Le French Fab Tour à Saint-Malo : en route vers la transformation numérique

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(Crédits : Howard Steed, Pixabay)
Pour sa quatorzième escale, le coq bleu se pose sur les plages de la cité corsaire, une ville touristique de premier plan où s’épanouissent de nombreuses entreprises industrielles. L’objectif de l’événement : présenter au public une industrie tricolore innovante, de plus en plus digitalisée et en plein recrutement. L’occasion de faire le point sur la mutation digitale des ETI tricolores, nombreuses à avoir amorcé ce virage clé pour leur avenir.

C'est une industrie dans l'air du temps, innovante et digitale, que le French Fab Tour d'été est venu promouvoir, le mardi 6 août, sur la grande esplanade Saint-Vincent à Saint-Malo. Depuis qu'il s'est élancé de Nice, à la mi-juillet, l'étendard de l'industrie française récolte un franc succès sur toutes les étapes qui jalonnent son Tour de France d'été. L'escale à Saint-Malo n'y fait pas exception : l'événement a attiré, dans la cité corsaire, quelque 37 000 habitants et vacanciers. « Je tiens à remercier les 18 municipalités des sept régions de France qui nous reçoivent avec toute leur énergie et leur savoir-faire pour permettre au French Fab Tour de promouvoir l'industrie, recruter des talents et fédérer les acteurs des écosystèmes qui participent au développement économique de la France », a déclaré Patrice Bégay, directeur exécutif et directeur de la communication de Bpifrance, avant d'ouvrir le village conçu par les partenaires de la « fab » dans le but de susciter les vocations à travers leurs démonstrations, suivies de festivités.

« Je suis très attentif à ce que les jeunes réapprennent ce qu'est l'industrie et aient envie de s'y investir », a souligné pour sa part le maire de Saint-Malo, Claude Renoult, lui-même issu du monde de l'industrie, puisqu'il a fait une carrière d'ingénieur dans le secteur de l'énergie. « A Saint-Malo, nous avons des entreprises industrielles qui éprouvent des difficultés de recrutement », a-t-il rappelé. Exemple, Sabena Technics, spécialiste de la maintenance aéronautique, toujours en quête de candidats, de même que d'autres pépites basées dans cette ville aussi touristique qu'industrielle. Des fleurons tels que le spécialiste agro-alimentaire Roullier ou le groupe de distribution de prêt-à-porter Beaumanoir aux ETI telles que le spécialiste de la domotique Delta Dore, en passant par les PME comme Laiterie Malo : l'écosystème malouin fait preuve d'un dynamisme insolent et propose des métiers modernes, de plus en plus numériques. « Toutes nos entreprises ont entamé leur transition digitale, avec plus ou moins d'intensité », affirme l'élu de cette ville située à trois quarts d'heure de train de Rennes, la capitale bretonne, réputée pour son écosystème numérique.

La transformation digitale, un atout pour la France

De fait, en Bretagne, comme partout en France, bon nombre d'entreprises ont d'ores et déjà pris le virage du numérique. D'après une étude de KPMG (« Transformation digitale des ETI : la dynamique est enclenchée ! »), publiée en octobre 2018, 81 % des 200 ETI interrogées en France ont entamé leur transformation numérique. Plus de la moitié (52 %) l'ont même fait depuis plus deux ans. Le moteur de leur démarche ? La satisfaction client, qui arrive en tête des objectifs cités, suivie par le but d'améliorer l'efficacité opérationnelle et celui de maintenir la compétitivité face à de nouveaux entrants. Plus en détails, par secteur, 70 % des ETI industrielles et du BTP indiquent avoir opté pour la transformation digitale. Leur digitalisation n'est toutefois pas sans rencontrer quelques problèmes...

Les principaux freins ? Parmi les ETI sondées, 59 % citent l'écueil de la mesure de l'impact qu'aura la transformation sur leur entreprise, de même que celui de fédérer les parties prenantes autour du projet, devant la difficulté d'enclencher les investissements financiers nécessaires au projet. Autre enseignement, mis en lumière par le baromètre 2018 de la transformation industrielle, également réalisé par KPMG : près de la moitié (47 %) des industriels estiment leur niveau de maturité insuffisant pour mener à bien leur transformation numérique... Mais les bénéfices constatés sont palpables : 76 % des ETI sondées mettent en avant des gains en matière d'efficacité opérationnelle, précise en substance l'étude « Transformation digitale des ETI : la dynamique est enclenchée ! ».

De fait, la transformation digitale des entreprises est une nécessité. « C'est une obligation si on veut rester dans la course mondiale », estime François Bloch, directeur général de KPMG France. Pour le dirigeant de ce cabinet, implanté sur l'ensemble des territoires de l'Hexagone à travers ses 238 bureaux, la France est bien placée pour tirer son épingle du jeu... « La transformation digitale peut permettre de dégager du temps sur des tâches routinières et mieux utiliser les capacités de l'humain. En France, celles-ci sont nombreuses : la qualité de nos ingénieurs, de notre recherche, de notre innovation et de notre design. Grâce à la transformation digitale, ces atouts pourraient être davantage mis à profit », assure-t-il.

La digitalisation de l'industrie induit la mutation et la naissance de nouveaux métiers. « L'usine se transforme complètement », souligne François Bloch, mais les entreprises peinent à trouver les compétences nécessaires. C'est tout l'enjeu du French Fab Tour qui cherche à renforcer l'attractivité de l'industrie auprès des jeunes. « Les métiers industriels d'aujourd'hui sont passionnants et très différents de ceux d'il y a dix ans », conclut cet expert.

Après la Bretagne, cap sur la Normandie : le jeudi 8 août, le French Fab Tour d'été s'invite à Deauville, pour une nouvelle rencontre de l'industrie et de ses futurs talents.

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« Nous faisons travailler les industriels de Saint-Malo

Trois questions à : Serge Raulic, PDG des Thermes Marins

Le patron de l'entreprise familiale emblématique de Saint-Malo a transformé un savoir-faire typiquement français en un concept original de centres de remise en forme urbains, Aquatonic®. Ses services de pointe et ses produits cosmétiques sont un succès, en France comme à l'international.

Thermes Marins

1 - Racontez-nous vos débuts...

Notre histoire a débuté en 1981 par le rachat des Thermes Marins de Saint-Malo, avec un objectif : redonner à l'établissement sa vocation initiale de Grand Hôtel et faire des Thermes Marins un centre de thalassothérapie de pointe. Nous sommes aujourd'hui le premier groupe indépendant du secteur de la thalassothérapie en France, le principal acteur hôtelier en Bretagne Nord et le troisième plus gros employeur malouin. Nous recevons 25 000 curistes par an sur Saint-Malo et nous employons 800 personnes dans le Grand Ouest et à Val d'Europe (77). Et le groupe fait plus de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Nous avons sept hôtels, trois résidences hôtelières, un centre de thalassothérapie & spa et un golf de 27 trous à Saint-Malo. Notre entreprise familiale intervient dans une industrie du tourisme en plein essor et dans les métiers du bien-être, avec une approche de santé préventive, un enjeu crucial face au vieillissement de la population, sans oublier que nous contribuons à l'attrait de Saint-Malo. Nous avons d'ailleurs un projet de développement d'un deuxième centre de thalassothérapie sur place (www.projetlesnielles.fr). Bref, nous sommes une belle ETI, dotée d'une stratégie d'entreprise familiale et qui veut construire l'avenir sur des bases solides.

2 - Vous avez également développé un concept original...

Oui, nous avons développé des centres de remise en forme urbaine, Aquatonic®. C'est un ensemble d'ateliers avec de multiples jets pour le dos, les épaules et d'autres parties du corps, en vue d'un entretien corporel personnalisé. Nous avons lancé le concept à Saint-Malo, puis nous avons ouvert trois autres Aquatonic®, à Paris Val d'Europe, Nantes et Rennes. Et nous faisons également rayonner ce savoir-faire français au Japon, en Egypte, à Singapour, au Koweït... La thalassothérapie est en effet une activité traditionnelle française, qui s'appuie sur les vertus thérapeutiques de l'eau de mer, avec, dès le XIXè siècle, la pratique de nettoyer le nez des nourrissons avec de l'eau de mer, par exemple. Une idée développée par un biologiste français, René Quinton, né en 1866, sous la forme d'un sérum, encore utilisé de nos jours. En outre, nous avons développé une gamme de produits cosmétiques à base d'eau de mer. Une trentaine de produits grand public, dont une grande partie est exportée, sous la marque Lysedia, ainsi que des produits professionnels utilisés dans nos centres de thalassothérapie et de remise en forme. Et que ce soit pour nos produits cosmétiques ou pour nos centres de thalassothérapie, nous faisons appel à des bureaux d'études techniques et des industriels locaux, à Saint-Malo, pour travailler, par exemple, l'hydraulique des piscines. Même chose sur Rennes et Nantes : nous avons toujours pris des entreprises locales. La fidélité dans le relationnel professionnel se traduit toujours de façon positive. Quand nous avons besoin d'eux, ces entrepreneurs sont toujours là pour nous.

3 - Pourtant, rien ne vous prédestinait à être un entrepreneur à succès dans la thalassothérapie...

C'est vrai ! J'ai fait des études à l'Ecole nationale de l'aviation civile à Toulouse et, petite anecdote, alors qu'on a récemment célébré les 50 ans des premiers pas sur la Lune, j'étais, en juillet 1969, aux Etats-Unis dans le cadre d'un voyage d'études et j'ai passé deux mois dans une famille américaine. Et pas n'importe laquelle : une famille qui recevait tous les ans en vacances celle de Buzz Aldrin, le pilote d'Apollo 11 et deuxième homme à marcher sur la lune. Et je dormais dans le lit qu'il occupait habituellement, tandis qu'il marchait sur la lune !

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