La France aime-t-elle assez ses entreprises familiales ?
Patrick Cappelli
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JIM YOUNG
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En 1974, Claude François se plaignait d'être "le mal aimé". Un titre que pourraient reprendre en chœur les patrons des ETI familiales françaises. En Allemagne, le Mittelstand - composé d'une entreprise de plus de 1.000 salariée fortement ancrée sur son territoire - est célébré et constitue un des moteurs principaux de la prospérité du pays. Chaque grande ville à "son" entreprise, considérée comme un "trésor".
En France, l'économie est centrée sur les champions nationaux qui ont su atteindre une taille critique pour s'imposer dans leur secteur d'activité. Aéronautique, agro-alimentaire, publicité, luxe, automobile : Airbus, Danone, Publicis ou Renault sont mises en lumière. Ce sont pourtant des multinationales qui n'hésitent pas à délocaliser leurs activités industrielles et à installer leur siège social aux Pays-Bas ou au Luxembourg, territoires à la fiscalité attractive. A l'autre extrémité du spectre, la startup nation met sur le devant de la scène les pépites de la tech qui forment chaque année le plus gros contingent étranger du CES de Las Vegas.
Au milieu, les PME et ETI familiales peinent à se faire reconnaître. Ce sont pourtant elles qui créent les emplois. Selon l'Insee, entre 2009 et 2015, les ETI en ont créé 337.500 tandis que les grandes sociétés en détruisaient 80.000 en délocalisant leur production. Le contrôle et la gestion par les membres de la famille, ainsi qu'une transmission de génération en génération sont les caractéristiques du family business.
D'après la cartographie des ETI familiales en France de juin 2021 réalisée par le Meti (Mouvement des Entreprise de taille Intermédiaire) et Mawenzi Partners pour le Family Business Network (FBN France), 52% des ETI françaises sont majoritairement familiales. Elles sont 2.600 et représentent 1,8 million de salariés (moyenne de 680 par entreprise) et pèsent près de 420 milliard d'euros de chiffre d'affaires (avec une moyenne de 160 millions par entreprise). On les trouve principalement dans l'industrie (34 %), les services (28 %) et le commerce (25 %). Une bonne partie des 150.000 PME ayant plus de 50 salariés ont elles-aussi un actionnariat familial.
Patrick Cappelli
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