Le protectionnisme de Trump inquiète les industriels français

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Des employés de Véolia dans une usine de recyclage de panneaux photovoltaïques dans la commune de Rousset le 25 juin dernier.
Des employés de Véolia dans une usine de recyclage de panneaux photovoltaïques dans la commune de Rousset le 25 juin dernier. (Crédits : Reuters/Jean-Paul Pelissier)
La croissance de l'activité dans le secteur manufacturier a ralenti en France en juin et a connu sa plus faible cadence de progression depuis février 2017, selon les économistes du cabinet Markit.

L'embellie était de courte durée. Selon le dernier communiqué du cabinet Markit publié ce lundi, la croissance de l'industrie manufacturière française a connu un nouveau ralentissement au mois de juin après déjà plusieurs mois de baisse consécutifs. Ce coup de frein intervient alors que le climat d'inquiétude sur les barrières douanières et leur impact économique ne cesse de prendre de l'ampleur chez les chefs d'entreprise. Par ailleurs, les différentes prévisions établies par l'Insee et la Banque de France pour 2018 annoncent un vrai ralentissement de l'activité en France. Les économistes des deux organismes anticipent respectivement une croissance de 1,7% et 1,8% en 2018 contre 2,3% en 2017.

> Lire l'interview de Corinne Vadcar, analyste senior en commerce international à la CCI Paris Ile-de-France : "Avec Trump, le mercantilisme devient la règle au détriment du multilatéralisme"

Les carnets de commande au plus bas depuis l'automne 2016

Les dernières données de l'indice PMI signalent un nouveau repli de la croissance dans le secteur manufacturier avec un taux d'expansion fléchissant à son plus faible niveau depuis 18 mois. Le mois dernier, l'indice PMI synthétique du secteur manufacturier s'est établi à 52,5, un niveau inférieur à celui de mai (54,4) ainsi qu'à sa première estimation "flash" de 53,1 publiée le 22 juin. Tim Moore, directeur associé chez Markit, analyse ce repli ainsi :

"Ce ralentissement ne semble plus résulter de contraintes de capacité et de goulets d'étranglement sur les chaînes d'approvisionnement, mais plutôt d'une faiblesse générale des carnets de commandes."

Le nombre de nouvelles commandes affiche sa plus faible hausse depuis l'automne 2016, "freinée par la modicité du rythme d'expansion des ventes à l'export".

Renchérissement des matières premières et hausse de l'emploi

La hausse des prix des métaux, notamment de l'acier et de l'aluminium semblent avoir un impact sur le ralentissement de la demande. Les chefs d'entreprise interrogés ont également signalé une répercussion des prix des métaux sur les coûts de production.

"La faiblesse de la demande est d'autant plus inquiétante qu'elle s'accompagne d'une forte hausse des prix des achats au cours du mois", précise Tim Moore.

Pour autant, les dirigeants interrogés continuent de signaler une forte croissance de l'emploi au cours du mois dernier.

Cette augmentation des effectifs a entraîné un renforcement "de la capacité opérationnelle dans les usines françaises, le taux d'accumulation des arriérés de production se replie et affiche son plus faible niveau depuis février 2017".

Zone euro : une croissance au plus bas depuis 18 mois

L'activité de l'industrie manufacturière dans la zone euro a également ralenti au mois de juin dernier dans l'union monétaire. L'indice PMI IHS Markit des directeurs d'achats a reculé à 54,9 en juin, contre 55,5 en mai. La barre des 50 délimite croissance et contraction de l'activité, rappelle Reuters.

"L'activité manufacturière de la zone euro a montré, en juin, sa plus faible croissance en un an et demi, les risques s'orientant clairement vers un ralentissement de la croissance de la production au cours des mois à venir", a expliqué Chris Williamson, économiste d'IHS Markit.

L'enquête du cabinet révèle que les répondants "se disent de plus en plus inquiets quant aux éventuelles répercussions sur la croissance des droits de douanes et autres restrictions sur les échanges commerciaux".

Inquiétude sur les perpectives des marchés à l'export

En ce qui concerne les perspectives, les chefs d'entreprise, ne sont pas non plus confiants.

"Le fort ralentissement de la croissance des nouvelles commandes à l'export observé depuis le début de l'année est particulièrement préoccupant, et laisse présager un repli prochain de la demande sur les marchés à l'export", expliquent les économistes de Markit.

A l'heure où les dirigeants de la zone euro apparaissent divisés sur la question du budget de l'union monétaire, les projections relatives à l'activité paraissent incertaines dans un contexte international rempli de tensions et de replis.

 > Lire aussi : Industrie : un rebond en trompe l'oeil ?

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Commentaires
a écrit le 04/07/2018 à 7:19 :
Ah bon, parce qu'on exporte des produits "industriels" aux USA ? Bah déja c'est pas l'industrie auto qui sera touchée puisque nos 3 "champions" refusent de s'y implanter (ou ré-implanter plutot) commercialement ... Alors que pourtant de nos jours nous avons des modèles d'auto qui pourraient très bien plaire outre-atlantique, je peux comprendre que durant les 90 et après les tentatives foireuses des années 80 qu'ils avaient "peur" : Logique car a cette époque nos constructeurs s'étaient littéralement enfermé dans une logique généraliste-familiale idiote ... Mais aujourd'hui ont produit a nouveau des véhicules plaisirs et la non, toujours pas d'envie de retenter a nouveau ?

Ca pourra pas être la logique ferrovière non plus : Et la Trump n'y est pour rien, puisque c'est le camp lib-dem lui même qui nous a GRILLE aux USA via le pleurnicheur "bob blumenfield" qui avait littéralement ASSASSINE tout espoir de la SNCF de s'implanter aux USA pour leur futur "TGV californien" : En accusant la SNCF de tout et n'importe quoi au sujet de la déportation des juifs durant la guerre ... Et que nous ne nous serions pas "excusés"

Concernant l'aérien : Bah de toute façon nous nous sommes enfermés dans la logique de nous mettre a 4 pattes devant le qatar pour leur vendre des zings ... (nous leur avons même offert des lignes aériennes assurées par airfrance pour qu'ils achètent nos zings !!!)

Bref, je me demande bien de quoi on peur nos industriels ... Car on a de toute façon pas attendu Trump pour nous suicider nous même quand a notre présence sur le sol américain ...

Reste les produits manufacturiers de type semi-artisanaux : On sait qu'ils ne seront pas touchés par les mesures trump ... Bref, ça sert a quoi ces pleurnicheries d'avance ?? Ca fait un bon moment que nous avons fermé notre marché des produits agricoles aux USA sans compensation équitable : Il fallait anticiper qu'un jour les USA se vengeraient dans la légitimité la + absolue et NOUS Y SOMMES !!!
a écrit le 03/07/2018 à 19:33 :
l'Europe ne veut pas ouvrir son marché agricole aux produits américains , retarde les négociations du CETA , rechigne à augmenter ses dépenses militaires pour l'OTAN , et on voudrait que Trump se laisse faire sans broncher .
les dirigeants de l'EU font semblant de ne pas comprendre la réaction du président américain ,ils paieront cher leur lâcheté et leur incapacité à faire des propositions d'accord équilibré avec les autorités américaines pour réactualiser le cadre des échanges commerciaux .
l'Allemagne est dans le viseur du tireur américain , laissons-là assumer seule ses responsabilités puisque c'est elle qui impose sa politique économique aux autres pays de l'Union .
a écrit le 03/07/2018 à 0:20 :
Ce qui m'inquiète le plus ce n'est pas le protectionnisme, mais le comportement totalement erratique de Trump qui brûle le lendemain ce qu'il a encensé la veille, et est incapable de se comporter rationnellement.
a écrit le 02/07/2018 à 19:04 :
L'économie pour les nuls (merci Bastamag - 150 pages)… Edifiant!

https://multinationales.org/IMG/pdf/levraibilanducac40.pdf
a écrit le 02/07/2018 à 18:43 :
Donald Trump ne semble pas avoir compris qu'il était, en tant que Président des USA, l'homme le plus puissant de la planète; la politique agressive qu'il mène vis à vis de ses amis comme de ses ennemis le ramène au niveau d'un chef d'Etat quelconque qui succombera face à la coalition de ses ennemis et de ses anciens amis; il ne semble pas avoir réussi comme chef d'entreprise ou héritier; même ses compatriotes chefs d'entreprise pensent qu'il coule la baraque.
Réponse de le 02/07/2018 à 21:31 :
C' est précisément parce que les states et leurs 20 000 milliards de dettes sont en train de perdre la pôle qu' ils deviennent enragés ..
Réponse de le 03/07/2018 à 3:42 :
Vision juste. Le protectionisme est un danger." Le plus offrant", evidence economique.
a écrit le 02/07/2018 à 15:54 :
ça se tasse à l'export, and so what ? le vrai potentiel de croissance de l'Europe est en Europe même : 8% de taux de chômage, ça fait beaucoup de consommateurs qui ne consomment pas beaucoup, et qui consomment plus quand ils retrouvent du boulot.
Quand on sera revenu à un niveau décent, genre 5%, il y aura encore du potentiel : en arrêtant d'exploiter les stagiaires et en les payant vraiment, par exemple. Toute cette jeunesse sous-payées qui vit chez papa-maman, c'est l'horreur économique absolue.
Et ça ne grandit pas les patrons, qui se la jouent avec la guerre commerciale.
a écrit le 02/07/2018 à 13:32 :
Sans le marché américain le capitalisme tel que nous le connaissons n'existerait pas, la capacité phénoménale du peuple américain fait la croissance du monde, en plus de tout le reste Trump est assis sur des bases solides.

Il nous faudrait un pouvoir politique fort afin de négocier avec TRump de sorte que tout le monde y gagne étant donné que ce n'est pas à lui de penser aux intérêts des européens ou des chinois on est chez les fous là avec la pensée stupide néolibérale, c'est à nous de le faire mais face à la dramatique faible de nos politiciens européens entièrement soumis aux possédants européens, ceux-ci apeurés ne savent que se plaindre et chouiner.

Cela marque la nécessité de sortir rapidement de cette union européenne tétanisée, paralysée par sa compromission politico financière.

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