Lacanau Océan : Le French Fab Tour fait le pari de la formation

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L'inauguration du village French Fab Tour à Lacanau.
L'inauguration du village French Fab Tour à Lacanau. (Crédits : DR)
En pleine tournée estivale, le coq bleu sillonne en ce moment le littoral aquitain, où il continue de séduire de futurs talents en leur montrant la richesse des métiers d’une industrie innovante, qui recrute. Et qui mieux que les jeunes eux-mêmes pour porter ce message ? Tout au long de l’été, les élèves des Arts & Métiers animent des ateliers et échangent avec la jeunesse sur les compétences et les filières industrielles d’avenir.

Le succès du French Fab Tour ne faiblit pas. Le jeudi 25 juillet, 24 000 personnes ont afflué sur le front de mer à Lacanau Océan, en Gironde, pour découvrir un secteur industriel moderne en quête de talents. « L'industrie est le secteur d'activité qui recrute le plus, en particulier parmi les jeunes. Avec nos partenaires, nous avons donc décidé de porter haut l'étendard de l'industrie française et d'aller à la rencontre de la jeunesse sur leurs lieux de vacances », a déclaré Patrice Bégay, directeur exécutif et directeur de la communication de Bpifrance, en amont de l'inauguration du village de la « fab ». « Il faut montrer à nos jeunes que l'industrie est pourvoyeuse d'emplois. Elle offre de beaux métiers, passionnants, qui plus est. Et il est important de dire à ces jeunes qu'ils sont capables d'intégrer ces filières et de participer à leur développement », a estimé de son côté Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau, qui mise sur la fibre pour attirer des jeunes entreprises, des centres de recherche et des cadres dans sa ville, proche de la métropole de Bordeaux.

Une région qui compte plusieurs filières industrielles porteuses. La Nouvelle Aquitaine fait en effet notamment partie du pôle de compétitivité Aerospace Valley - premier bassin d'emplois européen dans le secteur aéronautique et de l'espace - qui accueille les fleurons d'une industrie aéronautique dynamique, en plein recrutement.

Paroles d'étudiants

L'industrie de demain a en effet besoin de nouveaux talents et, pour dénicher les bons profils, la formation est clé. Ce n'est donc pas par hasard que l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers (Ensam) s'est associée à ce French Fab Tour en « prêtant » une équipe d'élèves ingénieurs de première ou deuxième année, chargés d'animer les ateliers de démonstrations élaborées par les industriels partenaires et de renseigner les jeunes sur les différentes filières, sans oublier bien sûr de partager avec eux leur propre parcours et leurs perspectives professionnelles.

C'est le cas d'Abdelwakil Benabdi, élève-ingénieur de l'Ensam sur le campus de Cluny, qui s'apprête à entamer sa deuxième année au sein de l'établissement. Sur ce French Fab Tour, il explique au public la transition énergétique grâce à la maquette conçue par le transporteur de gaz Teréga. « On me pose beaucoup de questions, que ce soit sur le gaz vert ou sur ma formation ! », se réjouit l'étudiant, fier de participer à l'évolution d'une industrie française qui entre dans le 4.0. « Beaucoup de jeunes veulent savoir comment j'ai fait pour arriver aux Arts et Métiers, après un bac S et une classe préparatoire », précise cet élève qui compte faire, en troisième année, un double diplôme dans le domaine aérospatial en Angleterre.

Une nouvelle image pour l'industrie

« L'industrie de demain a besoin des jeunes d'aujourd'hui. Il faut qu'on les forme, il faut qu'on les attire vers nous », a pour sa part lancé Alexandre Rigal, directeur général délégué de l'Ensam. Pari gagné, à en juger par l'intérêt que suscitent, lors de ce French Fab Tour d'été, les étudiants de son école. Autre signal fort, d'après l'édition 2019 du baromètre « Les lycéens et l'industrie », réalisée par OpinionWay pour l'Ensam, l'image de l'industrie retrouve des couleurs : 80% des lycéens en série S ou technologique ont une bonne opinion de l'industrie. Une progression de cinq points en un an et même de 11 points depuis la première édition du sondage, il y a sept ans. Surtout, l'enquête révèle l'émergence d'une nouvelle fierté : celle du « Made in France », puisque 44 % des jeunes sondés parlent du prestige de ce « label » comme un atout essentiel. Surtout, 88 % des jeunes, et notamment les filles, se disent fiers à l'idée de travailler dans une entreprise industrielle à l'origine de produits « Made in France », révèle le baromètre de l'institution.

Le numérique, une compétence transverse à l'heure du 4.0

Née avec la première révolution industrielle, l'Ensam remodèle aujourd'hui ses offres de formation pour mieux répondre aux besoins de la 4è révolution industrielle. « Les grands enjeux de cette révolution digitale de l'industrie sont liés à l'implémentation de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée, de l'intelligence artificielle, de même qu'au Big Data, au smart data, au jumeau numérique, bref, à la digitalisation du réel. Il s'agit aujourd'hui pour les entreprises d'améliorer les outils grâce au numérique », explique Alexandre Rigal. « Ce que les industriels attendent en termes de formation, c'est que les jeunes soient toujours formés aux métiers de l'industrie, mais qu'en plus, le numérique soit une compétence transverse », détaille-t-il. Les filières qui séduisent le plus en ce moment ? « Du côté des jeunes diplômés, nous sentons qu'il y a une forte préoccupation sur tout ce qui est relatif au développement durable et au réchauffement climatique, mais toutes les filières industrielles ont besoin de recruter », relève le dirigeant.

Reste que si les écoles d'ingénieurs séduisent, l'enseignement secondaire est à la traîne. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'Ensam lance des initiatives telles que la création d'un diplôme de « bachelor de technologie », ouvert exclusivement aux bacheliers issus d'une formation technologique secondaire. Celui-ci permet, au terme de trois années de formation, d'occuper des postes de manager de petites unités de production. De multiples offres de formation de techniciens existent par ailleurs sur le marché : des CFA à celles de l'UIMM en passant par des B.T.S. et des D.U.T.... Pour y voir plus clair dans les métiers et les compétences, l'Alliance pour l'industrie du futur a ouvert le portail « Osons l'industrie » dans le but d'informer sur l'évolution des métiers, des qualifications et des compétences, aussi bien pour des jeunes en situation d'orientation que des actifs en quête de reconversion.

De Lacanau, le French Fab Tour embarque pour Arcachon, où il donne rendez-vous aux visiteurs le samedi 27 juillet.

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L'industrie, c'est tout un art !

« C'est super de mettre en avant l'industrie et les start-up »

Gaumar

Gaumar, de son vrai nom Margaux Otheguy, est l'une des plus jeunes talents à se produire à l'occasion du French Fab Tour. Artiste éclectique, formée au Cours Florent Musique, elle chante et joue de la guitare, de la trompette, du ukulélé et du piano depuis son plus jeune âge. A 24 ans, elle sort son premier album, Jaune. Elle nous parle de son originalité, de cette French touch et de ses amis start-uppers.

Après le « jaune » de votre premier album, vous passez au bleu du coq de la French Fab...

Oui ! Et je suis contente de changer de couleur ! Cela me permet de rencontrer d'autres artistes qui sont comme moi sur le French Fab Tour. Je fais la promotion de mon album en concert tout l'été et à la rentrée. La musique est un monde très particulier, avec des façons de travailler tout à fait distinctes d'autres secteurs, mais j'ai beaucoup d'amis qui travaillent dans l'industrie et d'autres qui ont lancé des start-up. C'est super que le French Fab Tour mette en avant l'industrie et les start-up. Ce sont des secteurs très créateurs d'emplois, il faut le souligner. Il s'y passe vraiment de belles choses, d'autant qu'au-delà des moyens technologiques, les Français sont vraiment créatifs, dans tous les domaines.

Vous avez mêlé technologie et créativité pour percer...

Oui, j'ai fait des chansons comme Entre tes doigts, disponibles en streaming sur Deezer. Et j'ai beaucoup utilisé les réseaux sociaux. Ce sont des outils essentiels pour se faire connaître. C'est vrai pour une jeune artiste comme moi, mais aussi pour les acteurs économiques et les entreprises de l'industrie, par exemple. Les entreprises doivent les utiliser pour leur image, pour parler aux jeunes et à leurs parents et faire connaître leurs métiers. J'ai donc commencé par poster des petites vidéos sur Internet. Une manière originale de communiquer avec ce qui est devenu mon public. J'ai également utilisé une plateforme de financement participatif pour lever des fonds. C'est intéressant de voir qu'avec la technologie et les réseaux, on peut créer une communauté, un esprit d'équipe...

Comment définiriez-vous votre style musical ?

J'ai un univers très solaire et très festif. Je fais de la pop urbaine, influencée par le reggae, le hip hop et le jazz. Et je chante en français parce que la langue française, c'est super. C'est comme cela que je me différencie. Je propose un mélange original, assez rare. Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas à l'international ! Je remarque d'ailleurs qu'il y a de plus en plus d'artistes français qui arrivent à percer dans d'autres pays, notamment en Asie, où beaucoup cartonnent. Et c'est leur spécificité française - la langue, le style, la créativité - qui leur permet de se démarquer.

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