Le patronat de l'intérim veut fusionner le CDI et le CDD

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Ce nouveau contrat devra permettre des allers-retours d'une entreprise à l'autre, en cas de difficultés économiques passagères, assurant au salarié un maintien dans l'emploi, et un maintien de ses droits acquis.
Ce nouveau contrat devra permettre des "allers-retours" d'une entreprise à l'autre, en cas de difficultés économiques passagères, "assurant" au salarié un maintien dans l'emploi, et un maintien de ses droits acquis. (Crédits : © Reuters Photographer / Reuter)
Prism'emploi, l'organisme patronal du travail temporaire, souhaite les remplacer par un "contrat à droits progressifs", avec un système d'acquisition de droits dans le temps en matière de conditions de rupture du contrat, d'accès à la formation et d'avantages sociaux.

C'est une mesure choc du patronat de l'intérim, en vue de la présidentielle : fusionner le CDI et le CDD. L'initiative vise à "faire bouger les lignes" pour "en finir avec les rigidités et les défaillances du marché du travail", explique le manifeste de Prism'emploi, l'organisme patronal du travail temporaire qui représente 90% du secteur.

Des "allers-retours" d'une entreprise à l'autre

Objectif : donner plus de flexibilité aux entreprises tout en "sécurisant les parcours des actifs". "Il faut casser la dualité entre un CDI considéré comme rigide et un CDD synonyme de précarité", a expliqué à l'AFP Gilles Lafon, président de Prism'emploi. Il propose donc de fusionner les deux pour créer un "contrat à droits progressifs", avec un système d'acquisition de droits dans le temps en matière de conditions de rupture du contrat, d'accès à la formation et d'avantages sociaux.

Les salariés auraient une indemnité plus élevée que celle allouée en cas de rupture du CDI. Les entreprises verraient les motifs de licenciement "assouplis" et auraient une "visibilité sur le coût de la rupture du contrat", via un plafonnement des indemnités prud'homales notamment - mesure initialement prévue dans la loi travail mais vite retirée. Ce nouveau contrat devra permettre des "allers-retours" d'une entreprise à l'autre, en cas de difficultés économiques passagères, "assurant" au salarié un maintien dans l'emploi, et un maintien de ses droits acquis.

Plus d'un Français sur deux favorable au maintien des deux contrats

Pas sûr, pour autant, que la proposition plaise aux travailleurs et aux citoyens de manière générale. Selon un sondage BVA pour MediaRH.com publié vendredi également, si plus de neuf salariés français sur dix voudraient voir le code du travail simplifié, moins d'un sur deux est favorable à un contrat de travail unique, à durée indéterminée (CDI) et plus souple. La proportion de salariés favorables au maintien des deux types de contrats grimpe même à 65% chez les personnes en CDD.

A noter que l'assouplissement du contrat de travail est proposé par les deux finalistes à la primaire de la droite. Alain Juppé plaide en faveur d'un "CDI sécurisé", incluant les motifs possibles de rupture en cas de difficulté économique de l'entreprise, et François Fillon veut créer un "contrat de projet", d'une durée pré-fixée, s'ajoutant aux CDI et aux CDD existants.

(Avec AFP)

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a écrit le 26/11/2016 à 15:33 :
Mais, oui, on supprime le CDD, on instaure les "droits progressifs", par la suite, étant donné que les Francais vivent au dessus de leurs moyens, on les "réforme" (quel euphémisme pour le démantèlement) et on instaure les "droits dégressifs" jusqu'à ce que les travailleurs jouissent du même niveau de protection que les Chinois ou les travailleurs de Bangladesh. Et voilà, la boucle de la mondialisation heureuse (pour les patrons bien sûr) est bouclée.
a écrit le 25/11/2016 à 19:32 :
pour moi la seule solution viable c'est la coopérative d'employeurs inventée d'abord en Bretagne nord puis un peu partout en France.
Après quelques contrats la personne est en cdi et va travailler ou on a besoin d'elle et les gens, j'ai vu ça en Vendée, apprécient de changer souvent de travail et de boutique, les entreprises de retrouver quelqu'un de compétant expérimenté intégré dans l'équipe.
Réponse de le 26/11/2016 à 16:17 :
Prévoyez votre avenir et faite construire ensuite on en reparle des changements fréquent de travail... Quand au travail de votre conjoint(e) il suivra? Réfléchissez un peu (juste un peu) avant d'écrire de tel absurditées.
Réponse de le 26/11/2016 à 21:39 :
@@
Je parle de choses qui éxistent réellement que je connais sur la côte de Vendée, et la coopérative d'employeurs tourne dans un rayon de 25km pas bien plus, le co-voiturage est d'office, comme l'immobilier est peu coûteux ces gens en cdi ont la plupart acheté leur pavillon.
Vous allez me dire le plus compliqué ce sont les patrons, sauf qu'en Vendée ils sortent tous d'écoles privées, ont fait des études ensemble et s'entraident, le fameux miracle vendéen ce n'est pas autre chose.
Réponse de le 29/11/2016 à 15:43 :
Le copinage... vous en avez pas marre de ce système médiéval où on recrute ses copains et ses cousins? Imaginez si toutes les régions font ça, vous ne pourrez plus bouger et là le taux de chômage exploserait. Imaginez tous ces provinciaux obligés de quitter la région parisienne car on n'accepte que les parisiens de souche ? Si un vendéen ou un breton cherche du boulot à Toulouse ou Paris ou , on lui dirait quoi ? ici on accepte que les gens de la famille et de l'entourage ?
Réponse de le 29/11/2016 à 21:19 :
@ copinage,
ben je ne parlais pas du tout des salariés mais des patrons qui se connaissent parfois depuis l'école primaire et travaillent ensemble, les salariés qui dépendent de la coopérative d'employeurs viennent de n'importe ou, tout le monde n'accepte pas ce système qui oblige à être polyvalent et le travail ne manque pas en Vendée.
La ville des Herbiers a ravi le titre de la ville ayant le plus petit taux de chômage de France à Vitré.de l'ordre de 5%.
Sur la côte ça ne dépasse pas 9%.
a écrit le 25/11/2016 à 14:56 :
Ce contrat aurait surtout l'avantage de se calquer sur le modèle des SSII. L'intérimaire n'aura plus l'occasion, ni l initiative du choix de mission. Il ne pourrait pas refuser une mission trop loin de chez lui et couteuse en transport/vie familiale, ou sous qualifiée, au risque de perdre ses droits (licenciement pour faute). La précarité reste, mais la prime de précarité disparait ...
De plus, cela existe déjà ( CDI interim ) , et il a un succès assez mitigé, en partie pour cette raison.
a écrit le 25/11/2016 à 10:15 :
Le débat de la loi El Khomri est relancé. Rappelons qu'il faut flexibiliser les emplois mais sécuriser les personnes (notamment quand elles ne sont pas cadres). Le plus sûr moyen d'y arriver est de faire préférer le CDI interimaire au CDD en baissant le coût du CDI interimaire. Par exemple utiliser le CICE pour annuler les cotisations de chômage des CDI (qui sont ici payées par les sociétés d'interim) est un moyen.

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