Gel hydroalcoolique  : Gilbert et Phykidis dopent leur production

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« Nous avons multiplié par vingt les moyens dévolus à ce produit sur nos lignes. Cette croissance de la production marque notre contribution à la crise sanitaire du Covid-19 et se traduit pour nos salariés, à un passage à 3 x 8 heures (au lieu de deux en moyenne), avec travail de nuit et le samedi », souligne Dominique Lecomte, directeur général adjoint des Laboratoires Gilbert.
« Nous avons multiplié par vingt les moyens dévolus à ce produit sur nos lignes. Cette croissance de la production marque notre contribution à la crise sanitaire du Covid-19 et se traduit pour nos salariés, à un passage à 3 x 8 heures (au lieu de deux en moyenne), avec travail de nuit et le samedi », souligne Dominique Lecomte, directeur général adjoint des Laboratoires Gilbert. (Crédits : DR)
PLOUEDERN (29) TINTENIAC (35). Les Laboratoires Gilbert écouleront six millions de doses d'ici à fin juin. En revanche, Phykidis va fermer faute d’alcool.

La demande est grandissante de la part des hôpitaux et des pharmacies : le 9 mars dernier, les Laboratoires Gilbert ont décidé d'ouvrir une deuxième ligne de production sur leur site de Plouédern en Finistère. L'effort est également porté par les usines normandes d'Hérouville-Saint-Clair et de Falaise. Une trentaine de personnes ont été embauchées. Pour le groupe spécialisé dans la santé familiale à travers trente marques (cosmétiques, unidoses stériles...), la production de gel hydroalcoolique, sous la marque Bactidose, représente d'ordinaire 1 % de l'activité sur un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros.

« Nous avons multiplié par vingt les moyens dévolus à ce produit sur nos lignes. Cette croissance de la production se traduit pour nos salariés, à un passage à 3 x 8 heures (au lieu de deux en moyenne), avec travail de nuit et le samedi », souligne Dominique Lecomte, directeur général adjoint des Laboratoires Gilbert. Le groupe industriel livre des formats allant de 75 ml à un litre et porte sa capacité globale entre 80.000 et 100.000 flacons par jour. « D'ici à fin juin, nous devrions écouler six millions de pièces, c'est sans commune mesure avec 2019 (800 000 unités dans les hôpitaux) et même au moment de la grippe H5N1 », remarque Dominique Lecomte.

Retour d'expertise en Chine

La cellule de crise de l'entreprise est en veille depuis janvier pour ajuster la capacité de production aux besoins et profite de son retour d'expertise en Chine. Début février, sa filiale de Hong Kong a expédié des produits en Chine. Depuis que le marché s'est tendu en France dans les hôpitaux et les officines, toute la production est réservée à la France.

Arrêt faute d'ingrédients

Même activité fort soutenue chez Phykidis en Ille-et-Vilaine depuis quinze jours. Mais cela devrait s'arrêter en fin de semaine faute d'alcool. En dernière minute, un fournisseur a lâché la petite PME familiale de Tinténiac, près de Combourg. Spécialisée dans les produits de massage pour les kinésithérapeutes et les particuliers, Phykidis croule sous la demande de pharmacies, d'hôpitaux et d'entreprises, à Rennes, en France et même en Belgique depuis qu'elle a mis au point et validé sa propre formule de gel avec alcool. Elle fabrique et livre 3.000 litres par jour. Aujourd'hui, elle est quasiment à sec. « Il me reste deux bidons d'alcool, je vais devoir stopper la production et fermer l'usine car le reste de l'activité est en stand-by », déplore le patron de la PME Adrien Roussel, qui avait embauché 12 intérimaires. « Les clients en liste d'attente ne seront pas livrés », ajoute le dirigeant, dénonçant la mainmise des gros acteurs sur ce marché en rupture de stocks et la défaillance des distributeurs d'alcool. Compte tenu de l'encadrement des prix dû aux abus constatés, ces quelques semaines d'une production jugée « d'utilité publique » ne laissera quasiment pas de marge à l'entreprise.

Malgré la croissance de la production et des ventes de gel hydroalcoolique, les Laboratoires Gilbert, qui exportent 27 % de leur production, s'attendent aussi à une baisse de leur commerce habituel, de l'ordre de 10 % environ. « Produire du gel hydroalcoolique n'est pas une opportunité de business, nous contribuons à l'effort collectif lié à la crise sanitaire », se défend Dominique Lecomte. La Chine, premier marché des produits Algotherm, est à l'arrêt et l'export se complique. Pour produire plus de gel, le groupe a aussi déplacé la fabrication sur des lignes plus rapides, habituellement dédiées aux gammes cosmétiques.

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Commentaires
a écrit le 18/03/2020 à 14:02 :
Fermeture par manque d'alcool? Fallait peut etre pas empêcher la production des niôles par les particuliers...
a écrit le 18/03/2020 à 8:31 :
Et les masques ! Les gants ! Ce sont ces produits dont le gouvernement aurait dû imposer le port pour chaque sortie, à tous au lieu de recourir à un confinement irréaliste...que les journalistes viennent donc filmer les queues de centaines de gens sans protection à l'entrée des commerces alimentaires !! Il faut bien se nourrir mais le risque est là !!
Seulement voilà....: Pénurie de masques et de gants alors que ce sont les seuls moyens de protection réellement efficaces : la bouteille de gel ne vous protégera jamais d'un simple postillon voire d'un souffle de respiration....
a écrit le 17/03/2020 à 19:45 :
J'avais lu qu'on conseillait aux gens de conserver leur flacon une fois vide pour pouvoir le (faire) remplir à nouveau (et faire moins de déchets) mais ça réclame une organisation, un flacon "père" (1 litre par exemple) et non des doses toutes prêtes emballées mais de la main d’œuvre pour le remplissage.

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