregistré. Il en a été de même avec Anne Hidalgo et Valérie Pécresse qui auront réussi à co-construire ce projet, malgré des oppositions traditionnelles. Tous ces acteurs ont su soutenir le mouvement sportif et les athlètes.

Vous avez pris des engagements concernant le financement des Jeux à Paris. Êtes-vous sûr qu'il n'y aura pas de dérives financières ?

C'est plus qu'un engagement. Depuis le début de la candidature, nous avons voulu que ce projet soit raisonnable, qu'il évite les fausses promesses et qu'il ait du sens. Paris 2024 seront des Jeux qui limiteront les investissements aux seuls besoins des territoires, mais aussi des Jeux qui feront du bien à l'économie. Selon les estimations, ils créeront 250 000 emplois et auront un impact sur l'économie d'environ 11 milliards d'euros en Île-de-France. Ça compte et ce n'est qu'un début. Les Jeux de Paris 2024 seront les premiers à s'inscrire dans l'Agenda 2020 en inventant des Jeux d'une nouvelle ère, des Jeux spectaculaires mais durables.

Que devient le comité de candidature ?

Il va achever son existence dans quelques semaines, fin 2017. D'ici là, il faut acter la dissolution, accompagner les salariés vers leur prochain challenge et clôturer les comptes. Lesquels sont dans le vert après trois ans d'une campagne inédite. Puis, à partir de janvier 2018, nous créerons un Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques pour commencer le travail de planification avec le CIO. Ce sera le début d'une aventure de sept ans qui impliquera jusqu'à 5000 salariés et plus de 70 000 volontaires.

Comment comptez-vous faire vivre l'esprit des Jeux jusqu'en 2024 ?

Avec 95 % des sites existants ou temporaires, l'héritage sera au coeur de nos réflexions. Pendant sept ans nous voulons transformer le pays et la société en faisant du sport un levier de changement. Dans les années à venir, il faudra travailler pour remettre le sport au coeur de la société, pour revenir à la promesse originelle du CIO : rendre la société meilleure par le sport. Il faudra également utiliser au mieux ces années pour accélérer l'inclusion, changer les mentalités sur le handicap, accroître la pratique sportive et développer l'éducation par le sport.

Quand seront donnés les premiers coups de pioche de la piscine et du village olympique ?

Nous avons trois équipements à faire sortir de terre à l'occasion des Jeux : le centre aquatique, le village des médias et le village des athlètes. Ces investissements visent à répondre à des besoins des territoires et nous envisageons de débuter cela dès 2019 pour le village et le centre aquatique. Au préalable il faudra passer par plusieurs étapes réglementaires afin de proposer les meilleures options aux collectivités engagées sur le projet.

Propos recueillis par Fabien Piliu

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+ LA TRIBUNE HEBDO n°220 : "PARIS 2024,  de l'or olympique pour l'économie"
(version papier ou à télécharger en pdf)

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Commentaires
a écrit le 31/10/2017 à 17:19 :
Evidemment il ne va pas dire le contraire c'est son gagne-pain, mais historiquement, on sait que c'est totalement faux. Ceci dit, il vaudrait mieux renoncer maintenant à ce gigantesque gâchis, car il vaut mieux avoir des regrets que des remords. Les politiques s'amusent, et nous dégoutent toujours un peu plus.
a écrit le 10/10/2017 à 18:20 :
il ne peut pas tenir un autre discours c'est son fond de commerce ; il feront du bien à ceux qui en vivent mais couteront cher au plus grand nombre qui devront les financer
a écrit le 10/10/2017 à 15:00 :
Un article par jour à la gloire des JO.
C est lassant et inintéressant.
Quand au personnage. ....au secour
a écrit le 10/10/2017 à 12:20 :
Le genre d'article totalement inutile ! On se doute bien qu'en se regardant dans le miroir, il se trouve génial :-)
a écrit le 10/10/2017 à 11:41 :
Est-il possible de faire confiance aux incantations sur le bénéfice économique de la part d'une personne qui est, de par sa fonction, juge et partie ?
a écrit le 10/10/2017 à 9:39 :
Depuis que Godin est parti il vaut vraiment plus RIEN ce site...

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