De nombreux artisans ont manifesté à la fin du mois de janvier pour protester contre l'envolée des prix de l'énergie.
Reuters
L'industrie et l'agriculture, particulièrement exposées, devraient subir de plein fouet cette flambée des prix de l'électricité payés aux fournisseurs. L'Insee table sur une hausse de 92% en 2023 pour ces deux secteurs contre 77% dans le tertiaire marchand. Ces chiffres ne prennent pas en compte l'amortisseur électricité, le guichet d'aide aux factures de gaz et d'électricité et le plafonnement pour les TPE. Beaucoup d'artisans ou d'indépendants pourraient cependant passer à travers ces filets de sécurité.
Les entreprises européennes continuent de souffrir. Un an après l'éclatement de la guerre en Ukraine, les difficultés d'approvisionnement en énergie et en composants électroniques sont loin d'être retombées.
En France, la situation n'est guère meilleure. La croissance du PIB a augmenté de seulement 0,1% au dernier trimestre 2022 et les dernières perspectives du FMI indiquent que l'activité pourrait accélérer de 0,7% en 2023 contre 2,6% en 2022. La hausse du bouclier tarifaire à 15% à partir de ce premier février pourrait encore faire bondir les factures de nombreux ménages et certaines entreprises.
Dans ce contexte d'incertitudes, certaines entreprises pourraient continuer de payer au prix fort le prolongement de cette crise énergétique. L'Insee a mené une enquête inédite auprès des fournisseurs d'énergie pour tenter d'estimer l'évolution des prix de l'électricité dans les mois à venir.
Une envolée moyenne de 84% en 2023
Résultat,les prix de vente des fournisseurs facturés aux entreprises pourraient s'envoler de 84% en moyenne annuelle par rapport à 2022.« En 2022, la hausse globale était de 20% pour tous les acteurs économiques. En 2023, on s'attend à une augmentation de près de 100% par rapport à l'année dernière. La hausse des prix de l'énergie est inédite depuis 40 ans. L'augmentation des prix des intrants est phénoménale, » a déclaré Sylvain Moreau, directeur des statistiques d'entreprises à l'Insee, lors d'une réunion avec des journalistes ce mercredi premier février.
« Au niveau macroéconomique, on ne constatait pas de répercussions massives. On ne constatait pas de forte baisse de production, à l'exception de quelques secteurs. » Pour tenter d'y voir plus clair, l'institut de statistiques a donc lancé cette enquête qui permet d'avoir des prix moyens pour l'année à venir. « Comme toutes les moyennes, il y a des secteurs en deçà et des secteurs au-dessus, » a poursuivi le statisticien.
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