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Grève chez TotalEnergies : la raffinerie de Normandie, la plus grande de France, va être mise à l'arrêt

latribune.fr

Publié le 28 septembre 2022 à 15:50 - Mis à jour le 28 septembre 2022 à 22:28

Photo d'archives du logo de totalenergies qui est photographie dans une station de recharge pour voitures electriques a courbevoie

La raffinerie TotalEnergies en Normandie, située à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre, est la plus grande de France.

GONZALO FUENTES

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Des mouvements de grève touchent plusieurs raffineries du groupe TotalEnergies, dont celle de Normandie qui va devoir être mise à l'arrêt. Les grévistes réclament notamment une revalorisation salariale face à la montée de l'inflation paralysant le site qui représente à lui seul quelque 22% des capacités de raffinage en France. Le pétrolier se veut toutefois rassurant, affirmant que la mise à l'arrêt ne mettra pas en péril l'approvisionnement des stations-service à court terme.

La grève qui sévit au sein de la raffinerie de TotalEnergies en Normandie près du Havre va avoir des conséquences sur l'activité. En effet, le géant des hydrocarbures a été contraint de commencer à mettre à l'arrêt son site, le plus important de France. Une mise à l'arrêt « pour des raisons de sécurité » qui n'est « pas encore effective, car elle nécessite plusieurs jours », a indiqué le groupe.

Si la raffinerie de Normandie s'arrête, il n'en restera que 2 sur 6 en activité

Ce dernier assure que l'opération ne mettra pas en péril l'approvisionnement des stations-service à court terme, même si elle représente quelque 22% des capacités de raffinage en France, selon des données de l'Ufip (Union française des industries pétrolières, qui regroupe notamment les leaders du secteur).

Le groupe a indiqué avoir procédé à des importations et avoir des stocks « pouvant durer entre 20 jours et un mois », en plus des stocks stratégiques détenus par la France. Si la France exporte de l'essence, elle importe habituellement environ 50% de ses besoins en gazole.

En cas d'arrêt effectif de la raffinerie de Normandie, il n'y aurait plus que deux raffineries en activité sur les six que compte encore la France, les autres étant également touchées par des grèves, ou arrêtées pour des travaux ou des opérations de maintenance, selon la CGT. La raffinerie TotalEnergies de Donges (Loire-Atlantique) et celle de PetroIneos à Lavera (Bouches-du-Rhône) seraient donc les seules à tourner, selon la CGT.

Demande de revalorisation salariale

Mardi, les grévistes ont accepté de prendre leur poste de travail à condition qu'aucun produit ne soit livré. La direction a été contrainte d'accepter la demande d'arrêt des grévistes, pour qu'ils viennent relever les équipes à l'intérieur « et continuer à faire tourner les machines et assurer la sécurité et la protection de l'environnement », a indiqué Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité d'entreprise européen TotalEnergies SE.

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«On s'inscrit sur le long terme: une raffinerie, pour l'arrêter, il faut cinq jours. Pour la redémarrer, il faut à peu près la même chose, donc on part minimum sur dix jours sans production de raffinage et de pétrochimie, on va largement dépasser la journée du 29 septembre », a-t-il affirmé.

Comme dans les autres raffineries en France du groupe TotalEnergies, les grévistes réclament une revalorisation salariale face à l'inflation croissante que connaît la France. Elle s'établissait, en août, à 5,8% sur un an. La CGT réclame ainsi une revalorisation à hauteur de 10% pour l'année 2022, le « dégel des embauches » en France et « un plan massif d'investissements » dans l'Hexagone, des revendications déjà à l'origine de mouvements le 24 juin et le 28 juillet derniers. Le mouvement qui touche les raffineries françaises de TotalEnergies, débuté mardi, doit durer jusqu'à jeudi, journée d'action nationale dans l'ensemble des secteurs économiques, à l'appel de la CGT et de Solidaires.

Une hausse du bénéfice partagée entre actionnaires et réinvestissement

TotalEnergies est d'autant plus dans le viseur des syndicats que le groupe a réalisé d'énormes profits au deuxième trimestre 2022 avec un bénéfice net de 5,7 milliards de dollars contre 2,2 milliards lors du même trimestre en 2021, profitant à plein de la hausse des cours du pétrole et du gaz, qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le groupe a toutefois assuré, ce mercredi, avoir versé à ses actionnaires un acompte sur dividende exceptionnel de 2,62 milliards d'euros et renforcé de 1 milliard de dollars ses investissements dans l'éolien et le solaire. « La Compagnie affichera fin 2022 un bilan très solide », a, ainsi, indiqué l'entreprise dans un communiqué, précisant qu'elle « est en position à la fois d'accélérer sa stratégie de transformation et d'offrir une politique attractive de retour à l'actionnaire », sans s'exprimer sur de possibles hausses de salaires de ses employés.

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Les investissements dans le solaire et l'éolien « dépasseront 4 milliards de dollars dès 2022 », au lieu de 3 milliards de dollars en 2021. « Un programme de 1 milliard de dollars d'économies d'énergie sera déployé à l'échelle mondiale en 2023-2024 pour contrôler les coûts de l'énergie consommée et accélérer la baisse des émissions », a ajouté TotalEnergies, affirmant dans son communiqué être une compagnie « aujourd'hui beaucoup plus profitable qu'il y a 10 ans ».

(Avec AFP)

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