Le French Fab Tour à Pornic : les drones professionnels prennent leur envol

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(Crédits : DR)
A mi-parcours de sa tournée estivale, le coq français arrive en Loire-Atlantique pour poursuivre sa mission : présenter au public la diversité des filières industrielles tricolores, à la pointe de l’innovation, via une série de démonstrations, dont celle du champion européen du drone civil, Parrot. Une pépite de la French Tech qui transformera le mode opératoire de nombre d’industries et de métiers.

Le French Fab Tour d'été se pose sur la Côte de Jade. Lancée le 15 juillet à Nice, cette opération de mise en valeur de l'industrie française et de ses métiers séduit toujours plus d'habitants et de vacanciers. « Sur les dix premières étapes du French Fab Tour d'été, déjà 211.000 visiteurs ont découvert une industrie innovante, dynamique, qui embauche, exportatrice, digitalisée et de plus en plus responsable », s'est réjoui Patrice Bégay, directeur exécutif et directeur de la communication de Bpifrance, en préparant l'inauguration de l'événement, à Pornic. Et de détailler : « Sur le French Fab Tour, on assiste à des échanges et de belles rencontres avec les entreprises locales. On peut suivre des démonstrations d'impressions 3D ou de drones avec Parrot et profiter d'animations sportives et musicales. Sans oublier la possibilité de participer à un escape game, dont le but est de construire une usine ».

Quelques jours plus tôt, la station balnéaire accueillait l'événement aérien Les Ailes Bleues, en partenariat avec Airbus et la région Pays-de-la-Loire, doté d'un village dédié aux métiers de l'aéronautique. De fait, le territoire abrite une filière aéronautique forte - et qui recrute. Le secteur naval n'est pas en reste : les Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, fleuron de la construction navale, prévoient cette année d'embaucher 400 CDI dans une cinquantaine de métiers. Le maire de Pornic, Jean-Michel Brard, résume : « Dans l'aéronautique comme dans le naval, nous avons des carnets de commande à huit ou dix ans. Tout l'enjeu est d'inciter les talents à se former et à venir sur notre territoire pour travailler dans ces métiers en tension ».

Les drones, du BTP aux producteurs d'énergie

Le French Fab Tour d'été tombe ainsi à pic pour attirer les talents... Ses partenaires ont déployé un programme pédagogique et de divertissement très dense afin de mieux montrer la diversité et la modernité des métiers industriels. C'est le cas du champion français du drone, Parrot, avec ses démonstrations au sol, dans le cadre d'un espace dédié au sein du village de la « fab ». Numéro 1 européen du drone civil, la pépite surfait au départ sur la mode des drones de loisirs. Mais face à un marché grand public décevant, à la concurrence chinoise et des résultats en baisse, la société, créée en 1994 et spécialisée à l'origine dans les technologies de reconnaissance vocale, a opéré un virage stratégique vers le marché des drones à usage professionnel qui, lui, est en pleine expansion. « L'essentiel du chiffre d'affaires de l'entreprise, soit environ 70 %, est aujourd'hui dans les drones à usage professionnel », indique le PDG de Parrot, Henri Seydoux.

Avec ANAFI Thermal, son dernier mini modèle, disponible depuis mai dernier, une solution de thermographie qui permet aux professionnels de visionner en direct les images de surfaces, de bâtis ou de zones à risque survolées, Parrot vise un large éventail de métiers : experts de la sécurité civile et secours, organisations de préservation de l'environnement, de même que professionnels du BTP et producteurs ou transporteurs d'énergie...

D'ailleurs, Parrot croit fermement à la promesse des micro-drones : d'après son dirigeant, ces petits robots volants sont « promis à un avenir extraordinaire ».

Enfin, bonne nouvelle pour le fabricant de drones français : fin mai, il a été retenu par l'armée américaine, aux côtés de cinq autres sociétés, pour développer la nouvelle génération de drones de reconnaissance à courte portée. « L'entreprise est dans une phase de reconfiguration et le virage n'est pas terminé. Mais la situation économique s'améliore », conclut Henri Seydoux.

L'étendard de l'industrie française poursuit sa tournée : prochain rendez-vous le jeudi 1er août, aux Sables d'Olonne.

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L'industrie, c'est tout un art !

La Faïencerie de Pornic, « un petit industriel, mais un grand artisan »

Faiencerie

Voyage au cœur de la société qui décore les fameux bols à prénom, en compagnie de son directeur général, Pierre Woda.

Le bol de l'enfance, assorti du prénom, comme une petite madeleine... Chacun s'en souvient, bien sûr. Et Marie-Francine, le film de Valérie Lemercier, en 2017, qui faisait la part belle au fameux bol, a, si nécessaire, rafraîchi les mémoires.

Une aubaine pour Pierre Woda, le directeur de la Faïencerie de Pornic, qu'il a reprise en 2003. Ses salariés, une trentaine, le décorent avec amour depuis des années, de même que d'autres pièces de l'art de la table. « Nous sommes un petit industriel, mais un grand artisan », dit-il avec fierté. Le patron de la Faïencerie se félicite bien sûr du regain de notoriété dû au film, « mais les retombées commerciales sont difficiles à mesurer, puisque nous avons également consenti des efforts en matière de communication et de marketing, avec, notamment, une boutique en ligne », ajoute-t-il.

French Touch

Si la société, qui existe depuis 1947, a connu des périodes creuses, comme lors de la crise de 2008, c'est le bol, peu sensible aux modes et constamment en demande, qui l'a toujours sauvée. Et depuis toujours, la Faïencerie de Pornic mise sur la French Touch traditionnelle. « Nos opérations ne sont pas mécanisées. Notre seule machine, c'est un four pour cuire les pièces, les « biscuits », autrement dit, la matière brute, en provenance d'une fabrique portugaise - et ce sont des décoratrices qui les transforment en les peignant », poursuit l'entrepreneur de Pornic. Elles peignent quelque 500 000 pièces par an, dont 300 000 bols, avec un prénom, bien sûr, mais aussi de petits personnages typiquement bretons ou des feuillages.

Au-delà du fameux bol, la Faïencerie a, depuis plusieurs années, fait appel à des créateurs extérieurs pour lancer de nouveaux décors et de nouvelles collections, comme Angélique O, issue de l'esthétique cultivée par Angélique Olivier, une créatrice de Pornic. « Mais l'essentiel de notre activité consiste à maintenir la tradition et le savoir-faire à travers des produits que les gens recherchent parce qu'ils ont eu les mêmes lorsqu'ils étaient plus jeunes », précise Pierre Woda. .

La société bretonne concentre ses ventes sur la Bretagne historique, la Normandie et les Pays-de-la-Loire, mais exporte également, en petites quantités, dans une trentaine de pays - en Europe, mais aussi au Canada et aux Etats-Unis, en Australie, à Singapour, et même au Japon, un pays pourtant exigeant et à forte tradition céramique, qui plus est. « Cela fait toujours plaisir lorsque des gens de très loin achètent nos produits », conclut sereinement le faïencier. De quoi créer des souvenirs d'enfance, bien loin de Pornic...

https://www.faiencerie-pornic.fr

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