Ehpad : que faut-il changer pour une meilleure prise en charge des personnes âgées ? (1/3)
Emilie Guédé
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REGIS DUVIGNAU
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REGIS DUVIGNAU
La France va prendre un sacré coup de vieux dans les années à venir. À horizon 2050, l'Hexagone comptera 4,8 millions de plus de 85 ans, contre 2 millions aujourd'hui. Parmi les nombreux défis à relever, celui de l'habitat. Les Ehpad devront accueillir pas moins de 108 000 résidents de plus d'ici 2030, selon la Drees, le service statistique des ministères sociaux. Mais le scandale provoqué par le livre-enquête Les Fossoyeurs de Victor Castanet, a remis en question le fonctionnement de ces établissements. Et les Français aspirent de plus en plus à rester chez eux pour leurs vieux jours.
Pascal Champvert est président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) :
À 70 euros par jour, le tarif moyen peut paraître raisonnable pour une chambre, quatre repas et l'accompagnement des résidents, mais le coût mensuel de 2 000 euros dépasse largement la pension de retraite moyenne (1.400 euros).
Qu'elles soient publiques, privées, à but lucratif ou non, toutes les structures ont le même mode de financement. Le forfait relatif aux soins est versé par l'Assurance maladie via les agences régionales de santé (ARS), les départements assument en partie le volet dépendance et le restant revient aux résidents qui règlent également les frais d'hébergement.
Ilona Delouette, chercheuse à l'IMT Nord Europe et autrice d'une thèse sur le financement de la prise en charge de la dépendance, analyse :
Selon la Cour des comptes, la dépense publique consacrée aux soins et à la dépendance en Ehpad a bondi de 30% entre 2011 et 2019, atteignant 11,24 milliards d'euros. Pourtant, cette progression « n'a pas suffi à répondre aux besoins d'une population de plus en plus fragile », observent les sages de la rue Cambon relevant également le manque de soignants. La création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour la perte d'autonomie n'a pas amélioré le financement, et les nouvelles ressources (plus de 2 milliards d'euros par an) attendues dès 2024 ne couvriront pas l'ensemble des besoins.
Emilie Guédé