La popularité de Macron chute aussi chez les chefs d'entreprise

Par Grégoire Normand  |   |  786  mots
"Cette insatisfaction croissante à l’égard du pouvoir s’inscrit aussi dans un climat où la confiance dans l’avenir de l’économie française et mondiale est en berne : moins 25 points pour l’économie mondiale (38% se déclarent confiants) et moins 29 points pour l’économie française (36% de confiants)" précise OpinionWay. (Crédits : Philippe Wojazer)
Interrogés au mois de septembre par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/ Europe1 dans le cadre de "La grande consultation", près de deux tiers des patrons (63%) sont mécontents de l'action d'Emmanuel Macron. C'est 18 points de plus que lors de la dernière enquête menée au mois de juillet dernier.

La fin d'année s'annonce compliquée pour Emmanuel Macron. Selon la dernière grande consultation réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune, Europe 1, la popularité du chef de l'Etat auprès des chefs d'entreprise est au plus bas depuis son élection en mai 2017. Ils sont désormais 36% à se déclarer satisfaits de l'action menée par le président de la République contre 54% lors de la dernière enquête réalisée à la fin du mois de juillet. Il perd au total 18 points en l'espace de deux mois. A l'opposé, les répondants qui estiment que la politique menée par la Présidence est insatisfaisante sont 63%, contre 45% en juillet. Certes, la politique menée par Emmanuel Macron reste mieux appréciée par les dirigeants d'entreprise que par les Français, mais les patrons qui représentaient une catégorie très favorable pour le locataire de l'Elysée semblent désormais eux aussi ressentir de la déception. C'est une mauvaise nouvelle pour l'exécutif qui a traversé un été plombé par les polémiques avec l'affaire Benalla et une croissance en berne.

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Une politique perçue comme moins favorable aux entreprises

L'examen des résultats obtenus par l'institut de sondages indique que ce net décrochage "n'est pas sans lien avec le sentiment que la politique économique du
gouvernement tend à être moins orientée vers les entreprises." 46% des interrogés jugent que le gouvernement donne la priorité à la flexibilité pour les entreprises alors qu'ils étaient 53% il y a un an et 61% en janvier dernier.  A l'inverse, Ils sont 8% à penser que la priorité est d' assurer la sécurité des salariés contre seulement 4% en janvier dernier. Enfin, 45% des répondants ont indiqué que l'action menée était équilibrée contre 35% en début d'année.

De manière générale, l'indicateur qui mesure le degré d'optimisme des chefs d'entreprise a clairement plongé. Il est passé de 132 à 99 en septembre. Ainsi, même si les patrons sont encore 74% à se déclarer confiants sur les perspectives d'activité pour leurs entreprises, ils étaient encore 79% il y a deux mois. Surtout, le niveau de confiance des dirigeants dans l'économie mondiale (-25 points à 38%) et dans l'économie française (-29 points à 36%) est en chute libre. La montée en puissance des populismes et la multiplication des tensions sur la scène du commerce international assombrissent la confiance des dirigeants. En France, la baisse de la consommation des Français lors du premier semestre a contribué au ralentissement de l'activité.

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Une loi Pacte peu connue

En dépit des discussions parlementaires actuelles sur la loi Pacte, seulement 12% des interrogés déclarent connaître certaines des principales mesures du texte de loi, "même si sa notoriété est un peu plus élevée parmi les entreprises de 10 salariés ou plus (31%)" précise l'organisme de sondages. La mesure la plus marquante est la simplification de la transmission d'entreprise. Cette faible notoriété de ce texte de loi auprès des chefs d'entreprise peut paraître surprenante alors que le gouvernement a déployé des moyens considérables pour communiquer sur ce texte à l'égard des entreprises.

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Le prélèvement à la source approuvé

Malgré les inquiétudes exprimées par des dirigeants d'entreprise et les premières hésitations du gouvernement au début du mois de septembre, les répondants approuvent à une large majorité (64%) le maintien du prélèvement à la source à partir du premier janvier 2019. Seulement un tiers des interrogés pense que Edouard Philippe aurait dû abandonner cette réforme. Evidemment ces résultats masquent des disparités entre les tailles d'entreprise. Ils sont 82% à approuver ce dispositif chez les entreprises de 10 salariés ou plus et 63% chez les entreprises de moins de 10 salariés. Avec moins de personnel compétent, ces dernières peuvent avoir le sentiment d'être moins préparées au basculement dans quelques mois.

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Méthode : étude réalisée auprès d'un échantillon de 601 dirigeants d'entreprise. La représentativité de l'échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d'activité et la taille, après stratification par région d'implantation. Les interviews ont été réalisées par téléphone du lundi 10 au lundi 17 septembre 2018.

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