Le Grand-Est présente son contrat de plan de sortie de crise

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Le Conseil régional du Grand-Est mettra en œuvre le prochain CPER pour un montant de 4,856 milliards d'euros.
Le Conseil régional du Grand-Est mettra en œuvre le prochain CPER pour un montant de 4,856 milliards d'euros. (Crédits : Olivier Mirguet)
Le Conseil régional du Grand-Est promet de coordonner les actions du prochain contrat de plan Etat-Région (2021-2027) avec l'accord de relance post-Covid et les nouveaux programmes de financement de l'Union européenne.

La massification des annonces d'investissement est l'un des exercices politiques favoris chez les élus locaux. Mardi 30 mars à Strasbourg, Jean Rottner, président (LR) du Conseil régional du Grand-Est, a présenté simultanément les contours du futur contrat de plan Etat-région (CPER) 2021-2027, qui sera signé fin 2021, et l'accord régional de relance post-Covid qui ne porte que sur les exercices 2021 et 2022. L'ensemble représente une enveloppe de plus de 6 milliards d'euros, co-financés par l'Etat et la Région.

"Votre région a payé un lourd tribut à la crise de la Covid. Les conséquences sur l'emploi se font sentir durement. Avec la signature de cet accord de relance et du projet de contrat de plan Etat-Région, nous nous donnons les moyens d'apporter des réponses à la hauteur de cette situation totalement inédite", a prévenu Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, venue à Strasbourg pour parapher, au nom de l'Etat, ces deux documents. "Depuis près de 40 ans, les contrats de plan traduisent la volonté de l'Etat et des collectivités de travailler ensemble pour construire les grandes politiques qui structurent le territoire", a-t-elle rappelé.

Soutenir le transfrontalier

Le nouveau contrat de plan se déclinera autour de quatre objectifs : la transition écologique, la compétitivité et l'attractivité du territoire, la cohésion sociale et territoriale et la coopération transfrontalière. Ce quatrième objectif, que Jean Rottner présente comme l'une des spécificités de cette région aux quatre frontières (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse), devra permettre de "soutenir les structures institutionnelles politiques et de conseil pour la coopération transfrontalière". Le Grand-Est entend soigner ses relations avec ses voisins, notamment dans les politiques publiques sanitaires et en développant ses infrastructures de transport vers l'Allemagne et le Luxembourg.

Le Grand-Est a réorienté dès 2020 ses politiques publiques en réponse à la crise économique engendrée par la pandémie. Le "Business Act" post-Covid mis en œuvre depuis l'été 2020 est concentré sur la transformation industrielle, la transition énergétique et le numérique. Il propose de développer 80 actions concrètes, tel que la participation régionale au projet de cloud européen Gaia-X, et 40 projets structurants avec par exemple un projet en cours de soutien à l'agriculture bas carbone dans la Marne. Le Business Act a déjà représenté 596 millions d'euros d'investissements. Il portera jusqu'en 2022 un montant de 2 milliards d'euros en crédits d'engagement. La déclinaison régionale du plan de relance national, signée mardi 30 mars, apporte 1,255 milliard d'euros supplémentaires pour l'action économique dans le Grand-Est. Le contrat de plan Etat-région portera sur un montant de 4,856 milliards d'euros cumulés jusqu'en 2027.

Ce contrat de plan s'appliquera pour la première fois, dès sa conception, à l'ensemble fusionné des trois anciennes régions (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne) qui constituent de Grand-Est. L'exercice précédent, addition des trois CPER pré-existants, avait fait l'objet d'un avenant consécutif à la réforme territoriale entrée en vigueur en 2016.

Innovation et transports, avec l'Europe

Le hasard a fait que ce nouvel exercice sera concomitant avec plusieurs programmes-cadre européens. Le programme cadre de recherche et développement (PCRD) Horizon Europe démarre cette année à Bruxelles avec une série d'appels à projets sur l'innovation et les technologies émergentes et un fonds Deep Tech doté de 3 milliards d'euros à investir dans consortiums de recherche, des start-up et des PME. "Nous mettons en place une vision stratégique qui permettra de nous sourcer sur ces fonds européens", confirme Lilla Merabet, vice-présidente (Modem) du Conseil régional du Grand-Est en charge de la compétitivité, de l'innovation et du numérique.

Le CPER 2021-2027 permettra aussi de poursuivre dans le Grand-Est les politiques de transport ferroviaire engagées : études d'électrification de la ligne 4 opérée par la SNCF entre Paris, Troyes et Mulhouse, augmentation de capacité sur l'axe lorrain entre Metz, Thionville et la frontière luxembourgeoise, rénovations de lignes secondaires. Les projets ferroviaires à venir pourront, eux aussi, solliciter les co-financements européens du nouveau programme CEF (Connecting Europe Facility) de la Commission européenne, qui démarre cette année. "Nous irons chercher ces fonds européens pour réaliser le réseau express métropolitain de l'agglomération de Strasbourg", prévient David Valence, vice-président (Mouvement Radical) du Conseil régional chargé des mobilités et infrastructures de transport. Cette nouvelle offre de transport ferroviaire, promesse de campagne de la maire (EELV) de Strasbourg Jeanne Barseghian, promet de relier entre elles les 13 gares de l'Eurométropole et d'augmenter l'offre ferroviaire de 50 % sur cette partie du territoire.

La version définitive et détaillée du CPER sera signée fin 2021, au terme d'une série en cours d'études d'impact et environnementales.

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