Le French Fab Tour à Quimper : le textile français à l'honneur

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(Crédits : DR)
Le coq bleu continue de sillonner la Bretagne, avec pour ambition de montrer aux jeunes le visage d’une industrie tricolore en plein renouveau. La filière de l’habillement en est le symbole : elle renaît aujourd’hui grâce à des sociétés qui relèvent le pari d’un « made in France » responsable et innovant.

Pour sa treizième escale depuis le lancement de l'opération le 15 juillet, le French Fab Tour d'été s'est posé à Quimper. Là encore, un riche programme, aussi festif que pédagogique, pour asseoir l'image d'une industrie française en plein boom et susciter l'envie de la rejoindre. « Ce n'est pas tout d'être sur le lieu de villégiature des jeunes, encore faut-il leur parler de l'industrie de façon ludique et festive. Ce sont eux qui vont construire le monde de demain », déclarait Patrice Bégay, directeur exécutif et directeur de la communication de Bpifrance, avant d'inaugurer le village de la « fab » - qui a attiré 32 000 habitants et vacanciers.

Pour le maire de Quimper, Ludovic Jolivet, ce French Fab Tour est une occasion en or pour « connecter la jeunesse et l'industrie. L'industrie peine à recruter et la Bretagne n'est pas épargnée par cette tendance. Les métiers industriels ont pourtant considérablement évolué et ce secteur offre de beaux débouchés », a rappelé l'élu. De fait, dans sa région s'épanouissent plusieurs entreprises innovantes, telles que le fleuron local, Entech Smart Energies, une PME spécialisée dans les réseaux électriques intelligents, de même que Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, en pointe dans le stockage d'électricité, et qui vient d'annoncer entre 50 et 100 embauches à venir. Une bonne nouvelle de plus pour une industrie hexagonale qui, depuis deux ans, retrouve des couleurs dans de nombreux secteurs, y compris les plus traditionnels...

Jean 1083 décuple ses ventes

Ainsi de la filière textile. Porté par l'innovation, le secteur se redresse, après des décennies de délocalisation vers des pays à bas coûts de main d'oeuvre. Aujourd'hui, c'est justement sur le « made in France » que plusieurs jeunes pousses tricolores fondent leur succès. Partenaire du French Fab Tour, Jean 1083 a fait de la production locale son credo, que l'on retrouve jusque dans son nom : 1083 km, c'est la distance exacte entre les deux points les plus éloignés de l'Hexagone - Menton, au sud-est, et Porspoder, en Bretagne, au nord de Brest. « Tout, sauf le coton, est fabriqué dans un rayon de moins de 1083 km », souligne Thomas Huriez, président de la marque qu'il a fondée il y a cinq ans à Romans, dans la Drôme. Plus de 90 % de ses denims sont ainsi fabriqués en France, la teinture et la filature étant parfois réalisées dans des pays frontaliers comme l'Espagne. Et très prochainement, même le coton que la société utilise devrait être « récolté » dans l'Hexagone... « Demain, nous allons produire le coton localement en apprenant à l'extraire des vieux jeans. Cela se concrétisera l'année prochaine par la mise en place d'une ligne de recyclage de jeans dans notre usine des Vosges », annonce le jeune patron.

A en juger par les ventes, l'argument du « made in France » fait mouche. Depuis son lancement, Jean 1083 a multiplié son chiffre d'affaires par quarante - celui-ci devrait s'élever à 8 millions d'euros cette année - et créé 150 emplois. Et « ce sont nos clients qui, en achetant nos jeans, créent ces emplois », souligne le dirigeant de cette marque qui fabrique, outre des jeans, des T-shirts, des bonnets et des pulls avec des partenaires français et toujours dans une démarche éco-responsable, comme ses bonnets fabriqués à partir de vieux habits de pompiers.

Le Slip Français mise sur l'innovation

Autre partenaire du French Fab Tour - il a conçu spécialement pour l'occasion un slip arborant une broderie du coq français ! - le Slip Français a lui aussi fait du « made in France » son cheval de bataille dès sa naissance, en 2011. « Nous fabriquons nos produits entièrement en France depuis sept ans. Nous allons faire 30 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, dans une industrie où il n'y a eu que très peu d'innovation dans la fabrication du textile depuis 50 ans et où les donneurs d'ordres sont partis fabriquer toujours plus loin pour trouver toujours moins cher », lance Guillaume Gibault, le fondateur de cette pépite basée à Paris. « Aujourd'hui, grâce au circuit court et à la distribution en ligne, on peut fabriquer avec des machines plus digitales et plus agiles, plus localement et plus durablement. On n'est pas obligé d'aller fabriquer à l'autre bout du monde », insiste le jeune patron. Tricotage des fils à la façon, étiquettes, élastiques... toutes les étapes de fabrication des sous-vêtements de la marque ont lieu dans l'Hexagone.

Et cela marche. La société emploie aujourd'hui 250 personnes dans 27 ateliers qui, partout en France, produisent des slips et des chaussettes, mais aussi des pyjamas et des maillots de bain. La recette de ce succès ? « Il y a avant tout un bon produit et un savoir-faire français. Sans oublier l'engouement des clients qui, de plus en plus, se posent la question de savoir comment sont fabriqués les produits qu'ils consomment », analyse Guillaume Gibault. Pour séduire toujours plus, il mise également sur l'innovation . « Nous nous inspirons beaucoup du processus de fabrication de la chaussette qui, aujourd'hui, est très innovant et automatisé. Sur la deuxième partie de l'année, nous allons recevoir les premières productions de slips fabriqués façon chaussettes ». Après l'automatisation de la fabrication du textile dans les années 30, l'heure est peut-être de nouveau à la fabrication personnalisée à la pièce, comme c'est possible aujourd'hui pour les chaussettes grâce à des machines innovantes. Et Guillaume Gibault de citer en clin d'oeil son auteur préféré, Romain Gary : « Le prêt-à-porter, disait l'écrivain, 'on ne sait pas très bien où ça commence et où ça finit' ... ».

Le French Fab poursuit son aventure sur le littoral breton. Prochain rendez-vous : le mardi 6 août, à Saint-Malo.

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Faire dialoguer sport et tech pour que jaillisse l'innovation

Présent au French Fab Tour d'été à Quimper, le rugbyman Frédéric Michalak se lance dans l'événementiel. Premier essai à Lyon, du 19 au 21 septembre, avec un salon, Sport Unlimitech, qui fera dialoguer sportifs, chercheurs et innovateurs.

Michalak

Après une carrière bien remplie, qui l'a, entre autres, amené à être couronné meilleur buteur de l'histoire du XV de France, en 2015, sans oublier sa participation à de nombreuses coupes du monde, Frédéric Michalak se lance à la rentrée dans une nouvelle aventure : celle d'entrepreneur, spécialisé dans l'événementiel. Avec un premier salon, Sport Unlimitech, du 19 au 21 septembre à Lyon, qui s'appuie sur un concept inédit. En effet, Sport Unlimitech vise à faire dialoguer sportifs, chercheurs et innovateurs de la tech. « A travers Sport Unlimitech, l'idée est d'avoir un espace de rencontres entre chercheurs, industriels et sportifs pour mettre en partage et tester ce qui est nouveau et meilleur. C'est de ce brassage que naîtront les améliorations les plus prometteuses ! », s'enthousiasme le sportif, aujourd'hui président de Sport Unlimitech. Car si la technologie est présente dans tous les secteurs de l'économie, dont l'industrie, elle l'est également dans le sport. Ainsi, « la science est entrée dans nos pratiques professionnelles. Les progrès embrassent toutes les disciplines et tous les domaines - des équipements à l'alimentation, des stades à la manière dont on vit chaque effort physique, déclare-t-il. Ainsi, il existe maintenant des protections connectées qui permettent de savoir si un joueur a subi un choc cérébral. De même, la tendance, pour des questions de sécurité, est aux stades connectés ». Et de poursuivre : « Tout au long de ma carrière, j'ai eu la chance de jouer dans les plus grands clubs. Cette expérience du haut niveau s'est trouvée confrontée à la plus extraordinaire évolution que le rugby aura connu dans son histoire. Avec le professionnalisme sont arrivés des matériels toujours plus pointus, un support médical et des règles d'hygiène de vie qu'aucun de mes ainés n'avait eu à sa disposition ».

Gagner de nouvelles médailles

Le Matmut Stadium Gerland, rebaptisé pour l'occasion l'Unlimitech Stadium, accueillera ainsi un Lab, présentant les innovations techniques liées au sport ; un espace de discussions, l'Unlimitech Talks, et un Unlimitech Club, qui donnera l'occasion aux professionnels de tous les milieux - le sport, la recherche, l'innovation, l'entrepreneuriat - de réseauter. Et si le salon vise d'abord un public spécialisé, il sera, le dernier jour, également ouvert à tous les curieux, aficionados et férus de tech et d'innovation, avec notamment des compétitions d'e-sport.

De quoi, en outre, permettre à des jeunes de se découvrir une vocation dans ce secteur, en pleine évolution. Frédéric Michalak rêve même de transformer un jour ce nouvel événement en un véritable CES, comme à Las Vegas, pour que recherche publique et privée, start-up et entrepreneurs, sportifs et patrons de clubs travaillent main dans la main à développer de nouveaux matériaux et de nouveaux outils. Autant de passerelles qui vont pouvoir, avec cet évènement, être jetées entre plusieurs mondes. Avec un but ultime : « développer un modèle économique qui permettra de gagner davantage de médailles », conclut Frédéric Michalak. C'est vrai pour toutes les disciplines sportives comme pour l'industrie française...

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