La situation financière du CNRS est plutôt bonne, avec une trésorerie qui s'élevait à 1,4 milliard d'euros fin 2023, soit une croissance de 900 millions d'euros en 11 ans.
La Cour des comptes constate une insuffisance dans la planification des ressources du CNRS, ainsi qu’une approche excessivement prudente, ce qui rend l’institut de recherche moins attractif. Sur une décennie, le nombre de candidatures de chercheurs a connu une baisse de 36 %.
Ce mardi, la Cour des comptes publie un rapport sur la tenue budgétaire du Centre national de recherche scientifique (CNRS). La situation financière de ce dernier est plutôt bonne, avec une trésorerie qui s'élevait à 1,4 milliard d'euros fin 2023, soit une croissance de 900 millions d'euros en onze ans.
Les magistrats relèvent tout de même que le centre de recherche, qui regroupe 10 instituts et de 17 délégations régionales, « fait preuve d'une maturité dans le domaine de la gestion digne d'être relevée dans le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche ».
Malgré tout, le CNRS a « une capacité insuffisante à programmer de manière pluriannuelle et à piloter ses ressources propres », conclut le rapport. Car cette hausse massive de trésorerie reflète plutôt une gestion très prudente des finances, en particulier à cause de la décentralisation du centre de recherche et de la multiplicité des acteurs chargés des comptes de la structure. Ainsi, la sous-exécution du CNRS s'élèverait entre 300 millions d'euros et 700 millions d'euros sous exécution systématique des dépenses budgétées, sur la hausse de 900 millions d'euros pendant cette période.
36 % de candidatures en moins en 10 ans
Ces sous-investissements chroniques se font sentir sur l'attractivité de l'institution. Si le CNRS a consacré 2,87 milliards d'euros (72 % de ses crédits) pour la rémunération de ses 34 289 agents en 2023, les candidatures de chercheurs ont quant à elles diminué de 36 % en 10 ans (pour des postes offerts dont le volume n'a été réduit que de 18 % sur la période).
Il faut ajouter à ce manque d'attractivité la vague de départ en retraite qui va déferler sur l'organisme. En 2023, 32 % des effectifs permanents avaient plus de 55 ans. Pour rappel, le CNRS est le plus grand organisme de recherche français et européen, deuxième plus grand opérateur de l'État après France Travail. Son budget total s'élevait à 4,10 milliards d'euros en 2023.
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