Énergie : l'État a absorbé la moitié du choc des coûts

Alors que le gouvernement vient d'annoncer un nouveau chèque de 100 euros pour les automobiles « gros rouleurs », la direction du Trésor, rattachée à Bercy, vient de publier une note dans laquelle elle estime la part que chacun - entre État, entreprises et ménages - a assumée pour faire face à la hausse des prix de l'énergie. Le résultat est sans appel : l’État a joué un puissance rôle d'amortisseur du choc. Il a pris en charge plus de la moitié de la facture.
Bruno Le Maire annonce prolonger le guichet énergie pour les PME en 2023.
Bruno Le Maire annonce prolonger le guichet énergie pour les PME en 2023. (Crédits : BENOIT TESSIER)

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie le répète à l'envi : l'État français a aidé massivement les Français à encaisser la flambée des coûts de l'énergie. Et ce n'est pas terminé, comme en témoigne l'annonce, hier, par la Première ministre d'un chèque de 100 euros, pour les foyers qui ont besoin de leur voiture pour leur activité.

La note publiée par la direction générale du Trésor, rattachée à Bercy, le démontre avec précision : les finances publiques ont pris en charge 52% de la perte de revenus réels des Français, du fait de la hausse des cours de l'électricité, du gaz, mais aussi du carburant.

Les entreprises ont, elles, supporté à hauteur de 42% ces pertes. Quant aux ménages, ils sont ceux qui s'en sortent le mieux, avec 6%.

Un choc énergétique violent

Il faut dire qu'au total, la facture de ce choc énergétique est salée : 85 milliards d'euros estimés, soit une perte qui aurait représenté, sans aides publiques, une perte de PIB d'au moins 3%, estime la direction du Trésor.

Mais le gouvernement français a choisi de jouer les pompiers, et les aides n'ont eu de cesse de se multiplier : bouclier tarifaire sur le gaz, mais aussi sur l'électricité, ristourne à la pompe, chèque fioul, etc. Au total, ce sont plus de 40 milliards d'euros sur les 85 milliards estimés, selon la direction du Trésor, qui ont été mis sur la table, ces derniers mois par Bercy. Sans ce soutien d'envergure, les entreprises auraient dû payer beaucoup plus, probablement 59% de la note, et pour les particuliers... l'addition aurait été de 37% environ.

Ces dispositifs ont permis de préserver l'outil de production ainsi que le pouvoir d'achat des ménages. Avec 6,2% d'inflation, la France est au plus bas niveau au regard des autres pays.

Ne pas faire payer l'addition aux générations futures

Il n'empêche, précise la note, ce système d'aides à grande échelle - qui peut s'apparenter à une forme de « quoi qu'il en coûte » - pose la question de son financement. En effet, cela revient « à faire peser le coût de cette facture énergétique sur les générations suivantes ».

« Si un lissage dans le temps est justifié vu l'ampleur du choc, la compensation ne peut être permanente », écrivent les experts du Trésor. Surtout avec des taux d'intérêts qui augmentent, la charge de la dette pour les jeunes ne saurait être négligée.

Certes, le gouvernement a prévu de réduire un peu ce soutien, en réduisant, l'an prochain, le bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité, ou même en stoppant fin décembre la remise à la pompe.

Mais, alors que l'hiver commence à se faire sentir, retirer toute aide semble impossible politiquement.  Preuve en est, Bruno Le Maire, ce jeudi, annonçait prolonger le guichet d'aides pour les PME et artisans qui consomment beaucoup d'énergie. Ce guichet devait prendre fin en décembre prochain, mais sera maintenu en 2023, selon le ministre de l'Économie.

Avec des prix qui continuent d'être très élevés, et alors que le climat social menace de se tendre avec l'annonce prochaine de la réforme des retraites, il y a un risque que ce ne soit pas la dernière annonce de ce type...

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Commentaires 8
à écrit le 09/12/2022 à 9:09
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Sur le principe que l'Etat c'est nous, nous sommes (énergétiquement) et nous serons (endettement) pénalisé par la gestion de ces 'irresponsables' issues des banques ! ;-)

à écrit le 09/12/2022 à 8:21
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Sur l'électricité, l'augmentation des prix est pour l'instant tout à fait artificielle. Le gaz intervient en France pour environ 10% de la production, et le prix du gaz représente lui-même qu'un petit pourcentage du coût de production électrique vi...

à écrit le 09/12/2022 à 7:44
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Et pendant ce temps la, la Russie vient de signer un mega contrat de livraison de gaz et de petrole avec a la cle la construction d'un pipe entre la Russie et le Pakistan. C'est la reponse au tarif de 60 $ imposes par l'eu. Beau travail, continuez ...

à écrit le 09/12/2022 à 6:30
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encore arrêtez M Lemaire avec ce mot Etat L'état est se.nomme le contribuable vous ne faites que distribuer, souvent avec une seule pensée le bulletin de vote , l'argent de nos impôts .Pour ce qui des économies je vous demande de revoir la tirelire...

à écrit le 08/12/2022 à 19:43
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Que l’état supprime la CMU, L’hébergement des immigrés, des aides sociales, des retraites au centenaires du magrehb

à écrit le 08/12/2022 à 19:27
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Bonjour,. Je remarque que s'est la gestion de l'état , du gouvernement actuel et passée qui a conduit au l'arrêt de 36 réacteurs nucléaires sur 52 en début de crise... Donc la situation énergétique au niveau électrique est de la faut de se gouverne...

le 08/12/2022 à 22:37
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Sans vouloir briser vos illusions sur le renouvelable : en hiver, le soleil et le vent sont plutôt rares. Même si nous n'étions pas en 'retard' vis à vis des élucubrations européennes, nous serions obligés de dépendre du gaz qui est le back up du sol...

à écrit le 08/12/2022 à 19:23
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Énergie : le contribuable a absorbé la moitié du choc des coûts

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