« Il faut impérativement supprimer les impôts sur la production » Patrick Martin, Medef Auvergne-Rhône-Alpes

 |   |  2857  mots
Patrick Martin.
Patrick Martin. (Crédits : DR)
PDG de Martin Belaysoud Expansion, un groupe familial spécialisé dans la distribution de fournitures industrielles, le patron du Medef Auvergne-Rhône-Alpes Patrick Martin est l'un des neufs candidats à la succession de Pierre Gattaz. Entretien avec un « réformiste pragmatique », qui réclame la suppression des « impôts de production » et promet de lancer un diagnostic sur le paritarisme.

Mis à jour le 26 mars 2018

LA TRIBUNE - Huit candidats se sont déjà présentés (et une neuvième candidature s'est déclarée le 21 mars). Comment interpréter l'énorme succès de cette élection au Medef ?

PATRICK MARTIN - C'est un signal fort. Le Medef est à la croisée des chemins. Le contexte économique, social, sociétal et surtout politique a évolué. Cela oblige le Medef à faire son propre aggiornamento, à s'interroger sur sa doctrine, son utilité, sa gouvernance. Il y a aussi une dimension politique interne. On a essayé d'installer un match à deux, entre deux supposés favoris. Si c'était une évidence, il n'y aurait pas cette multiplication des candidatures, tout simplement. C'est l'expression d'une vitalité démocratique. Il est très sain, dans un mouvement qui prône la libre concurrence et le libéralisme, de laisser ce besoin d'expression vivre à l'intérieur de l'organisation patronale à l'occasion de l'élection du 3 juillet. Avec juste un accroc au contrat autour de la non-candidature de Jean-Dominique Senard...

Vous regrettez qu'il n'ait pas pu être candidat ?

Je comprends très bien les contraintes statutaires, compte tenu du calendrier, mais on s'est privé, ne serait-ce qu'au stade de la campagne pour l'élection, d'une personnalité éminente qui aurait tiré les débats vers le haut.

Aucune femme ne se présente. C'est une affaire d'hommes, le Medef, depuis Laurence Parisot ?

Il faut qu'il y ait des femmes candidates. Pierre Gattaz a raison de s'étonner et de chercher à susciter une candidature féminine. Pour ma part, je m'engage à m'entourer d'au moins une vice-présidente et j'ai déjà des discussions dans ce sens.

Le rapport Notat-Senard veut que les entreprises se dotent d'une raison d'être, suscitant pas mal d'émoi au sein du patronat. Mais est-ce que le Medef ne devrait pas s'en emparer pour lui-même ? À quoi sert le Medef dans la France d'Emmanuel Macron ?

D'abord, sur le rapport Notat-Senard, il y a des nuances à l'intérieur du Medef et de l'Afep [Association française des entreprises privées, ndlr]. Le principe même de la raison d'être me paraît excellent. Je pense que le Medef a trop délaissé le champ des idées et doit le réinvestir en se montrant force de propositions, en s'ouvrant à des instances patronales ou à des think tanks qui sont sur ce terrain. Je garde en mémoire l'époque Seillière-Kessler, durant laquelle le Medef était présent dans le débat d'idées.

On est là pour défendre les intérêts de nos adhérents, des entreprises, mais le dernier mot appartient au politique. Si on ne devient pas plus positivement influent dans l'opinion publique, si on ne rend pas l'entreprise plus compréhensible et populaire, ne nous étonnons pas que des thèses antiéconomiques, et donc antisociales, s'imposent. Pour défendre nos idées, il faut se montrer plus ouvert à la société.

Sur la raison d'être du Medef, mon interrogation n'est pas tellement d'ordre institutionnel, sur le paritarisme de gestion par exemple : elle est politique, voire philosophique. Je suis inquiet à l'idée que les pouvoirs publics aient la main sur tous les sujets qui intéressent les entreprises. Je pense que notre pays a impérativement besoin de corps intermédiaires. Il y a des expériences douloureuses dans l'histoire de centralisation politique absolue qui se sont mal terminées. On n'en est pas du tout là, mais attention. Comme le dit Raymond Soubie [ex-conseiller du président Nicolas Sarkozy], il ne faut pas « jeter le bébé du paritarisme avec l'eau du bain ».

En même temps, nous devons balayer devant notre porte. On s'est suffisamment plaint de l'inefficacité de notre système social pour ne pas se réjouir de voir un jeune président donner une impulsion forte pour régénérer le système avec une volonté de modernisation et de mouvement. C'est un message de réforme très positif qui contribue à la restauration spectaculaire de l'image de la France depuis quelques mois.

Je partage donc l'objectif, mais attention : si la démocratie sociale est à terre, ce sera dangereux en cas de victoire de forces populistes. Tous les pouvoirs étant concentrés entre les mains de l'État, nous n'aurons plus de filet de protection face à un gouvernement qui déciderait d'alourdir massivement les cotisations sociales... On ne pourrait pas s'y opposer.

Enfin, sans faire offense au président de la République, je pense qu'on est toujours plus intelligent à plusieurs, on a toujours intérêt à une gouvernance collective en amont pour être plus efficace en aval. Le Medef, dans ce panorama, a toute sa raison d'être, sous réserve qu'il se réinvente.

Pour ou contre le paritarisme, le débat se cristallise autour de cette question. Vous êtes plutôt un défenseur d'un paritarisme rénové ?

Qui s'exprime sur ce sujet en ayant toutes les cartes en main ? Au Medef, il y a des débats stimulants et vifs, mais peu de personnes sont en mesure d'apprécier la globalité du sujet dans le détail. De sorte qu'il y a beaucoup d'approximations, de slogans et de postures. Je refuse les étiquettes qu'on veut coller aux candidats en opposant les conservateurs et les libéraux.

Je revendique mon pragmatisme. Ne faisons pas du paritarisme un dogme. La vraie question, c'est de savoir si, au regard de nos objectifs stratégiques de services aux entreprises et d'influence, le paritarisme apporte ou non quelque chose. Cela mérite de prendre le temps de la réflexion en disposant de tous les éléments d'appréciation afin de trancher collectivement en toute transparence. Je m'engage sur un processus de décision clair. Les gens un peu avertis disent que cela ne peut pas se faire en moins d'un an. Si je suis élu, je lancerai un diagnostic exhaustif du paritarisme qui sera rendu douze mois plus tard. Ensuite nous trancherons.

On a commencé à traiter ces sujets sous le mandat de Pierre Gattaz. En janvier 2017, au cours d'une réunion du conseil exécutif, les points sensibles relatifs au paritarisme et à la gouvernance du Medef ont été identifiés. D'ailleurs, quand vous relisez le programme de Pierre Gattaz lors de son élection, tout y est. On pourrait presque le reprendre tel quel. Il a mis en place un groupe de travail appelé « Cap Excellence », qui devait proposer des réformes. Problème, rien ne s'est passé par la suite. Je ne sous-estime donc pas le conservatisme et l'inertie de la structure. Mon ami Pierre Gattaz a occupé son mandat à mener un combat extrêmement rude auprès d'un gouvernement totalement antientreprise, et il a obtenu de grandes victoires. Mais, pendant qu'il faisait cela, il n'a pas pu faire évoluer en interne le Medef. Ce qui n'a pas été fait reste à faire, cela devient aujourd'hui une urgence. Il y a le sujet de la représentation des territoires, celui de la réforme et même, tout simplement, celui de l'application des statuts. Je suis favorable à ce que le conseil exécutif vote, comme il est prévu qu'il le fasse, sur tous les sujets importants, notamment les accords sociaux. On a un vrai enjeu démocratique d'adhésion des entreprises à ce que fait le Medef. C'est une question d'image, de transparence, de sincérité et de collégialité. Dans cette campagne, tout le monde fait des sauts de cabri : il faut réformer, rénover le Medef. Très bien, mais je ne suis pas sûr que les candidats sortants soient les mieux placés pour le faire !

On a mis la poussière sous le tapis. Avec le président Macron, nous n'avons plus le choix : il faut soulever le tapis sous lequel nous avons caché la poussière et nettoyer. Toute la question, c'est de savoir comment ne pas aller trop loin. Le paritarisme est en train de disparaître, et c'est un sujet grave. S'il disparaît, nous ne pourrons nous en prendre qu'à nous-mêmes. Tout est sur la table en termes de responsabilité et d'efficacité. Même la justice prud'homale est concernée. Il faut rationaliser et faire le tri. Si le Medef est amené à se désinvestir partiellement du champ social, il faudra qu'il se réinvente sur le champ économique en redéployant des moyens. Par exemple, le Medef est faible sur l'Europe doctrinalement et en termes de moyens. Le Medef n'a que trois collaborateurs à Bruxelles contre 30 pour le patronat allemand. Il ne faut pas alors s'étonner que les normes européennes qui s'appliquent aux entreprises favorisent plus l'Allemagne que la France. Sur la finance, les technologies, les data, l'IA, l'accès aux matières premières stratégiques, cela se passe à Bruxelles. Il y a donc deux niveaux : la défense spécifique des intérêts des entreprises françaises et la défense des intérêts européens.

Mais la fin du paritarisme est déjà en cours... C'est presque le cas sur l'assurance chômage et sur la formation professionnelle, l'État a complètement repris la main...

Plus le temps passe, plus il y a des simulacres de négociations paritaires. On est passé de la négociation à la concertation. Cela rappelle la formule de Laurent Berger, de la CFDT, sur la méthode Macron : « Vous discutez et je tranche ! » Derrière le paritarisme, il y a le sujet du financement des partenaires sociaux. Le Medef est déjà le plus indépendant financièrement, depuis qu'il vit aux deux tiers des cotisations de ses adhérents. Il y a un abus de langage à considérer que les ressources du paritarisme sont des fonds publics. Ce n'est pas le cas, puisque ce sont des cotisations payées par les entreprises. Il faut tendre vers l'indépendance financière, car c'est un gage de liberté. Mais on ne peut pas dire qu'on peut se passer de ces financements, sans savoir si les autres partenaires sociaux y renonceront - de mon pronostic, ce ne sera pas le cas vu leur dépendance plus forte encore que la nôtre -, et vouloir en même temps rendre des services nouveaux. L'assiette de ces fonds, c'est une taxe de 0,016 % sur la masse salariale. Si on les supprime, il faudra augmenter les cotisations des adhérents au Medef si on souhaite qu'il apporte plus de services aux entreprises.

Deuxième exemple concret, il y a environ 33 000 mandats au Medef. C'est certainement trop. Ici et là, on s'émeut de leur coût. Un mandataire, c'est en moyenne 454 euros par an, et il consacre du temps bénévolement à son mandat. 454 euros, ce sont essentiellement des frais de formation. Le vrai sujet, ce n'est pas de savoir si on a trop de mandataires et s'ils coûtent trop cher. Mais il faut se poser les bonnes questions : sont-ils tous à leur place ? Remplissent-ils tous les objectifs fixés ? Sont-ils suffisamment accompagnés et formés ? Leurs résultats sont-ils bien mesurés et évalués ? Posons les problèmes, traitons-les sereinement et tranchons dans un an.

Vous voulez obtenir une hausse de 10 points du taux de marge des entreprises. Comment faire ?

Le taux de marge moyen des entreprises françaises est remonté à 32 % en 2016 grâce en partie au CICE. Il faudrait qu'il passe à 40 % et soit comparable à celui des entreprises allemandes. Ce n'est pas une incantation, mais une vision pragmatique. Plutôt que de réinventer chaque matin un dispositif budgétaire ou fiscal plus ou moins technocratique, le principe est de donner aux entreprises les moyens de leurs ambitions. Si on veut créer plus de PME championnes à l'international, cela passe par de l'investissement. Elles n'en ont pas les moyens aujourd'hui, et on le voit dans leur retard en matière de robotisation par rapport à nos principaux voisins, même l'Italie.

On peut avoir des débats sans fin sur les causes de notre déficit commercial abyssal, sur la compétitivité prix et hors prix. Au final, du point de vue de l'entreprise, c'est avant tout une question de capacité d'autofinancement. Si on ne desserre pas cet étau, on peut passer notre vie en colloques, on ne résoudra rien.

Comme entrepreneur, je me fixe deux objectifs prioritaires si je suis élu président du Medef : augmenter le taux de marge des entreprises françaises et doubler le nombre des adhérents au Medef.

Pour augmenter le taux de marge, le levier le plus évident, c'est la réduction, voire la suppression des impôts de production. Emmanuel Macron a fait campagne contre les rentes : l'impôt de production, c'est la rente absolue. Cela a un impact direct sur les coûts de production. C'est donc un impôt antiéconomique. L'idée n'est pas neuve : Nicolas Sarkozy a voulu le faire en supprimant la taxe professionnelle (TP). Mais on l'a remplacé par la CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises], qui représente un coût supérieur à la TP... Pour réduire ces impôts, il faut donc que l'État et les collectivités locales réduisent leurs dépenses de fonctionnement afin de répercuter ces économies vers le système productif, en baissant la pression fiscale et en transférant pour partie les impôts de production vers l'impôt sur les sociétés si nécessaire. Pierre Gattaz l'a dit quand le gouvernement a confirmé la trajectoire de baisse du taux de l'impôt sur les sociétés : « C'est très bien, mais ce n'est pas notre demande première. » Notre demande première, c'est la réduction des impôts de production.

Bien sûr, on va encore dire que les patrons réclament encore plus d'aides, alors qu'ils ont eu 40 milliards du CICE et du Pacte de responsabilité. Mais ce n'est pas le cas : il ne s'agit pas d'une énième revendication pour distribuer plus de dividendes aux actionnaires, mais d'un raisonnement économique. Je suis favorable à un vaste accord avec les syndicats et l'État pour qu'il y ait une règle de partage de la richesse créée du fait de la baisse des impôts de production, entre les entreprises, les salariés et la sphère publique. Sinon, on ne transformera pas l'essai de la reprise actuelle, qu'il faut pérenniser en profitant de la meilleure situation économique, pour faire grandir nos PME, accélérer la transformation vers le digital et l'intelligence artificielle. Je ne sais pas ce que Bruno Le Maire va mettre dans sa loi Pacte, mais je pense que Bercy devrait comprendre que les idées simples sont les bonnes. Faire grandir les PME, cela ne peut passer que par l'autofinancement et l'investissement dans les technologies et les talents de demain.

On pourrait le faire en réformant les aides aux entreprises, qui frôlent les 100 milliards d'euros...

Oui, mais ce serait un jeu à somme nulle, et les effets de transfert entre secteurs seraient importants.

C'est justement ce qui divise les fédérations au sein du Medef...

C'est vrai, mais c'est justement une des raisons d'être du Medef, en tant qu'organisation interprofessionnelle, que d'essayer de trouver le plus grand dénominateur commun entre les intérêts des différentes fédérations. Et c'est aussi pour cela que ma candidature a du sens...

Comment améliorer la prise en compte des territoires dans le Medef, vous qui venez de Lyon ?

Je vais vous répondre, mais avant je voudrais vous dire que cette catégorisation de « candidat des territoires » m'amuse un peu. Mon entreprise fait 700 millions d'euros de chiffre d'affaires, elle est présente dans toute la France et, à l'international, elle est en relation avec tous les secteurs d'activité et toutes les tailles d'entreprise. Tout cela depuis Bourg-en-Bresse, en AuvergneRhône-Alpes, où se trouve notre siège et où je préside un Medef régional représentatif de la première région industrielle de France. Je ne me laisserai pas enfermer dans le piège consistant à me confiner dans cette posture régionale laissant entendre que ces provinciaux sont bien sympathiques, mais ne connaissent rien à la vraie vie des affaires. Je suis actionnaire majoritaire de mon entreprise, qui est la plus importante parmi celles de tous les candidats. Le Medef national, c'est la partie émergée de l'iceberg. En termes de budget, d'activités, de services et d'influence, les Medef territoriaux sont beaucoup plus importants. Ils sont moins visibles dans les médias parisiens, mais ils pèsent plus lourd que le Medef national. Deuxièmement, leur image est plutôt bonne auprès des entreprises, populations et décideurs publics locaux, car, précisément, ils sont sur des actions d'intérêt général, d'insertion, de formation, de développement économique. En outre, avec la loi NOTRe et la décentralisation, la dimension territoriale est de plus en plus importante. Il faut donc un Medef encore plus engagé dans les territoires avec une pondération plus forte de leur représentation au conseil.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/03/2018 à 20:58 :
Je crois que le medef a eu assez de cadeau comme ça ça suffit il est normal qui paye des taxes sur la productinon deja il robotise supprime du personnelle et voila le resultat chômage qui explose surtout que l'on tape en ce moment sur tous les petits en plus avec un pouvoir d'achat en berne du a des salaires qui sont en regession dans toutes catégories confondues
a écrit le 24/03/2018 à 18:50 :
C'est étonnant le Medef (le gouvernement non plus) ne s'exprime jamais sur le retard de paiement des 120 grandes entreprises françaises vis à vis de leur fournisseurs et sous- traitants.
Un problème à l'origine de 25 % des faillites des très petites entreprises.
Si tout le monde payait selon la loi, 100 000 pourraient être crées.

Voir article de la Tribune (12 juin 2015). Où en est t'on ?
a écrit le 24/03/2018 à 9:28 :
Le problème essentiel du MEDEF concerne le financement des caisses de retraites. Il faut appliquer la note n°6 du CAE. C'est indispensable.
a écrit le 23/03/2018 à 22:05 :
Absolument d'accord si dans le même temps sont limités à des niveaux raisonnables les revenus des actionnaires (2 à 3 %) et la hiérarchie des salaires (6 à 8); et si le financement de l'Etat social est proportionnel aux revenus.
Sinon cela n'a aucun sens.
a écrit le 23/03/2018 à 12:48 :
Il faudrait «  arrêter «  le détournement de l’argent des entreprises par le biais des «  chiffres négatifs « ( système de mode actuel capitaliste)Et «  inviter » ces entreprises à rembourser ces sommes à l’entreprise, ce n’est pas aux épargnes des particuliers de remplacer «  ce vide »
a écrit le 23/03/2018 à 12:48 :
Il faudrait «  arrêter «  le détournement de l’argent des entreprises par le biais des «  chiffres négatifs « ( système de mode actuel capitaliste)
Et «  inviter » ces entreprises à rembourser ces sommes à l’entreprise, ce n’est pas aux épargnes des particuliers de remplacer «  ce vide »
a écrit le 23/03/2018 à 11:34 :
Pour toutes les entreprises internationales qui sont dans le «  rouge »( chiffres négatifs)
Cette politique comptable est a la monde depuis quelque années
Il faut un «  plan de repêche « 
Ces entreprises internationales n’ont pas besoin d’investissements mais plutôt «  d’une réduction «  de leur objectif pour mieux atteindre une «  visibilité «  sur le plan international

Je dis au Médef : «  calmez votre avidité et vos rêves de grandeurs et de splendeurs, revenez «  parmi nous »
a écrit le 23/03/2018 à 11:33 :
"On peut avoir des débats sans fin sur les causes de notre déficit commercial abyssal, sur la compétitivité prix et hors prix."
Il a raison, onne fait que chercher des alibis pour trouver des excuses à notre situation calamiteuse.
Oui, il faut supprimer les impôts sur la production et oui il faut que l'État et les collectivités réduisent leurs dépenses de fonctionnement, mais il faut être réaliste: ça ne suffira pas. Il faut baisser les dépenses sociales (en plafonnant les allocations au 3ème enfant) et il faudra augmenter la TVA, parce que la France consomme plus qu'elle ne produit.
Réponse de le 23/03/2018 à 13:20 :
Je ne «  suis «  pas d’accord
Les populations ont fait trop d’efforts jusqu’à présent
Il faut rembourser les montants pour combler les déficits causés par les mauvaises gestion d’entreprise et d’organisation.
a écrit le 23/03/2018 à 10:07 :
Ah mon pauvre, il semblerait que l'orthodoxie néolibérale incarnée par ses bons soldats et leurs incessants commentaires ne veuille pas de votre idée.

Ben oui forcément vous demandez de tout chambouler dans l’imposition des sociétés alors que l'ue s'est déjà entièrement organisée autour de ses paradis fiscaux, autant dire que votre idée progressiste et intelligente n'a aucune chance de voir le jour.

Bref on va encore se retrouver avec un président du medef sans imagination. dommage vous teniez vraiment la route vous au moins. Mais c'est comme ça, le consortium financier européen ne sait générer que médiocrité, incompétence et compromission.

Quand à vous autres amis journalistes, constatez comme les dès sont pipés hein... :-)
a écrit le 23/03/2018 à 9:02 :
Cher monsieur,

vous parlez de compétitivité prix et hors prix mais vous n'êtes que dans les impôts.
Je fréquente un peu le patronnat allemands puisque je travaille dans ce pays.
Contrairement à un patron francais un patron allemands vous parle de son produits et des difficultées techniques pour le faire.
Un patron francais vous parle de ses impôts et charge.
Auquel croyez-vous que le client fasse in-fine le plus confiance?
Changez votre discours devennez des fabricants de produits plutot que des experts comptables et vous pourrez aquérir de la compétitivité hors prix qui vous ´permettra de monter les prix de venntes sans perdre de volume. Dés lors, vous aurez votre hausse de taux de marge.
Il est vrai qu'il est plus facile pour le patronnat francais de transférer ses difficlté sur les pouvoirs publiques et ainsi mettre les coûts sur la collectivité.
Après tout vous êtes d'accord avec la CGT sur le sujet.
Garnissez ma gamelle avec l'argent du contribuable pendant ce temps là les allemands vendent des produits.
Le pire est que si vous êtiez un minimum professionnels vous auriez de super produits à vendre car les salariés francais font bien mieux que les salriés allemands en terme de créativité.
Réponse de le 23/03/2018 à 9:24 :
tout a fait d accord. Meme si je suis pas sur que le francais soit plus creatif que l allemand. Surtout dans l industrie (un jeune francais un peu ambitieux ou realiste aujourd hui ne va pas faire des etudes scientifiques. Il faut mieux faire medecine que finir chez Altranou au autre marchand de viande)
Réponse de le 25/03/2018 à 23:40 :
+1
a écrit le 23/03/2018 à 8:55 :
Il faut réformer la CVAE pour ne l'appliquer qu'aux entreprises qui ne sont pas soumises à la concurrence d'entreprises qui ne la payent pas : le tertiaire et le bâtiment. Pour cela, une réforme globale de la fiscalité est possible :
- d'abord suppression des cotisations de chômage des CDI (maintien pour les CDD et heures sup) en échange de l'arrêt du CICE (avec sans doute ajustement de l'IS en conséquence)
- ensuite augmentation de la TVA sur les produits (pas sur les services) de l'ordre de 5 points, annulation de la CVAE sur les entreprises du secteur primaire et du secteur secondaire (hors bâtiment), suppression des cotisations de retraite CNAV et financement de la retraite CNAV par la TVA (devient exonérée d'impôt direct et de CSG)...augmentation de la CVAE des entreprises du tertiaire et du bâtiment (à hauteur de la baisse des cotisations) et suppression des dotations aux CL (taxes foncières dédiées aux communes, grande CVAE des services et TICPE dédiées aux régions).
- remplacement des cotisations non contributives, de l'IRPP et des allocations par une grande CSG compensée en partie par un revenu universel (à hauteur du RSA socle pour les adultes) et baisse du SMIC brut en conséquence
Réponse de le 23/03/2018 à 11:08 :
"d'abord suppression des cotisations de chômage des CDI"
Ah ? Le chômage ne concerne pas les personnes en CDI ?
"ensuite augmentation de la TVA sur les produits"
Faut donc augmenter les salaires, sinon ça ne va pas coller.

"financement de la retraite CNAV par la TVA"
Autrement dit, supprimer le lien entre revenus et retraite...

"baisse du SMIC brut en conséquence" Ah ? Donc, on diminue/supprime des cotisations, on augmente la TVA... Pour au final aboutir à un salaire net identique ?

Ce n'est surement pas assez détaillé, mais j'ai l'impression que vous aimez vous faire baiser en proposant ça. Je ne dis pas que toute l'idée est pourrie, mais que si le gouvernement mettais un système de ce genre en place, on se ferait forcément baiser...
Réponse de le 23/03/2018 à 18:04 :
A borny :

"financement de la retraite CNAV par la TVA"
Autrement dit, supprimer le lien entre revenus et retraite...

Non pas totalement car si je gagne plus, je dépense aussi plus. Donc je paye (en absolu) plus de TVA aussi !

"baisse du SMIC brut en conséquence" Ah ? Donc, on diminue/supprime des cotisations, on augmente la TVA... Pour au final aboutir à un salaire net identique ?

En fait, on peut baisser plus de cotisation en % sur le SMIC brut que de % de hausse de TVA. En effet, en appliquant des cotisations sociales via la TVA, vous élargissez énormément l'assiette (notamment par rapport aux revenus non assujettis aux cotisations retraites qui sont ré-injectés dans la consommation et la consommation venant des touristes ou des produits importés). Du coût on peut maintenir un pouvoir d'achat à l'identique (le salaire net sera un peu plus élevé pour compenser la hausse de TVA) tout en baissant le brut global pour l'employeur !
Réponse de le 25/03/2018 à 16:01 :
@Borny
Si on supprime les cotisations chômage des CDI en supprimant le CICE on fait payer le chômage aux entreprises qui ne recrutent pas en CDI donc je ne vois pas où est le problème.
Le calcul de la retraite dépend des salaires passés mais son financement n'est pas nécessairement constitué de cotisations puisqu'on est en répartition. La retraite est un coût de production donc intégré aux prix. rien d'étonnant à ce qu'elle puisse faire l'objet d'une TVA sociale. C'est d'ailleurs ce que demandait la FNSEA lors de la dernière réforme des retraites.
Si mon premier objectif est de baisser le coût du travail sans baisser le revenu disponible des personnes mais sans l'augmenter non plus, c'est bien pour réduire le chômage qui est la première cause de pauvreté.
Réfléchissez bien à tout ça avant de réagir au premier degré !
a écrit le 23/03/2018 à 8:40 :
Je vais faire comme lui, je vais demander de supprimer les taxes qui me gène.

Il faut impérativement supprimer la TVA sur l'alimentation étant donné que l'intégralité de mon salaire part dans la bouffe.
Réponse de le 23/03/2018 à 10:50 :
Tu manges trop ;)
Réponse de le 23/03/2018 à 15:34 :
C'est pour oublier que je paye de la TVA.
a écrit le 23/03/2018 à 8:36 :
Entièrement d'accord, enfin un candidat du medef qui nous propose du concret.

Il faut supprimer toutes les taxes et impôts qui frappent les outils de production mais par contre, au nom de la consommation et de la croissance il faut rétablir les impôts sur le revenu des parts supérieurs afin d'équilibrer.

Quand l'argent est dans les mains d'une entreprise c'est du bon argent, sauf bien entendu quand elle le planque dans la finance, quand l'argent est dans les mains de quelques personnes c'est de l'argent qui s'aliène générant des revenus sur rente qui tuent le travail et les outils de production.

Vu que vous semblez un peu plus éveillé que les autres candidats et que notre droite est incapable d'avoir la moindre idée neuve je vous conseille aussi d'élaborer un programme autour de la notion de travail afin que celui-ci arrête de faire peur aux gens, à cause du chômage, à cause de conditions précaires, à cause de salaires toujours plus bas, à cause de travaux inutiles, et qu'ils y voient le phénomène épanouissant qu'il est réellement et profondément.

Courage.
Réponse de le 23/03/2018 à 11:14 :
"et qu'ils y voient le phénomène épanouissant qu'il est réellement et profondément."
Joli discours... "épanouissant [...], réellement et profondément"

Je ne parle pas pour moi, mais certains métiers ne sont clairement pas épanouissant... Je pense notamment à ceux qui subissent la colère des clients alors qu'ils n'y sont pour rien.... Heureusement que ça sont des clients, le même comportement de la part d'un supérieur serait traité comme du harcèlement moral... Sachant qu'en parallèle, la plupart du temps leurs supérieurs ne les défendent pas, voire pire, les accable s'ils ont osé répondre...
Réponse de le 23/03/2018 à 11:25 :
"Je ne parle pas pour moi, mais certains métiers ne sont clairement pas épanouissant..."

En effet et c'est bien pour cela qu'il faut adapter les métiers aux individus et non l'inverse, afin de leur faire aimer le travail.

La nana qui torche les fesses des vieux toute la journée devrait au moins bien gagner sa vie et pas forcément le fait pendant 35 heures hein, alors que le politicien qui pique l'argent des contribuables ou le financier qui planque son argent dans les paradis fiscaux, eux, devraient faire des TIG pour compenser leur nocivité.
a écrit le 23/03/2018 à 8:26 :
Un bon candidat pour qui je voterai ! Mais seul bémol pourquoi vouloir mettre des femmes partout ! Ce tout égalitaire me paraît stupide ! Y a une candidate de qualité ! On votes pour elle y en a pas basta ! Les conseils d administration regorgent de cumulardes incompétente ex groupe flo
Il faut que leurs femmes soient là pour leurs compétences pas pour leurs robes si elles en ont encore !!! Bref le bon sens ....
J’aime les 👸🏻⛷🎣🦀🇹🇳
a écrit le 23/03/2018 à 8:13 :
Je complète mon commentaire en précisant que la TVA sociale concerne les productions locales, comme l'agriculture, et que l'impot sur l'énergie paticipe à la protection du climat.
Réponse de le 23/03/2018 à 10:54 :
La TVA n'est pas adaptée pour taxer les multinationnales. Il faut faire comme pour les GAFA : taxer le chiffre d'affaire qui est plus représentatif de l'activité. Impossible de faire appel aux paradis fiscaux pour s'y soustraire.
a écrit le 23/03/2018 à 8:02 :
Si on réduit les impots sur la production, il faut les reporter sur la consommation. On a le choix entre la TVA dite sociale et un impot sur la consommation d'énergie. C'est cette dernière mesure qu'il faut étudier. La note n°6 du conseil d'analyse économique décrit cet impot. Il faut l'appliquer. C'est URGENT.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :