ENTRETIEN – Périscolaire, adaptation, mobilités… L’édile revient, cent jours après son installation à l’Hôtel de Ville, sur les dossiers brûlants et assure que, député, il n’aurait pas voté la censure.LA TRIBUNE DIMANCHE – Cent jours après votre élection à la mairie de Paris, vous revendiquez votre méthode de l’hyper-proximité. Comment cela se traduit-il ?EMMANUEL GRÉGOIRE – Par le dialogue et l’écoute. Paris est un territoire complexe, avec des habitants qui ont des attentes différentes selon leur âge, leur mode de vie ou leur usage de l’espace public. Mon ambition, c’est de trouver les points d’équilibre entre les grandes orientations que nous portons et les effets de bord que nos décisions peuvent avoir. J’ai conscience que certaines d’entre elles – sur les enjeux environnementaux, sur les loisirs, sur l’espace public – peuvent bousculer des intérêts ou la qualité de vie de certains habitants.
Ils souhaitent être davantage associés aux décisions qui concernent leur quartier et l’avenir de leur ville. C’est pourquoi je suis très soucieux d’écouter mais aussi d’expliquer. Je ne veux jamais donner le sentiment qu’on agit au détriment des uns ou des autres, ou, pire, avec indifférence. Même si on ne convainc pas toujours, je suis convaincu que les Parisiens sont plus tolérants quand on prend le temps de l’écoute et de la pédagogie.
C’est une différence avec votre prédécesseure Anne Hidalgo ?
C’est surtout ce que je suis. Mon obsession, c’est d’embarquer toutes les Parisiennes et tous les Parisiens. Avec des résistances, certes, des adhésions plus ou moins élevées, mais sans laisser personne à l’écart du mouvement global dans lequel on s’engage. Je pense avoir les mêmes préoccupations, les mêmes exigences que le maire de n’importe quel petit village. Mon rôle est de régler des problèmes de poteaux tordus mais aussi des souffrances sociales extrêmement concrètes.