Inflation galopante, moral et pouvoir d'achat en berne... les soldes d'été démarrent pour trois semaines dans un contexte incertain

Les soldes d'été s'ouvrent ce mercredi pour trois semaines. Dans un contexte inédit d'inflation galopante, de pouvoir d'achat en berne, les acteurs du secteur du commerce et de l'habillement espèrent que les rabais attireront les clients au pouvoir d'achat malmené. Mais les consommateurs seront-ils au rendez-vous ?

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Les soldes d'été s'ouvrent ce mercredi matin et prendront fin dans trois semaines, le 19 juillet.
Les soldes d'été s'ouvrent ce mercredi matin et prendront fin dans trois semaines, le 19 juillet. (Crédits : BENOIT TESSIER)

Dans un contexte incertain, marqué par une inflation inédite depuis 30 ans, s'ouvrent ce mercredi matin les soldes d'été qui prendront fin dans trois semaines, le 19 juillet. Alors que les commerçants espèrent une relance du secteur, les clients seront-ils au rendez-vous ? C'est toute la question. En plus de la hausse des prix sur de nombreux postes de dépenses - l'énergie, les transports, puis l'alimentation -, le moral des ménages, qui joue sur l'envie de consommer, a été durement éprouvé depuis le début de l'année, qui a commencé avec le variant Omicron, puis le conflit en Ukraine.

Pour attirer les clients, Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce (commerces d'habillement, de chaussures et de centre-ville), cité par l'AFP, l'assure : « Il y aura de bonnes affaires à faire dès le début » des soldes, ce mercredi. Toutefois, « il est difficile de savoir comment les clients vont réagir » et d'anticiper la fréquentation des commerces dans les prochains jours, ajoute-t-il.

L'inflation, période risquée pour la mode et l'habillement

L'inflation est vue comme « une période risquée » pour le secteur de la mode et de l'habillement, ajoute-t-il. « Quand les clients doivent faire des arbitrages sur leur consommation, c'est souvent défavorable au secteur. »

Cependant, les soldes restent cependant compatibles avec « la recherche du bon prix », qui « redonnera du pouvoir d'achat aux clients », espère le directeur général de l'Alliance du commerce.

Les commerçants comptent beaucoup sur cette période de surcroît d'activité des soldes pour renflouer leur trésorerie mise à mal depuis janvier : les ventes en magasins ont en effet reculé « de -7 % » au cumul, depuis le début de l'année 2022 par rapport à 2019, selon l'Alliance du commerce, et ce, malgré « une embellie fragile » en mai. Encore faut-il que les clients continuent d'être au rendez-vous. Or, après ce petit rebond des ventes en mai, le début du mois de juin « était à nouveau en recul », note l'Alliance du commerce.

S'ajoute la hausse des coûts de production, d'exploitation ou de transport, qui a touché tout le secteur. Les vendeurs doivent « pouvoir préserver leurs marges, assumer l'augmentation des coûts », explique Yohann Petiot. Le remboursement des Prêts garantis par l'Etat a également débuté en avril.

Inquiétude des marchés

Plus globalement, depuis le début de l'année, le secteur ne va pas fort. En Bourse, les poids lourds de la « fast fashion » comme Boohoo, Asos, Zalando, ou même le géant espagnol Inditex, malgré les résultats financiers insolents de ce dernier, font grise mine.  Les inquiétudes des marchés valent aussi pour les produits high tech ou d'ameublement.

«On n'a encore jamais vu de période lors de laquelle le pouvoir d'achat baisse, où les ventes de biens discrétionnaires [non essentiels, Ndlr] ne baissent pas», explique à l'AFP Clément Genelot, analyste financier spécialiste du secteur de la distribution chez Bryan, Garnier & Co.

Commandes prudentes et stocks moindres

Se pose en outre la question des stocks, que la période de soldes doit permettre d'écouler. Le spécialiste en la matière, le patron du site Veepee, Jacques-Antoine Granjon, disait mercredi à l'AFP avoir «à sa disposition moins de stock que les années précédentes», les marques ayant pour certaines «remis en boutique celui des années précédentes».

Dans un contexte très incertain, les entreprises se sont aussi montrées plus prudentes dans leurs commandes et ont privilégié des sources d'approvisionnement plus proches, comme le Maroc, pour coller plus rapidement et plus efficacement à la demande. Sans compter des livraisons parfois retardées en raison de chaînes d'approvisionnement perturbées par le Covid-19, la guerre en Ukraine ou encore l'engorgement des ports chinois.

Remise en question éthique et environnementale

Dernier facteur d'incertitude: les préoccupations environnementales des consommateurs, qui se tournent massivement vers la seconde main. Stéphane Rodier, trésorier de la Fédération nationale de l'habillement (FNH), estime que le principe même des soldes doit être repensé.

« Produire en gros volumes qu'on doit ensuite brader pour se débarrasser, c'est quand même pas du tout écologique », regrette-t-il, appelant à une «réflexion globale» pour faire émerger des «solutions viables qui ne nous fassent pas consommer pour consommer».

Lire aussi 6 mn« Fast fashion » : porter des vêtements non éthiques fait désormais culpabiliser le consommateur

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 22/06/2022 à 10:43
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Les soldes durent 4 semaines pour info !

à écrit le 22/06/2022 à 10:16
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"qui joue sur l'envie de consommer" de consommer n'importe quoi pour se faire plaisir ? Ou par besoin (attendre les soldes pour faire un achat devenu obligé, mon short de 6 ans qui partait en morceaux, j'ai pas attendu les soldes (y ai pas pensé, soi...

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