Le French Fab Tour à Dieppe : ces industriels qui exportent le savoir-faire français

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(Crédits : DR)
Le coq bleu poursuit sa tournée en Normandie. Dans cette région, comme dans bien d’autres territoires de l’Hexagone, s’épanouissent des entreprises industrielles – du grand groupe à la PME – aussi innovantes qu’internationalisées. Illustration avec le leader européen de la palette, PGS et l'un des champions mondiaux des spiritueux, Pernod Ricard.

Seizième escale pour le French Fab Tour. Le samedi 10 août, le coq bleu s'est installé à Dieppe, sur la Côte d'Albâtre, pour donner un nouveau lustre à l'industrie en présentant toute la richesse et la modernité de ses métiers. Les partenaires de la « fab » n'ont pas ménagé leurs efforts. Ils ont érigé un village de 3000 mètres carrés pour « faire découvrir l'industrie sous toutes ses formes : l'aéronautique avec Dassault Aviation, de nombreuses expériences virtuelles immersives avec STMicroelectronics et Schneider Electric, la réalité augmentée avec Orange, un escape game toujours très prisé, un bus de la plasturgie, des quiz musicaux avec Deezer... Tout est réuni pour que chacun passe un moment industriel - et agréable ! », déclarait Patrick Bégay, directeur exécutif et directeur de la communication de Bpifrance, en s'apprêtant à inaugurer l'évènement dans la ville aux quatre ports. Nouvelle étape, et nouvelle réussite : pas moins de 35 000 personnes ont assisté aux démonstrations comme aux festivités à Dieppe.

« Les entreprises locales sont en forte recherche de main d'œuvre et dans les années à venir, le phénomène va encore s'amplifier », a pointé de son côté Patrick Boulier, président de l'agglomération Dieppe-Maritime. Et quoi de mieux que la pleine saison estivale pour montrer aux jeunes et à leurs parents le nouveau visage de l'industrie, afin de susciter des vocations ? Et l'évènement est aussi une façon d'attirer des talents dans la région... « Nous sommes à 200 km de Paris et nous avons une formidable carte à jouer pour faire venir les industriels. Et il faut qu'ils trouvent sur place les compétences nécessaires », a-t-il souligné. Automobile, nucléaire, mécanique... au sein de ce territoire, diverses filières fleurissent. « Nous sommes une région industrielle qui évolue vers le 4.0 et il faut accompagner cela », a conclu Patrick Boulier.

« L'industrie de demain est derrière les écrans. Nous sommes dans une révolution totale, quels que soient les métiers. Notre volonté est d'acculturer notre territoire au digital. Etre dans l'industrie de demain, c'est smart ! », a pour sa part lancé Valéry Jimonet, fondateur du cluster Dieppe Digital, de même que de Normandy EcoSpace, un incubateur et un espace de coworking dévolu à la fabrication additive et au prototypage, qui devrait ouvrir ses portes aux industriels dès septembre.

PGS, une ETI normande à la conquête des Etats-Unis

Innovantes et de plus en plus digitalisées, les entreprises industrielles normandes sont en outre très tournées vers l'international. C'est le cas du leader français et l'un des leaders européens de la palette, Palette Gestion Services (PGS), basé à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime. Fondée en 1993 par trois amis, la société spécialisée dans la fabrication de cet outil de transport de marchandises - indispensable à l'industrie - n'a cessé de croître, pour devenir aujourd'hui une ETI de 1300 collaborateurs, réalisant près de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé, dont plus de 35 % hors des frontières hexagonales, à travers ses implantations dans différents pays. « Nos scieries sont voisines des forêts » d'où provient le bois des palettes, explique Jean-Louis Louvel, président et cofondateur de PGS. « Tout est d'ailleurs une question de proximité. Pour la fabrication et le reconditionnement, nous sommes également proches de nos clients industriels », souligne cet entrepreneur dont le groupe est aujourd'hui implanté en Belgique, en Espagne, en Lettonie ainsi qu'au Maroc. Et PGS vient de franchir l'océan Atlantique, en investissant 30 millions de dollars dans la construction d'une scierie à Selma, en Alabama. « Nous avons pris la décision non pas de racheter une usine, mais d'implanter de toute pièce une usine avec notre matériel et notre savoir-faire français et européen », précise le dirigeant.

Dans son développement à l'international, le spécialiste de la palette utilise plusieurs recettes. « Il n'y a pas qu'un seul modèle », avance Jean-Louis Louvel. Du rachat d'entreprises à la construction d'usines en passant par des joint-ventures et des associations, il a s'adapte en fonction de l'interlocuteur et de sa culture. L'entreprise compte bien continuer sur sa lancée. L'ambition de Jean-Louis Louvel ? « Poursuivre notre croissance organique en Europe et investir massivement sur le continent américain », dit-il. Avec, en ligne de mire, un chiffre d'affaire proche de 500 millions d'euros dans les années qui viennent. L'internationalisation, en tout cas, est une nécessité pour PGS. « A partir du moment où l'on atteint la taille d'une ETI, c'est une obligation de vendre ses produits et ses services à l'international, ou de s'y implanter, afin de rendre l'entreprise pérenne dans une économie mondialisée », conclut ce dirigeant, enthousiasmé par l'initiative que représente le French Fab Tour.

Pernod Ricard, un empire mondial

Exemple de réussite à l'international s'il en est, le groupe Pernod Ricard fait, lui, rayonner le savoir-faire français aux quatre coins de la planète. « Le groupe Pernod Ricard s'est associé au French Fab Tour 2019 car cette tournée constitue une excellente opportunité de faire connaitre notre activité, notre savoir-faire et notre empreinte économique », précise Bruno Goimier, directeur de la communication des sociétés Ricard et Pernod. De fait, les activités de ce poids lourd industriel soutiennent plus de 25 000 emplois directs et indirects dans l'Hexagone. Et le groupe familial occupe la deuxième place dans son secteur sur le podium mondial, avec un chiffre d'affaires consolidé de près de 9 milliards d'euros et une présence dans 86 pays. Né en 1975 de la fusion de Ricard et Pernod, le groupe s'est développé tant par la croissance interne que par les acquisitions. Le pastis Ricard, le cognac Martell, la vodka Absolut, les champagnes Mumm et Perrier-Jouët, les whiskies Ballantine's ou Chivas Regal, la liqueur Malibu, les vins comme Kenwood et Jacob's Creek... ne sont que quelques-unes des marques du portefeuille de ce champion tricolore. Elles sont distribuées à travers six sociétés de marques et 86 sociétés de marchés réparties sur les cinq continents.

Pour conquérir des marchés stratégiques tels que la Chine, l'entreprise familiale s'adapte aux modes de consommation. Son atout dans l'empire du Milieu ? Le cognac Martell, dont les consommateurs chinois raffolent, en le dégustant notamment pendant les repas. De quoi faire de cette marque tricentenaire un véritable ambassadeur de la tradition et du savoir-faire français... Quant aux marques traditionnelles, comme Suze - une boisson réalisée à partir des racines de gentiane, cultivées en Auvergne mais aussi en Seine-Maritime -, ou Lillet, un apéritif à base de vin, elles font l'objet d'un regain d'intérêt grâce à la « mixologie »... et séduisent de plus en plus de consommateurs, en particulier outre-Rhin et outre-Atlantique.

Autre ingrédient du succès pour le fleuron français des spiritueux : l'innovation, considérée comme l'un des piliers de son accélération, en plus du luxe et du digital. Avec le lancement de Jameson Caskmates, un whisky irlandais vieilli dans des fûts de bière, ou celui de Ricard Plantes Fraîches, élaboré avec de l'anis issu de plantes fraîches - dont le fenouil - cultivées en Provence et distillées sur place sous 24 heures après leur récolte, Pernod Ricard veut continuer de surprendre...

Le French Fab Tour d'été quitte désormais la Normandie pour prendre la direction du Nord : rendez-vous est donné aux habitants et aux vacanciers le lundi 12 août, au Touquet.

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L'industrie, c'est tout un art !

Elijay, trois filles dans le vent

LEJ

Elles s'appellent Lucie Lebrun, Elisa Paris et Juliette Saumagne et se produisent sous le nom de LEJ, prononcé à l'anglaise, Elijay. Trois amies qui font les beaux soirs du French Fab Tour d'été, avec leurs reprises et leurs chansons originales.

« Notre seul message, c'est que tout est possible. L'important est de faire ce qu'on aime », déclare d'emblée Lucie Lebrun. Une philosophie qui ne pourra que résonner auprès du public venu participer tous les soirs au French Fab Tour d'été, comme il a séduit les fans, qui, depuis 2013, font un triomphe aux trois jeunes femmes, réunies sous le nom de LEJ, pour Lucie Lebrun, Elisa Paris et Juliette Saumagne - ou Elijay, selon la prononciation anglaise des initiales de leurs trois prénoms. Oui, tout est possible, dans la chanson comme dans l'industrie, si des jeunes veulent se lancer. « Et quand cela se fait entre amies, c'est encore plus génial », poursuit Lucie.

Les trois amies de Saint-Denis, qui ont d'abord étudié la musique classique au conservatoire, vivent une aventure extraordinaire depuis leurs débuts. D'abord avec Summer 2015, une vidéo reprenant en mashup des succès planétaires du moment, tels que Lean On, de Major Lazer, tournée près de la plage de Lacanau, postée sur YouTube, et vite devenue, après plusieurs millions de « vues », le single le plus vendu en France.

« Summer 2015 a pris beaucoup plus d'ampleur que prévu, déclare sereinement Lucie, et si le public pouvait chanter avec nous pendant les tournées, notre objectif était bien de réaliser des compositions originales assez rapidement ensuite, pour montrer que nous savions faire autre chose ».

La victoire de tous

Elles enchaînent donc avec des morceaux de leur composition - et séduisent tout autant. Elles font la première partie d'un concert de Pharrell Williams, chantent sur scène lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes, en compagnie du trompettiste Ibrahim Maalouf, en 2016, et collaborent avec Grand Corps Malade, la même année. Elles poursuivent le mashup, les concerts, les tournées, les succès. En 2018, au lendemain de la victoire de la France à la coupe du monde de football, elles rendent hommage à Kylian Mbappé sous la forme d'un clip intitulé Liberté, Egalité. Ce qu'elles apprécient chez le jeune sportif, « c'est son parcours impressionnant, sa discipline, sa générosité, son perfectionnisme, son métissage... ». La victoire de la France est celle de tous, disent-elles, et Kylian Mbappé l'incarnation « de belles valeurs que les jeunes devraient suivre », conclut Lucie.

Les trois jeunes femmes veulent partager leur passion avec tous ceux - et ils sont nombreux ! - qui se pressent au village de la French Fab, à l'occasion du Tour d'été, et assistent au concert de clôture : « Nous voulons leur dire d'être curieux, de toujours rechercher l'originalité, d'aller au bout de leurs rêves, de ne pas se mettre de barrières ». Un enthousiasme en parfaite harmonie avec celui de la French Fab elle-même...

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