Discours de Macron : soulagés, les restaurateurs d'Ile-de-France s'inquiètent déjà : la clientèle reviendra-t-elle ?

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(Crédits : Christian Hartmann)
Cette réouverture, qui intervient un peu plus tôt qu'anticipé, était espérée par les restaurateurs d'Ile-de-France, dont les établissements étaient fermés depuis près de trois mois en raison de la crise sanitaire. Mais les professionnels non seulement sont préoccupés par le maintien des mesures de distanciation sociales qui réduisent d'au moins 50% la capacité de leurs établissements, mais "ils savent très bien qu'ils ne vont pas retrouver aussi vite leur clientèle, notamment étrangère".

Les restaurateurs d'Ile-de-France étaient soulagés dimanche soir du feu vert annoncé par Emmanuel Macron à une réouverture anticipée de leurs établissements après trois mois de fermeture pour cause de crise sanitaire, mais ils restent inquiets sur la reprise.

"Cela va être une fête", s'est réjoui Stéphane Manigold, restaurateur parisien. "On a envie. On attendait le discours du président de la République. Les équipes sont là. Elles ont envie de travailler".

Mais ce patron qui dirige quatre établissements (La Maison Rostang, Substance, Contraste et Le Bistrot d'à côté Flaubert) a regretté que l'annonce intervienne le dimanche soir pour le lundi alors qu'il aurait eu besoin d'être prévenu à l'avance.

"Pour nous, demain, ce n'est pas possible d'ouvrir. Au mieux on ouvre mercredi deux établissements et tous les autres la semaine prochaine", a-t-il dit. "Un jour peut-être les politiques comprendront qu'un restaurant ça ne se rouvre pas du jour au lendemain. On aurait pu éviter cette brutalité."

Pour Gabin Jarry, patron de la pizzeria Rivoluzione à Paris, qui témoignait sur TF1, pouvoir rouvrir demain "c'est réjouissant mais on n'est pas encore tiré d'affaire": "il ne faut pas oublier qu'on conserve la distanciation d'un mètre qui réduit notre capacité d'accueil et automatiquement qui réduit notre chiffre d'affaires. Et nous, on conserve les mêmes loyers" à payer.

"Dès demain, tout le territoire, à l'exception de Mayotte et de la Guyane où le virus circule encore activement, (...) passera dans (...) la zone verte, ce qui permettra notamment une reprise plus forte du travail et la réouverture des cafés et restaurants en Ile-de-France", a déclaré dimanche soir Emmanuel Macron, dans une allocution télévisée.

Cette réouverture, qui intervient un peu plus tôt qu'anticipé, était espérée par les restaurateurs d'Ile-de-France, dont les établissements étaient fermés depuis près de trois mois en raison de la crise sanitaire.

Mardi dernier, le secrétaire d'État en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, avait ouvert la porte à cet assouplissement, estimant que "le recul progressif du virus devrait permettre d'avancer de quelques jours la réouverture des restaurants dans leur ensemble".

"C'est un ouf de soulagement de pouvoir enfin reprendre le boulot sur toute la France", a confié à l'AFP Didier Chenet, président du syndicat patronal GNI (Groupement national des indépendants), mais il a réclamé la fin de la distanciation obligatoire d'un mètre entre chaque client.

La clientèle reste absente

"Le moral ne sera au beau fixe que le jour où on supprimera cette distanciation. Avec la distanciation d'un mètre, la reprise va se faire de façon très dégradée et dans des conditions économiques qui ne sont pas viables pour nos entreprises", a-t-il estimé.

Selon lui, cette mesure réduit au minimum de 50% la capacité des établissements.

Par ailleurs, "les restaurateurs savent très bien qu'ils ne vont pas retrouver aussi vite leur clientèle, notamment étrangère", a-t-il déploré. Selon lui, l'une des grosses difficultés est l'absence de clients au déjeuner en raison du chômage partiel et surtout du télétravail qui maintiennent de nombreux salariés à leur domicile.

Sur la base d'une enquête auprès des adhérents du GNI, il estime entre 20% et 25% la part des établissements qui vont disparaître dans les mois qui viennent, entre ceux qui ne rouvriront pas du tout leurs portes et ceux qui ne tiendront pas le choc.

Le 2 juin, les bars, cafés et restaurants dans les régions classées en zone "verte" avaient pu rouvrir, mais pas les établissements de Paris et de sa région maintenus en zone"orange" et qui avaient dû se contenter d'accueillir leurs clients uniquement en terrasse, en attendant la troisième phase du déconfinement prévue le 22 juin.

En région parisienne, seuls 55% des établissements avaient ainsi partiellement rouvert.

Le secteur, qui compte 168.000 restaurants et 38.800 bars ou cafés dans l'Hexagone, a été sévèrement mis à mal par le confinement instauré mi-mars.

A la date du 9 juin, un total de 8 milliards d'euros de Prêts garantis par l'Etat (PGE) avaient été accordés au secteur du tourisme, dont 6,42 milliards d'euros uniquement pour les hôtels, cafés et restaurants, selon les données du quai d'Orsay.

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Commentaires
a écrit le 16/06/2020 à 18:50 :
quand je vois des chefs qui transpirent la sueur qui tombe dans la bouffe des mains sans gants je suis septique sur l hygiene des restos. Je préfère manger chez moi.
a écrit le 15/06/2020 à 17:50 :
pour palier à la distanciation horizontale d'un mètre, surélevons une table sur 2 avec un écart de 70 cm entre chaque client, la distance en oblique ainsi obtenue entre les 2 clients sera de 99 cm, et le serveur aura moins se baisser
a écrit le 15/06/2020 à 16:41 :
On peut rappeler qu'avec le téletravail depuis 4 mois ,bon nombre de restaurant d'entreprise ont coulé.
a écrit le 15/06/2020 à 11:09 :
Une table sur deux , ce n'est pas rentable pour les restaurateurs. Idem pour le Cinéma.
Macron devrait libérer complètement le pays car dans le cas contraire, notre économie ne se relèvera pas. Louis XIV écoutait ses médecins qui lui conseillaient de pratiquer des saignées. A force d'écouter les médecins , qui ne sont même pas d'accord entre-eux, on va droit dans le mur.
De Gaule disait " Des chercheurs qui cherchent , on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en cherche ".
Réponse de le 15/06/2020 à 12:06 :
Aujourd'hui, même avec les distanciations sociales dans les restaurants, les salles ne se remplissent pas.
Donc, on peut garder ces distanciations, cela rassure les gens, donc ils reviendront...

Personnellement, je ne vais que dans les bars/restaurants ou les distanciations sont respectés, les bars/restaurants qui entassent les gens me font fuir. Idem pour les commerces, si le masque est obligatoire, j'y vais, pas de masque, je n'y vais plus.

Avant le Covid, j'allais tous les midis au resto et 2/3 fois par semaine le soir. Aujourd'hui, je suis en télétravail et je ne souhaite plus retourner 5 jours par semaine au bureau, donc 2 à 3 fois max par semaine, et le soir, je limite les restos, car j'ai pris l'habitude, de commander et de me faire livrer.
Les restaurateurs doivent se réinventer.
Aujourd'hui, ils ne peuvent compter que sur la clientèle locale.

Les restaurants qui avaient une clientèle de fidèle, un service de qualité, un coté commercant, vont s'en sortir et survivre. Tous les restaurants qui se comportaient mal avec leur client, ou qui ne privilégiaient que les touristes et le service "proche de zero", risquent de souffrir et de disparaitre.

Cette crise va peut être faire redescendre aussi les prix des loyers.

Ayant de la famille restaurateur, ils ont plutot bien supporté la crise, car situation financière saine, loyer raisonnable et modéré, mix clientèle habituel/business/touriste, et surtout un accueil chaleureux, et une cuisine faite maison...
Réponse de le 16/06/2020 à 0:54 :
A Paris et dans tous les lieux touristiques, les restaurateurs ont tendance a prendre les clients pour des gogos de passage. Un client pas content ? pas grave, il y a 10 touristes qui attendent dehors. Alors que certains restaurateurs s'échinent a cuisiner et a fidéliser leur clientèle, d'autres ne connaissent que le micro onde. Comme dans toute crise, les plus mauvais
vont devoir s"adapter ou disparaître.
a écrit le 15/06/2020 à 11:02 :
Une partie ne reviendra plus où que ce soit, il y a des gens traumatisés par la terreur infligée par les médias de masse aux citoyens concernant ce covid, nombreux sont persuadés de n'avoir qu'une chance sur deux de survivre aux... courses alimentaires et il est impossible de faire marche arrière si jamais les médias faisaient l'inverse ces gens penseraient à un piège pour se débarrasser d'eux.

Bravo la classe dirigeante, encore une fois bien joué...
a écrit le 15/06/2020 à 9:57 :
Sur la route de nombreuses années, j'ai "pratiqué " le restaurant de ville. Au fil des années, l'espace dédié aux clients s'est réduit, tellement, qu'une fois assis il était quasiment impossible de bouger, dans une ambiance bruyante, des fragrances douteuses et (un temps) un air enfumé.
Récemment, je suis allé au restaurant, distanciation oblige, la salle était parfaitement aérée, calme...un effet positif du covid19.

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