En plein débat budgétaire, le gouvernement peine à trouver des points d'équilibre au Parlement pour freiner le dérapage des finances publiques. C'est pourtant cette trajectoire glissante qui inquiète les investisseurs, bien plus d'ailleurs que le niveau d'endettement de la France, et qui explique le niveau relativement élevé de la prime de risque de la dette souveraine française sur les marchés financiers. Mesurée comme l'écart de rendement entre une obligation à 10 ans française (OAT) et allemande (Bund), cette prime (ou spread) oscille entre 70 et 80 points de base, contre un tunnel (range) entre 45 et 55 points de base en début d'année.
Le prochain évènement à risque sur la dette sera la révision ce vendredi soir de la note de crédit de la France par l'agence Moody's. Les analystes de Société Générale anticipent une baisse d'un cran de la note, de Aa2 à Aa3, qui « serait un alignement sur les notes de Fitch et de S&P Global ». La semaine dernière, Fitch avait abaissé « la perspective » de sa note AA- de « stable » à « négative ». Et, fin novembre, S&P Global devrait faire de même et passer en perspective « négative ».
Il existe plus d'une centaine d'agences de notation dans le monde mais seulement trois ont réellement une couverture globale, S&P Global, Moody's et Fitch. Ces trois agences, toutes américaines, contrôlent 95 % du marché 80% pour le duo Moody's et S&P, 15% pour Fitch), malgré le souhait des autorités européennes de favoriser des acteurs européens, comme Scope Ratings. Le rôle d'une agence est d'évaluer le risque de crédit, c'est-à-dire la probabilité de non-remboursement, selon l'échéancier initialement prévu, d'un crédit d'une entreprise ou d'une entité publique (État, collectivité locale, société publique). Elle évalue à la fois la solidité financière de l'émetteur mais également le risque de chaque titre émis par ce même émetteur.